Élections présidentielle du 21 février, résultats de Tahoua et d’Agadez : Une victoire non brillante et rejetée…

Ayant constaté que le candidat du RDR-Tchanji était en avance sur le candidat du Pnds-Tarayya, tout le monde aura compris que le régime, s’est vite inquiété et s’est précipité à «fabriquer» des résultats dans les régions de Tahoua et d’Agadez surtout – des résultats qui donnent de la honte à tout démocrate sincère et honnête – pour rattraper le retard sur le candidat Ousmane qui menait le bal et pouvoir proclamer vite la victoire trafiquée du candidat du pouvoir. Ces résultats de Tahoua et d’Agadez rendent compte d’un malaise profond dans le pays et dans sa démocratie car, par les scores à la soviétique annoncés à Tahoua, Issoufou Mahamadou voudraitil faire croire que tout Tahoua lui est acquis parce qu’il est de la région et que personne dans cette région ne peut «aimer» un autre leader qui viendrait d’une autre partie du pays ? C’est trop grave pour celui qui prétend jouer à «détribaliser» la démocratie au Niger. Faut-il croire qu’il n’y a plus que les autres qui, pour des raisons administratives ou pour d’autres activités privées, venant des autres régions du pays, seraient seuls à voter Ousmane ? Cette perception sectaire de la démocratie dans le pays, renforce les malaises et expose le pays à des fractures dangereuses. Dans la région d’Agadez et de Tahoua encore, de nouvelles pratiques dangereuses sont venues influencer nos traditions électorales, et depuis quelques années, sous le régime de Mahamadou Issoufou, cela a participé à ternir l’image de notre démocratie avec des acteurs connus de tous, qui quittent souvent la capitale, pour aller dans leurs régions en gangs électoraux, avec armes, pour bourrer des urnes et fabriquer des résultats sans aucune commune mesure. Fautil croire que ces gens font du bien pour leurs régions et pour la démocratie ? Peuvent-ils croire que dans les autres régions, d’autres Nigériens ne sont pas capables d’user des mêmes moyens ? Faisons attention à notre pays en lui évitant ce qui pourrait le pousser à des situations graves dont on pourrait ne pas se tirer.

Encore une fois, il est important de rappeler les raisons pour lesquelles, s’inquiétant pour le pays, le chercheur émérite, Jean-Oliver de Sardan, attirait l’attention des socialistes sur la qualité de leur gestion, mais les camarades ne sont pas capables de comprendre son message, n’y voyant qu’une immixtion intolérable.

S’il est vrai que les violences de ces derniers jours sont condamnables, il reste pourtant que cette situation était prévisible. Au lieu d’analyser la situation avec plus de responsabilité afin d’aider à ne pas aller à la dérive, à des situations incontrôlables, dangereuses pour le pays et pour sa stabilité, on continue à jouer avec une situation suffisamment trop grave. Comment peut-on vouloir chercher des boucs émissaires pour un problème que le régime a largement contribué à imposer aux Nigériens par son refus du dialogue et par son discours fait d’intolérance et de rancoeurs ?

A.I