Dosso : Un fait divers qui tourne au drame

L’affaire n’a pas lieu d’être, pire elle tourne au tragique, avec mort d’homme. Au centre de l’affaire, un marabout et un magistrat. Une affaire qui, depuis ce mercredi 14 avril 2021 est sur toutes les lèvres à Dosso. Il ya quelques jours, un monsieur qui se dit marabout s’est présenté dans une famille à Dosso pour réclamer de l’argent et un cheval pour un travail occulte qui serait fait pour l’accession du général Baré au pouvoir, à la demande de Dame Karima. Ladite dame est décédée en 2012. Et c’est Kano Boubacar, la petite soeur de Karima que, dans sa tentative d’escroquerie, le marabout convoque au Sultanat de Dosso. La Cour du Sultan a trouvé la question infondée et insensée et a remis le marabout à sa simple valeur de moralité douteuse et d’escroc. Il ne s’arrête pas là. Il va au cabinet du vice président du Tribunal de Grande Instance de Dosso qui ordonne un mandat d’amener avec réquisition de la police. Ainsi, Kano est amenée dans le bureau du juge qui, en violation du code pénal et de procédure pénal, la soumet à un interrogatoire. Parce que tout simplement elle ne peut pas être tenue responsable des actes de sa s?ur, et d’autant plus qu’au Niger les textes de lois ne prennent pas en compte la science occulte (le maraboutage, sorcellerie et autres). En plus, pour une affaire civile, un juge n’a pas les compétences pour décerner un mandat d’amener. Le plus grave dans cette affaire à laquelle même un néophyte du droit n’accorde de l’importance, est que c’est au cours de l’interrogatoire que la dame succombe dans le bureau du juge. Retenez bien que, la dame qui est décédée n’a rien avoir avec l’affaire en question, elle se trouve simplement être la petite soeur d’une dame qui aurait demandé un travail payant à un marabout. Le marabout lui-même dit que l’affaire concerne sa grande s?ur qui fut militante du général Baré. Le marabout est venu donc réclamer un million FCFA et un cheval pour un travail occulte qu’il aurait fait pour le général Baré avant son avènement au pouvoir, à la demande non pas de Kano, mais de Karima, décédée il y a bientôt 9 ans. Aujourd’hui, il y a lieu de se demander si le juge ne serait pas de connivence avec le marabout. Surtout quand on sait que le code pénal et le code de procédure pénale ne donnent pas droit à un magistrat de connaitre d’une affaire occulte. Et que dame Boubacar Kano n’a rien avoir avec l’affaire. Aux dernières nouvelles, une plainte contre le magistrat serait en préparation pour violation des textes de lois. D’autant que, aucun texte ne traite d’une affaire surnaturelle. Car le Niger n’est pas le Gabon. Et que Kano n’a pas à répondre des actes de quelqu’un, fût-il sa s?ur. Un « Karambani » tragique dont le juge doit rendre compte.

Ali Soumana