2ème édition de la journée internationale de l'accès universel à l'information au Niger : Une excellente foire de partage d’information

Le Médiateur de la République, avec la participation de plusieurs projets du l’USAID dont le Projet SHIGA qui fournit un appui pour la mise en œuvre du droit d’accès à l’information au Niger, a organisé hier au Palais de 29 Juillet de Niamey, la 2ème édition de la journée internationale de l'accès universel à l'information au Niger. C’est le Médiateur de la République, Me Ali Sirfi Maïga qui a procédé au lancement des activités de la journée portes ouvertes édition 2021. Cette année la journée a été placée sous le thème «le droit du savoir-reconstruire en mieux grâce à l’accès à l’information». Un thème qui met en évidence le rôle clé de l’accès à l’information pour sauver des vies et atténuer l’impact des crises telles que la pandémie actuelle.

Comme l’année dernière, les organisateurs ont prévu une journée portes ouvertes qui consiste pour les institutions publiques et les organisations de la société civile de s’ouvrir au public afin de permettre à ce dernier de connaitre ce qu’elles font et solliciter les mécanismes d’obtention de l’information.

Pour rappel, cette journée a été proclamée en 2015 par l’UNESCO avant d’être reconnue en octobre 2019 par la 74ème Assemblée Générale des Nations-Unies. Ainsi le 28 septembre de chaque année est dédié à la proclamation du droit d’accès à l’information.

Le droit d'accès à l'information cadre avec l'objectif 16.10 des Objectifs pour le développement durable qui préconise la garantie de l'accès public à l'information et la garantie des libertés fondamentales. Le droit à l'information ou la liberté d'information est défini comme ‘’le droit pour toute personne d'accéder à l'information détenue par les organismes publics, sans qu'on lui demande de donner la raison’’. Ce droit trouve son fondement dans l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 qui dit «Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. » Il ressort de ces dispositions que «chercher et recevoir» les informations constitue le socle du droit d'accès à l'information détenue par l'administration publique.

En lançant cette activité, le Médiateur de la République, Me Ali Sirfi Maïga a dit qu’au Niger, l’institution du Médiateur de la République garante et gardienne du respect du droit d’accès à l’information, n’est pas restée en marge de cette préoccupation car, elle déploie ces deux dernières années de nombreux efforts en vue de l’adoption du décret d’application de l’ordonnance n°2011-22 du 23 février 2011 portant Charte d’accès à l’information publique et aux documents administratifs. Vu de l’importance de la tâche et de la mission, il a ajouté qu’une direction Accès à l’information et aux Document administratifs a été créée au niveau de son institution.

Par ailleurs, le Médiateur de la République a rassuré que son institution entend poursuivre, avec l’appui du Gouvernement et celui des partenaires techniques et financiers, les efforts en vue de surmonter les obstacles politiques, culturels et administratifs qui sont des véritables freins à la pleine effectivité de ce droit fondamental. Il est donc impérieux  de conjuguer «nos efforts pour que l’accès à l’information devienne effectif pour tous. Il s’agira pour nous de mettre l’accent sur la vulgarisation de ce droit qui est fondamental mais malheureusement inconnu des usagers du service public», a estimé Me Ali Sirfi Maiga.

Auparavant, le représentant de l’USAID, M. Abdourahamane Hassane, a précisé que cet évènement offre incontestablement un espace d'interaction entre citoyens et administration en vue de la création d'un engagement constructif qui est l'un des principaux objectifs du projet SHIGA-USAID. Par ailleurs, le représentant de l’USAID a rappelé que sur le plan international, le droit d'accès à l'information est devenu un critère majeur d'appréciation de la bonne gouvernance. Ainsi, «les citoyens ne peuvent lutter contre la corruption qu'en accédant à une information pertinente sur les dépenses publiques, les marchés publics et les investissements de l'Etat. Au surplus, ils ne peuvent pleinement participer aux actions de développement sans connaître les impacts sur leurs communautés», a-t-il reconnu.

Pour la présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Niger), Mme Amina Niandou, l’accès à l’information n'est pas uniquement réservé aux journalistes, même s'ils sont par ailleurs les plus grands demandeurs dans leur quête d'informations crédibles. Il est aussi réservé à tous et toutes. Selon elle, l’accès à l'information est un droit universel qui appartient à tous car, chaque citoyen et citoyenne peut solliciter la communication d'une information sans avoir à  justifier la raison ou l'usage qu'il en ferait, tout ceci dans le respect, bien entendu, de la règlementation en vigueur.

Selon la présidente de l’APAC-Niger, cette démarche pédagogique devrait forger chez les citoyens et citoyennes l'habitude voire le réflexe de requérir l'information détenue par l'administration et exercer éventuellement les voies de recours en cas de refus injustifié de sa communication. «C'est dire que les textes, à eux seuls, ne suffisent pas pour promouvoir et garantir le droit d'accès à l'information publique et aux documents administratifs. Il faut surtout un engagement citoyen, une culture du contentieux car, comme tout mécanisme, le droit d'accès à l'information publique devrait être testé par les citoyens et citoyennes qui en sont les bénéficiaires exclusifs», a-t-elle conclu.

Mamane Abdoulaye(onep)

29 septembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/