Médias privés au Niger : Entre la Présidence de la République et le CSC qui veut tuer la presse écrite?

La démocratie, l’Etat de droit, c’est aussi la liberté de presse. La floraison d’organes de presse, aux opinions diverses et diversifiées, ne constitue pas à elle seule un baromètre de cette liberté. La fonction de l’Etat, en démocratie, c’est droit, l’égalité des citoyens devant la loi, la prospérité de ses citoyens. La santé, l’éducation sont, dans une large mesure, l’apanage de l’Etat. La finalité, la création des emplois. Le secteur de la presse est un pourvoyeur d’emplois pour la jeunesse. Dans les vieilles démocraties libérales, ayant un certain niveau de développement économique, se sont les grands groupes économiques qui, selon leurs idéologies et opinions, investissent dans le secteur. En Afrique, principalement l’Afrique francophone, ce rôle est dévolu aux Etats. C’est pourquoi, il a été créé des mécanismes pour appuyer la promotion de ce secteur. Au Niger, il a été institué un fonds d’aide à la presse. Depuis quelques années, l’attribution de ces fonds laisse un goût amer. Elle serait devenue partisane. La norme dans tous les domaines. L’affectation de l’exercice 2018-2019, date de l’arrivée de l’actuelle équipe du Conseil Supérieur de la Communication, a fait, principalement dans le domaine de la presse écrite, jaser plus d’un. Très partisane, disent les responsables de certains journaux qui, à moment, ont voulu porté l’affaire devant les juridictions. Ils reprochaient au comité chargé de l’affectation des fonds d’avoir privilégié des journaux très peu réguliers et n’ayant surtout pas de rédactions étoffées. Ne créant donc pas d’emplois. Il aurait été systématiquement recalé les journaux critiques. C’est probablement pourquoi les responsables des journaux paraissant régulièrement n’ont pas postulé au fonds d’aide de l’exercice 2019-2020. Et c’est tout naturellement les mêmes bénéficiaires, pour la plupart, de 2018- 2019 ont été une fois encore récompensés.

La plus grande rupture d’égalité réside dans l’appui de la présidence de la République à certains journaux qui bénéficient des pages de publicité des sociétés d’Etat et les tirages de ces journaux sont payés par la présidence de la République. Cela ne les empêche pas des sauts dans les périodes de parution. Le plus grave est la décision du CSC qui s’arroge le droit de gérer les fonds qu’il alloue aux organes de presse. Il procède aux dépenses pour le compte de ces organes qui doivent simplement exprimer les besoins. Comment une institution, protocolairement bien positionnée, peut-elle se réduire à acheter des enregistreurs, des blocs notes, du papier d’impression, des encres, des caméras ? Les responsables de cette institution ne craignent-elles pas des abus et des détournements ? Si tous les Nigériens sont sous la même loi, la HALCIA doit y faire un tour.

Mallam