Lutte contre la corruption : Bazoum Mohamed va bientôt frapper fort

La lutte contre la corruption connaîtra bientôt un coup d'accélérateur. D e p u i s l’ébruitement de l’affaire Ibou Karadjé, les Nigériens marquent une impatience notable à voir la concrétisation de la promesse du Président Bazoum. Le 2 avril 2021, à l’occasion de son investiture, il a notamment déclaré que « le deuxième grand problème de notre gouvernance réside dans la prévalence de pratiques de concussion et de corruption au sein de l’administration » et son crédo sera la pédagogie par l’exemple en ne tolérant, d’aucune façon at- il précisé, le principe de l’impunité. « Je serai implacable contre les délinquants parce que j’ai conscience du tort que porte la corruption au développement du pays », a souligné le tout nouveau président investi. Et moins de trois après cette déclaration solennelle, l’affaire Ibou Karadjé, qui éclabousse certaines personnalités de haut rang, est déclenchée. Si les têtes couronnées ne sont pas encore tombées, elles risquent toutefois gros, eu égard à la détermination affichée et réitérée du Président Bazoum de ne faire aucune concession à ceux qui entretiennent un tel fléau au Niger. Selon des sources crédibles, la réunion sur la gouvernance économique et la lutte contre la corruption, tenue le lundi 20 septembre 2021 autour du Président Bazoum, va accoucher de grandes résolutions.

Le pays a été mis à sac durant les 10 années d’Issoufou qui s’est même payé le luxe de protéger et d’encourager la corruption à travers des promotions accordées aux auteurs épinglés avec des preuves irréfutables.

Accusé d’être, sinon complice, du moins laxiste dans cette lutte contre la corruption qu’il s’est engagé à mener sans faiblesse, le Président Bazoum a conscience de l’impatience de ses compatriotes. Le pays a été mis à sac durant les 10 années d’Issoufou qui s’est même payé le luxe de protéger et d’encourager la corruption à travers des promotions accordées aux auteurs épinglés avec des preuves irréfutables. Cependant, il connaît également les difficultés inhérentes à une entreprise de lutte contre la corruption. C’est bien la même chose que lorsqu’on se bat contre des narcotrafiquants. En faisant sa déclaration solennelle, le jour de son investiture, le Président, on suppose, a pris toute la mesure de la guerre dans laquelle il s’est engagé. Il connaît les acteurs, leurs forces et leurs faiblesses ainsi que jusqu’où ils peuvent aller. L’affaire Ibou Karadjé et les résultats qu’elle a donnés jusqu’ici n’est, donc, qu’un ballon d’essai. Elle n’est ni à son épilogue ni à celui de la lutte promise par Bazoum Mohamed.

Le Président Bazoum est parfaitement au courant des grenouillages des apparatchiks du pouvoir pour le noyer et faire échouer sa lutte contre la corruption

Selon une source politique ayant requis l’anonymat, la réunion du lundi 20 septembre n’est pas que du folklore. Elle se veut plutôt l’annonce d’une nouvelle phase. D’autres affaires seront ébruitées et les auteurs, arrêtés. Tous les secteurs d’activités seront concernés. Nos sources sont formelles : la présence, autour du Président Bazoum, de personnalités citées dans plusieurs affaires, n’épargnera pas celles-ci de poursuites judiciaires. Seulement, si les informations en provenance de sources proches du dossier sont assez encourageantes pour les Nigériens, il reste que le système en place, largement dominé par les issoufiens, ne milite pas en faveur d’une crédibilité de la perspective présentée. Le Président Bazoum doit, auparavant débarrasser le plancher de tous ceux qui, parce que mouillés dans des affaires ou simplement hostiles à une lutte contre la corruption qui toucherait des proches, pourraient y faire obstacle.

Parfaitement au courant des grenouillages des apparatchiks du pouvoir pour le noyer et faire échouer sa lutte contre la corruption, le Président Bazoum sait comment et avec quels moyens, réduire chacun des protagonistes au silence. Tout un pan d’actions est mis en oeuvre pour donner une image dégradée de la gouvernance actuelle, histoire de la réduire à un simple appendice du régime d’Issoufou. C’est certainement vrai en partie. Mais, Bazoum Mohamed aspire à apposer sa propre marque à la gouvernance et cela, à en juger par les réactions enregistrées ici et là dans certains milieux du Pnds Tarayya, ne paraît pas tolérable. Pour de nombreux apparatchiks du parti rose, Bazoum Mohamed n’est qu’un clone d’Issoufou qui n’a pas vocation à prendre des initiatives, encore moins à vouloir gouverner en dehors des lignes tracées par son prédécesseur.

La lutte contre la corruption, dont les Nigériens attendent beaucoup, pourrait se révéler une lutte à mort entre un président décidé à servir son pays conformément à son serment et des adeptes de la corruption, plus riches que Crésus et décidés à réduire à néant tout celui qui se hasardera à les empêcher de continuer leurs sales besognes.

Yaou