Scolarisation et amélioration de la santé des femmes et des enfants au Niger : Quand les chefs traditionnels s’impliquent pleinement

Niamey abritera dans quelques jours, un symposium sur le Dividende Démographique. Avec un taux de croissance démographique de 3,9 % en 2012, une population jeune (les moins de 15 ans représentent plus de la moitié de la population totale soit (51,7%), le Niger fait face à de nombreux défis, mais peut tirer des avantages du Dividende démographique.  Organisée par  le Fonds des Nations Unies pour la Population et  la chefferie traditionnelle du Niger, cette importante rencontre regroupera plusieurs participants dont des leaders communautaires et religieux. Ils échangeront sur le mariage des enfants, la Planification Familiale,  l’éducation et le maintien des filles à l’école. Des sujets qui sont au cœur de l’actualité et qui demandent l’implication de tous  au Niger.   Particulièrement les leaders communautaires et religieux qui jouent un  rôle  important dans la société.  Leur implication dans les actions de promotion et de développement des populations est  tout simplement une initiative à saluer. Respectés et très  écoutés dans leur entité, ils n’hésitent d’ailleurs  pas depuis quelques années,  à prendre des initiatives pour aider les populations.

Les exemples sont nombreux dans plusieurs localités de notre pays. C’est le cas à Tessaoua avec le projet d’amélioration de la santé : une famille, une mesure de mil. En effet, face aux difficultés de certaines familles à évacuer leurs parents malades vers l’hôpital régional de Maradi ou de Zinder, le Chef de Canton de Tessaoua, Maiguizo Kané Mahamane Mansour a initié la mise sur place d’un système  de collecte de mil qui, une fois  revendu, assure les frais d’évacuation d’urgence aux familles dans le besoin. Selon une source de UNFPA qui rapporte l’information, « le sultan a réussi à collecter en deux mois, 26 tonnes de mil sur la base uniquement de la confiance que les populations ont envers les chefs traditionnels ».   Comme dit l’adage, « au lieu de donner du poisson à quelqu’un, mieux vaut lui apprendre à pêcher ».   Témoins privilégiés de la situation sociale, sanitaire et économique des populations, les chefs traditionnels ont ainsi donné la preuve qu’ils peuvent introtuire de bonnes pratiques dans leurs entités.

Les Chefs traditionnels initient souvent aussi des rencontres avec les habitants de leur entité pour les sensibiliser en vue d’un changement de comportement. Une initiative qui a donné des fruits dans « le sultanat de Tibiri où, les chefs des cantons de Saé Saboua et de Gangara dans la région de Maradi ont organisé avec les populations de ces localités une rencontre de sensibilisation pour prévenir les violences basées sur le genre y compris le mariage des enfants. Il en est de même dans le canton de Mirriah où selon l’honorable Moutari Moussa  cité par UNFPA, « pour l’année 2020, le compteur a marqué zéro en ce qui concerne le mariage des enfants. Nous n’avons enregistré aucun mariage d’enfant dans le canton ». Au cours de l’année 2020, beaucoup d’autres cantons comme Karma, Tagazar, kanembakaché, ont enregistré les mêmes résultats.

En matière de scolarisation par exemple, les chefs expliquent aux populations tout l’intérêt qu’ils tireront en laissant leurs enfants aller à l’école et en évitant toutes formes de violences à l’égard des femmes ».

C’est donc à juste titre que depuis 2012, UNFPA Niger a intensifié sa collaboration avec les chefs traditionnels. L’Association des Chefs Traditionnels du Niger (ACTN) est en effet, un partenaire de mise en œuvre de l’institution onusienne. « Ce partenariat se traduit par un Mémorandum d’Accord ainsi que des plans de travail annuels pour la mise en œuvre d’activités à haut impact avec l’appui technique et financier de UNFPA ».

Le symposium de novembre sera donc une occasion pour les participants d’échanger sur leurs expériences relativement à des points importants comme la lutte pour l’élimination du mariage des enfants, la promotion de la Planification Familiale, la scolarisation et le maintien des filles à l’école.

Par Fatouma Idé(onep)

12 novembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/