Lancement de la semaine de mobilisation dans le cadre de la Journée internationale de la jeune fille : Promouvoir l’autonomisation des filles et le respect de leurs droits au Niger

La ministre de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant, Mme Allahoury Aminata Zourkaleini, a présidé hier matin à Niamey, la cérémonie de lancement de la semaine de mobilisation des porteurs d’obligations dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la jeune fille. Avec pour thème « génération numérique, ma génération », la démarche vise à renforcer les organisations de la société civile intervenant dans la protection des droits de l’enfant au Niger pour le développement d’un environnement propice et résilient en leur faveur.

A l’ouverture des travaux, la ministre de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant, Mme Allahoury Aminata Zourkaleini a indiqué que cette journée met l’accent sur la nécessité de relever les défis auxquels sont confrontées les filles pour promouvoir leur autonomisation et le respect de leurs droits. Elle a, à cet effet, poursuivi qu’elles devront faire le point sur les droits des filles et sur les obstacles qui les bloquent dans leur jouissance.

« Nous devrons aussi profiter de cette occasion pour jeter les bases solides de création d’un monde meilleur qui se construit en respect aux droits légitimes des adolescentes, mobilisées et reconnues, sur lesquelles on peut compter comme actrices de développement », a indiqué la ministre.

La ministre de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant a par la suite souligné que les défis sont immenses et a appelé à un changement de comportements et de mentalités en vue de la création des conditions à même de sortir les filles des maux comme le mariage d’enfants, la déscolarisation, les grossesses précoces et non désirées.

Mme Allahoury Aminata Zourkaleini a en outre rappelé que du point législatif et constitutionnel, de nombreux efforts ont été consentis par l’Etat du Niger en matière de protection de l’enfant. Il y a eu entre autres, l’adoption du document cadre de protection de l’enfant, de la politique de protection judiciaire juvénile, de la loi 2014 portant juridiction pour mineurs, du décret portant protection, soutien et accompagnement de la fille en cours de scolarité, du décret créant les comités de protection de l’enfant, des services de protection des femmes et des mineurs au niveau de la police et de la gendarmerie.

Pour sa part, le président de la CONIDE, M. Moussa Sidikou, a rappelé que cette organisation a, depuis 2019, engagé des actions de formation des jeunes sur l’activisme numérique à Maradi en collaboration avec Plan international. Aussi ajoute-t-il, plusieurs plateformes numériques ont été mises en place à travers les clubs d’écoute dans les écoles et les fadas, dans les quartiers. Ces plateformes ont permis de fédérer les jeunes filles autour des problèmes communs qu’elles vivent, se partagent mutuellement les expériences vécues et procèdent à des dénonciations des cas de mariages d’enfants, abus, violences et harcèlement.

Il a ajouté que EPAD l’associé de la CONIDE dans le projet actions concertées pour une effectivité des droits de l’enfant au Niger à travers le programme d’appui à la société civile, PASOC III, met également en œuvre deux initiatives qui couvrent l’ensemble des régions du Niger et élargies aux communes d’Arlit, Tchirozerine, N’gourti, Malbaza, Gotheye, Olléléwa et Tanout en collaboration avec le Programme d’Appui à la Gouvernance (PAGOD). Aussi, a-t-il indiqué, sur ces deux initiatives, 335 jeunes en parité filles et garçons s’activent sur les réseaux sociaux pour promouvoir une culture de bonne gouvernance et le respect des droits humains.

De son côté, la cheffe de projet PASOC3, Mme Maimouna Mamane, a souligné que de façon spécifique, le projet vise à promouvoir une culture de reddition de comptes au niveau des structures membres de la CONIDE. Cela pour favoriser l’émergence d’un leadership féminin et jeune, à redynamiser les cadres de concertation et de dialogue entre les leaders religieux et coutumiers et les pouvoirs publics dans les huit régions en vue de renforcer l’engagement des organisations d’enfants et jeunes dans le suivi général des droits de l’enfant et le plaidoyer.

Elle a en plus précisé que plusieurs activités sont prévues pour la réalisation de ces objectifs. Il s’agit notamment de la réalisation d’une étude sur l’état des lieux et défis de la scolarisation et maintien de la jeune fille à l’école et le mariage d’enfants, des renforcements de capacités, des émissions radiophoniques, des échanges à travers des plateformes numériques entre jeunes filles, la célébration des journées commémoratives, la tenue des réunions des cadres de concertations dans les huit régions qui seront soutenues par des argumentaires élaborés et présentés par les enfants.

Farida Ibrahim Assoumane

06 octobre 2021
Source : http://www.lesahel.org/