A la découverte du Canton de Kiota : Chef lieu Harkanassou

L’image de nombreux cantons du Niger, celui de Kiota a pour chef coutumier un ancien haut fonctionnaire de l’Etat. Il s’agit du colonel à la retraite Amadou Seyni Magagi élu le 12 septembre 2013. Il a succédé à un autre haut fonctionnaire, Zarmakoye Maîdanda descendant de la dynastie des Zarmakoye du Boboye connue sous le sobriquet de «Tobili Hu» pour désigner la descendance de Ali Koda, le cadet des fils du grand Tagour Gana, créateur d’un royaume Zarma à Kobi a la fin du 17ème siècle. L’officier supérieur très proche compagnon du Président Seyni Kountché, Amadou Seyni «Maiga », diplômé de l’Institut des Hautes Etudes de Défense et de l’Ecole de Guerre de Paris, a été appelé à faire » valoir ses droit à la retraite au lendemain de la conférence nationale souveraine. Le Zarmakoye qui veille désormais sur la destiné de la communauté coutumière de Kiota (capitale administrative Hari-Kanassou) en dehors du rôle pivot qu’il occupe aujourd’hui au sein de l’Association des Chefs Traditionnel du Niger(ACTN), laisse derrière lui une longue et exceptionnelle carrière miliaire, administratives, politique et diplomatique; jugez plutôt (A titre indicatif) : Aide de camp du Président Diori Hamani (1967), Commandant la 1ère CCAS de Niamey, Préfet (Gouverneur)des département de Niamey, Maradi et Zinder sous les présidents Kountché et Ali Saybou, Ministre de la Santé publique(1980), Secrétaire politique du MNSD parti Etat ( 1989) , Commandant en chef du 1er Bataillon nigérien d’intervention au cours de la guerre du Golfe (1990) puis, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Niger au Koweït (1997). Au titre des distinctions honorifiques le Zarmakoye Amadou Seyni Magagi est Médaillé de 18 décorations nationales et étrangères dont : la médaille Militaire des interventions extérieures, Grand officier de l’ordre de National du Niger, et la distinction exceptionnelle Commandeur de ordre Nationale de de la légion d’honneur française.

Zarmakoye Amadou Seyni Magagi, Chef du canton de Kiota

CHEF LIEU HARKANASSOU

1. Aspect historique

Le canton de Kiota dont le chef lieu est Harikanassou est situé dans le Boboye (le Dallol Bosso) qui est une vallée fossile (un ancien affluent du fleuve Niger). Selon le Dr Adamou Boubé archéologue à l’Institut de Recherche en Sciences humaines (IRSH), qui a recueilli des informations auprès de Alpha Boukari Hima de Deytagui Amadou, à l époque précoloniale, outre l Emirat qui a régné à Birni Garuré et à Tamakala crée par Boubacar Louloudjé (dont les descendants règnent de nos jours à Birni Bayéro), il existait également d’autres chefferies coutumières parmi lesquels : (1) la chefferie de Goubey, une population d’origine hausa qui seraient parmi les premiers groupes arrivés dans le Dallol Bosso ; (2) la chefferie de «Tokaye » : descendants des Sandi (petits fils de Zarmakoye Tagourou Gana par Boukar ) ; (3) la chefferie de « Tobili Hu », (à laquelle appartient la communauté coutumière de Kiota) issues du deuxième fils de Tagour (Zamo Séga), (4) enfin la chefferie de la descendance de Toman, issue de la dislocation de la chefferie de Tobili Hu (la maison de tobili), suite à une querelle successorale entre deux enfants de Zam (Mahar Sané et Toumanà . La communauté coutumière de Kiota, aujourd’hui canton de Harikanassou, est donc issue de la lignée de Zem par Mahar Sané, petit fils de Ali Koda dont le frère Touman ira créer sa propre chefferie (Zarmakoytarey) à Tessa (dans le Zigui), suite à une révolution de Palais.

2. Aspect géographique

De nos jours, le Canton de Kiota couvre une superficie de 55km2. Il est subdivisé en deux communes rurales : Kiota et Harikanassou. Le Chef-lieu de Canton est Harikanassou. Ce Canton est limité à l’Est par le Sultanat de Dosso, au Nord par le Canton de Koygolo, au Sud et à l’Ouest par le Canton de Birni N’Gaouré, au Nord-Ouest par les Cantons de Kouré et de Dantchandou. La population du Canton de Kiota est composée de Zarma (majoritaire), de Peuhls, de Touaregs et d’Haoussa. Elle est estimée à 60 000 habitants répartis dans 67 villages. Cette population se caractérise par sa jeunesse qui représente près de 65 %. La profondeur de la nappe phréatique varie de moins d’un mètre dans le lit du Dallol à 30 mètres ailleurs sur le plateau.

3. potentialités socio économique et contraintes majeures Les activités économiques dans le Canton sont basées sur le secteur primaire que constituent l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat, l’extraction du natron et la cueillette, lesquels représentent près de 98% des activités de la population. Le Canton de Kiota est une zone propice aux cultures irriguées. On note l’’existence de nombreuses organisations paysannes qui constituent un levier pour la mise en oeuvre d’actions de développement communautaires compte tenu des ressources humaines qu’elles peuvent mobiliser : Fédération Mooriben, Fédération Adiallé , union Soudji Ma Zoumbou implantée dans l’ensemble des villages des deux la communes et intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la protection de l’environnement, la protection des moyens d’existences des populations, etc.

4. Aspect touristique,

Au plan touristique, la forte dégradation de la végétation a engendré la disparition progressive de plusieurs espèces importantes telles que les hyènes, les gazelles, les singes, les canards sauvages, les autruches etc. Actuellement, la faune est surtout représentée par les girafes, les oiseaux aquatiques, les rongeurs et des perdrix.On dénombre plus de 300 girafes environ qui mènent leur vie dans les terroirs de 15 des 33 villages administratifs que compte la commune. Le Canton de Harikanassou représente en effet le terroir d’attache des dernières girafes d’Afrique de l'ouest

GENEALOGIE DYNASTIQUE DES ZARMAKOYE DE KIOTA DEPUIS MALI BERO

La ville de Kiota : Haut lieu de l’islam

Priez inlassablement pour votre Seigneur le puissant, le miséricordieux, sollicitez son pardon. ….. Cultivez vos terres car, ce que la terre ne vous donne pas, personne d’autre ne vous le donnera’’, a coutume de dire le Cheik Aboubacar Hassoumi  le guide spirituel de la confrérie Tidjaniya.

Son oeuvre immense de bienfaisance (de recherche perpétuelle de la paix, la prospérité pour sa communauté et pour l’ensemble du Niger) est désormais poursuivie avec dévouement et loyauté envers ses disciples par son fils, le Khalife Moussa Aboubacar 

 Source : SEEDA - Mensuel nigérien d’informations générales