Captation des deniers publics : Summa, une société sangsue ?

Captation des deniers publics Summa, une société sangsue ?

Summa est une société turque installée dans la perspective de la Conférence de l'Union africaine tenue à Niamey en juillet 2019. Et depuis, cette société semble avoir pris goût à l'affairisme aveugle et la surfacturation à travers le système du Partenariat Public Privé (PPP). Une forme d'escroquerie instaurée pour absorber les maigres ressources publiques dans une durée interminable. Avec la complicité de certaines personnes dont les voix portent au haut sommet de l'Etat, la société Summa semble désormais s'incruster au Niger. Elle s'accapare de tout. Elle semble être également dans toutes les affaires obscures qui mettent le Trésor public dans une situation de difficulté financière. Avec ses complices nigériens, l'Etat serait mis sous coupe réglée. La réfection du Palais des Congrès reste toujours une pullule que les Nigériens n'arrivent pas à avaler. D'une somme de 4 milliards de francs CFA, la réfection de cet édifice n'est que de la poudre aux yeux. Un acte répréhensible sur lequel le Tribunal du Commerce se doit d'ouvrir une information judiciaire. En tout cas, depuis la supposée réfection cet édifice construit du temps du Général Kountché, le Palais des Congrès sombre de plus en plus dans la décrépitude, alors que des milliards ont été palpés et empochés. Que dire de la réhabilitation de la route Doutchi-Tsarnawa qui fait aujourd'hui grand bruit ? Selon de sources proches du dossier, avec certaines complicités, la société Summa aurait présenté une facture très salée dans le cadre de la réhabilitation de cette route dont le processus est en cours. Une affaire qui divise, corrompt l'intelligence et effraie des tenants du pouvoir en place. Ce marché ferait apparaître une division entre les partisans du régime dans le cadre de la captation des ristournes issues des marchés publics.

Notre investigation relative à cette affaire a provoqué une panique générale dans les rangs de certains députés nationaux, des cadres du ministère de l'Equipement et d'autres des Finances. Notre enquête sur l'octroi de certains marchés a provoqué un séisme. Ce qui pourrait faire dire que l'affairisme et la magouille autour des marchés publics seraient à leur comble. Sinon, pourquoi prendre peur quand on évoque des marchés de plusieurs milliards si l'on ne se reproche pas quelque chose ? L'enquête révèle aussi qu'au Niger, dans le cadre des marchés publics, ce sont les coups bas, le clabaudage et les dessous de table qui feraient, apparemment, gagner les marchés. Une véritable mafia en un mot. Et chacun a sa société de préférence pour laquelle il oeuvre à tout prix afin d'obtenir des retombées trébuchantes. Une enquête qui nous a valu tous les maux d'Israël. Sur un tout autre plan, aujourd'hui, c'est le nouveau bâtiment du ministère des Finances qui est sous les feux de rampes. Un bâtiment dont, selon certains spécialistes, la qualité des matériaux qui ont servi à la construction reste douteuse. Ce qui nécessite donc une véritable enquête de la part de ceux qui s'y connaissent avant toute occupation. D'ailleurs, selon des sources crédibles proches du ministère des Finances, des agents exprimeraient une certaine réticence à regagner ce bâtiment, car craignant pour leur vie.

Aujourd'hui, avec la présence de cette société au Niger, les entreprises locales sont anéanties et vivent dans une précarité totale d'affaires. En plus de toutes ces affaires révoltantes, il y a lieu également, de s'attarder sur le cas de ''Diffa N'gala'' dont les préparatifs vont bon train, selon certains membres du comité mis en place. C'est une autre affaire qui suscite des vagues. Cette fête tournante de 18 décembre qui se tiendra cette année dans la capitale du Manga n'échappe pas aussi à la voracité de certaines entreprises. Pour la réhabilitation de la voirie, par exemple, une société tunisienne qui serait soutenue aurait mis le plafond haut contre une société nigérienne. Allez-y comprendre quelque chose dans l'affaire !

En ce qui concerne la construction d'un mémorial à Diffa, les sociétés se livrent à une âpre bataille soumettant des factures allant de 1 à 5 milliards FCFA de nos francs. Manifestement, des sociétés ont des complices dans les rouages des marchés publics. Une situation totalement contraire aux discours relatifs au programme de renaissance d'Issoufou Mahamadou et ses thuriféraires. Ou bien ce programme aurait-il été conçu pour la mise à sac des maigres ressources publiques ? Apparemment, pour expérimenter des théories et courants économiques, des sociétés mettraient en oeuvre, avec des complices nigériens, des stratégies indignes pour anéantir les entreprises nationales voire le processus de développement d'un Niger toujours denier depuis 2011. Peut-être que ces sociétés croient avoir conquis le Niger. En tout cas, leurs complices eux se la coulent douce. Tandis que le Trésor public nigérien saigne et les citoyens nigériens triment en tirant le diable par la queue. La facilité déconcertante avec laquelle la société turque accède aux marchés publics au détriment des sociétés de l'espace UEMOA est plus qu'étonnante. Cela, malgré le caractère exorbitant de ses offres .Mais aujourd'hui, ses complices locaux sont sur le point d'être démasqués.

Aux autorités de prendre des dispositions avec célérité pour protéger les ressources publiques et traduire les indélicats et autres renégats devant les juridictions compétentes. Vivement que le Président de la République instruise une inspection aux ministères des Finances et de l'Equipement. Ce Ce n'est pas gagné d'avance.

A.S