Après la proclamation des résultats globaux définitifs par la Cour constitutionnelle Mahamane Ousmane et ses alliés politiques engagent la confrontation avec le pouvoir


Les choses se gâtent. Mahamane Ousmane et la coalition des partis politiques qui le soutiennent se fâchent résolument et font désormais droit aux exigences des militants, furieux contre les leaders de l’opposition, accusés de laxisme, voire de lâcheté face à une situation qui impose nécessairement des sacrifices. Comme promis lorsqu’il a fait face aux militants massés devant sa résidence, Mahamane Ousmane a tenu parole. Encadrés pour la circonstance de ses alliés politiques, il a réagi à la proclamation des résultats globaux définitifs par la Cour constitutionnelle. Une cour qui, relève Mahamane Ousmane, n’a même pas pris la peine de vider au préalable le dossier de recours qu’il a déposé, violant ainsi les articles 105 à 111 du code électoral ainsi que la procédure d’instruction consacrée par la loi 2021-35 du 19 juin 2012 déterminant l’organisation, le fonctionnement et la procédure à suivre devant la Cour constitutionnelle. La crise postélectorale amorce un nouveau virage. Un virage plein de périls, Mahamane Ousmane ayant demandé, entre autres, (1) au peuple nigérien de se mobiliser sur toute l’étendue du territoire national pour défendre sa souveraineté et faire échec à cette tentative d’usurpation du pouvoir ; (2) aux corps diplomatiques accrédités au Niger de soutenir la lutte du peuple nigérien et (3) aux corps constitués de soutenir la lutte du peuple nigérien et de n’obéir à aucun ordre manifestement illégal et de surcroît, donné par une autorité elle-même illégale et illégitime. Une situation explosive dont personne ne peut présager de l’issue. Lisez plutôt.

La Cour Constitutionnelle a proclamé nuitamment le dimanche 21 mars 2021 les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle du 21 février.

En procédant ainsi, la Cour Constitutionnelle s’est placée, de fait, audessus de la volonté populaire, violant ainsi les dispositions des lois et règlement, plus particulièrement de la constitution, de laquelle elle tire sa légitimité et ses prérogatives.

En effet, comment comprendre, que la Cour Constitutionnelle proclame les résultats définitifs d’une élection alors-même que l’instruction de la requête soumise à elle, n’est pas terminée, car :

-Nous n’avons pas reçu notification pour le dépôt de nos observations sur la réplique des conclusions déposées par les conseils du candidat Bazoum Mohamed en violation flagrante des dispositions des articles 105 à 111 du code électoral régissant cette procédure.

En conséquence, nos réclamations n’ont pas été traitées ;

- En vertu de notre demande préalable d’avant droit apposée au pied de la requête de notre réclamation adressée à la Cour Constitution le 08 mars 2021, le Conseil rapporteur qui doit instruire le dossier n’a pas auditionné les personnes : membres des bureaux de vote et délégués des circonscriptions querellées, que nous avons souhaité qu’elles soient écoutées en application des dispositions de l’article 44 et suivants de la loi N°2012-35 du 19 juin 2012 déterminant l’organisation, le fonctionnement et la procédure à suivre devant la Cour Constitutionnelle ;

- En sus de la violation de cette procédure d’instruction, la Cour s’est précipitée pour expédier, très rapidement, le présent contentieux électoral avant le délai butoir du 26 mars 2021, toute chose qui constitue un déni de justice.

Il est de jurisprudence constante de la Cour Constitutionnelle ellemême, que les réclamations sont d’abord vidées et sanctionnées par un arrêt précédant ; toujours, celui de la proclamation des résultats définitifs.

Considérant le préambule de la constitution de la République du Niger, le peuple nigérien souverain :

1. Résolu à consolider les acquis de la République et de l’indépendance nationale ;

2. Résolu à bâtir un Etat de droit garantissant l’exercice des droits et libertés individuels et collectifs d’une part et d’autre part d’une justice libre et indépendante ;

3. Profondément attaché aux principes de la démocratie pluraliste ;

4. Réaffirmant son opposition absolue à tout régime politique fondé sur l’oppression, la dictature, l’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le népotisme, le pouvoir personnel et le culte de la personne. Et en vertu du choix librement exprimé sur ma modeste personne par ce même peuple comme Président élu, Nous ne pouvons pas accepter que notre victoire soit confisquée par une oligarchie dans le but de se maintenir au pouvoir coute que coute.

Au regard de tout ce qui précède, notamment :

1. La non notification pour le dépôt de nos observations qui constitue une violation de la procédure d’instruction prévue par les articles 105 à 111 du code électoral,

2. Le refus d’auditionner les témoins oculaires,

3. Les substitutions des vrais membres des bureaux de vote par des nouveaux qui n’ont pas prêté serment et n’ont pas été formés non plus,

4. Les braquages d’urnes,

5. Les remplissages automatiques des procès verbaux ;

6. La précipitation de la proclamation des résultats définitifs avant la date butoir du 26 mars 2021. Nous demandons conséquemment :

1. Aux parlementaires de la coalition CAP 20-21, ACC, FRC et Alliés de s’abstenir à participer à la cérémonie d’installation du parlement de ce lundi 22 mars 2021.

2. Au peuple nigérien souverain, sans délai, de se mobiliser, comme un seul homme, dans la fraternité et la cohésion nationale pour défendre sa souveraineté à travers une marche démocratique, pacifique sur l’ensemble du territoire national et faire échec par tous les moyens de droit à cette tentative d’usurpation du pouvoir ;

3. Aux corps diplomatiques accrédités dans notre pays, de soutenir la lutte du peuple nigérien meurtri, en vue du triomphe de la vérité, de la démocratie, de la République, pour la paix et la sécurité au Niger et dans la sous-région ;

4. Aux corps constitués et aux Forces de défense et de sécurité de soutenir la lutte du peuple nigérien et de n’obéir aucun ordre manifestement illégal et de surcroit, donné, par une autorité elle-même illégitime.

Vive la République Vive la Démocratie et l’Etat de droit Pour que vive un Niger de justice, de paix, uni, laborieux et prospère.