Clôture de la campagne de sensibilisation du Médiateur de la République sur les élections apaisées : «Du civisme et du sens de l’Etat du citoyen-électeur dépend la crédibilité du scrutin, la vitalité de notre démocratie», déclare Me Ali Sirfi Maïga

Après avoir parcouru les régions de Zinder, Maradi, Tahoua, Dosso et Tillabéri, le Médiateur de la République Me Ali Sirfi Maiga a clos samedi dernier par Niamey, sa campagne de sensibilisation pour des élections apaisées au Niger. La cérémonie a enregistré la présence du Secrétaire général du Gouvernorat de Niamey, du Maire de la commune I, des Honorables Chefs Traditionnels, des représentants des partis politiques et des associations de la société civile, des représentants des associations des femmes et des jeunes. (Lire ci-dessous l’intégralité du discours du Médiateur à cette occasion). 

«En prélude au second tour de l’élection présidentielle, prévue pour se tenir le 21 février 2021, en collaboration et avec l’appui du PUND et World vision, nous tenons depuis quelques semaines des sessions de dialogue communautaire pour un scrutin apaisé que nous avons l’insigne honneur de clôturer ici à Niamey, ce jour Samedi 20 février 2021. Nous sommes presque aux termes de notre processus de légitimation du pouvoir politique, avec le scrutin présidentiel de demain 21 février. Nous avons déjà fait un parcours, je dirais sans fautes, avec la tenue des scrutins des 13 et 27 décembre 2020. Pour dire, le vote dans le calme et la sérénité est, depuis 30 ans, un exercice désormais légendaire dans notre pays. En effet, mesdames et messieurs, 30 ans de multipartisme intégral, 30 ans de démocratie électorale, nous permettent d’annoncer haut et fort que le Niger et son peuple disposent d’un patrimoine politique, qui nous intime la nécessité de ne pas lâcher car, il faut sans cesse embellir ce patrimoine, pour le bonheur des générations présentes et futures. Si nous avons un patrimoine démocratique, ce que nous disposons aussi d’un potentiel, du point de vue de la démocratie, un potentiel qui mérite un encadrement, à l’effet d’inculquer sans cesse aux générations présentes et futures, toutes les valeurs fondamentales universelles qui peuvent façonner l’homme, consolider la morale publique et perfectionner l’Etat et la Nation. Cela est un idéal qui doit être atteint par tous, notamment les gouvernants et les gouvernés. Demain nous serons le 21 février, date tant attendue. Demain nous serons amenés, nous tous, gouvernants et gouvernés, à faire un exercice très important, je dirai très essentiel pour notre vie, pour notre pays : Il s’agit demain, de préserver le patrimoine et d’exploiter le potentiel. Au-delà du simple geste de voter, il s’agira , pour tout Nigérien, de créer et vivre une communion avec la collectivité nationale, en exerçant non seulement un droit, mais surtout en accomplissant un devoir, dans la paix et pour la paix. Demain, 21 février, nous irons non pas pour voter un des deux candidats en lice, mais pour voter la paix, la sérénité, le développement, la stabilité, la croissance, le progrès, la sécurité. Ces éléments impératifs que je viens de citer sont d’abord des valeurs, qui font l’Etat. Tout nigérien doit comprendre et savoir que ce ne sont pas les autorités élues qui sont censées les fabriquer au profit des citoyens. Au contraire, c’est aux citoyens que nous sommes de fabriquer ces valeurs pour notre Etat, pour notre nation.

En effet, Mesdames et Messieurs, chers participants, l’acteur principal de demain, c’est le citoyen-électeur. De son civisme et de son sens de l’Etat dépend la crédibilité du scrutin, la vitalité de notre démocratie. De son comportement dépendra l’avenir immédiat de notre pays, de notre nation. Demain, c’est donc une journée pour la célébration et la magnificence de toutes les valeurs fondamentales : L’amour, le pardon, la paix, la compréhension mutuelle, la sérénité. A partir de cette célébration, nous irons vers une autre consécration, celle d’un grand label en démocratie contemporaine en Afrique. En effet, pour la première fois dans notre histoire sociopolitique, un Président démocratiquement élu, va passer la main à un autre, désigné selon les mêmes  termes et procédures. Une véritable certification démocratique, rarissime sur certains espaces africains. Note démocratie évolue et nous devrions aussi évoluer dans l’exercice de notre citoyenneté. Chers participants, préservons alors ces acquis, préservons notre démocratie et notre pays, en nous abstenant d’accomplir tout acte de nature à provoquer un recul démocratique, un drame démocratique. C’est aussi un idéal. L’atteinte de cet idéal n’est possible que si nous construisons dans notre propre esprit, la paix et la sérénité. L’atteinte de cet idéal n’est aussi possible que si tous les acteurs institutionnels redoublent d’efforts et de vigilance pour rendre plus dynamique et plus crédible ces processus de légitimation. Je pense surtout à la commission électorale indépendante (CENI), qui en ce moment s’active pour, les dernières retouches. La CENI, et à quelque degré de hiérarchie que se trouvent ses membres, du niveau national au bureau de vote le plus éloigné, saura sans doute tirer les leçons des différents scrutins, pour obtenir et consolider des résultats qui ne sauraient souffrir d’aucune contestation. De son dynamisme et de sa neutralité dépendront aussi non seulement la crédibilité de l’ensemble du processus, mais surtout la paix que nous cherchons absolument à consolider pour le Niger.  Je m’adresse à tous les acteurs électoraux, aux organes chargés des élections pour leur dire que le peuple les regarde et le pays dans son ensemble retient son souffle. Puisse Dieu le tout Puissant, le Clément et le Miséricordieux les aide dans leur tâche et les éclaire. Sur ce je déclare close la caravane de sensibilisation sur le thème : «Médiation institutionnelle et cohésion sociale-Quel rôle pour le Médiateur de la République?». Je vous remercie de votre aimable attention.»

22 février 2021
Source : http://www.lesahel.org/