Interview du Chef de Canton de Dioundiou Sarkin Musulmi sur la nomination des artistes dans la cour :  «Nous nous sommes intéressé de près à ce qu’ont fait ces artistes comme apport au développement et aussi au rayonnement de la culture nigérienne», a dit

Les chefs traditionnels sont, dit-on, les gardiens de nos valeurs, de nos us et coutumes. L’honorable Mahamadou Bachir Harouna Hambali, âgé de 42 ans, été élu le 25 juin 2015, chef de canton et Sarki Musulmi de Dioundiou. C’est conscient de ce statut que le chef de canton et Sarkin Musulmi de Dioundou a décidé d’innover en distinguant trois (3) artistes reconnus. C’est ainsi qu’il a nommé Yazi Dogo comme Sarkin Al A’dou ou chef de la Tradition ; M. Amadou Seydou Nourou alias Nourou Ouallam comme ‘’chef de la Parenté à plaisanterie’’ et Djinguiri Lompo, comme ‘’Ambassadeur de la Paix’’.

Honorable Chef de Canton et Sarkin Musulmi de Dioundiou, peut-on savoir ce qui vous a amené à honorer les trois artistes et hommes de culture à savoir Yazi Dogo, Nourou Ouallam et Djinguiri Lompo ?

Ce qu’il faut retenir et savoir, c’est de connaitre l’importance du Chef traditionnel qui se veut être le garant et gardien des coutumes et traditions. Et en tant que gardien des coutumes et traditions, nous pouvons savoir les personnes qui ont rempli leur mission valablement pour la Nation Nigérienne et qui ont travaillé en faveur du développement de leur pays tout en ayant de l’amour pour leur patrie. C’est ce qui nous poussé à nous intéresser de près à ce qu’ont fait ces artistes comme apport au développement et aussi au rayonnement de la culture nigérienne. Il faut noter que Yazi Dogo a rendu un service inestimable à son pays et ce, pendant 40 ans; il est en train de sensibiliser les Nigériens sur plusieurs domaines. Et il a fait un combat de titans pour son cher pays qu’il aime tant. C’est dire que cet artiste a fait de son mieux pour rendre service à la nation nigérienne. Il a montré aux yeux du monde et des Nigériens ce qu’est le Niger. Le Niger est un pays dans lequel nous vivons dans la quiétude et la fraternité. Nous devons nous aimer, aimer ce que nous faisons, aimer notre pays et honorer nos dirigeants. Et donc, en tant que chef traditionnel, nous nous sommes concertés avec d’autres chefs traditionnels pour accepter de le décorer et de le nommer notable à la cour, lui qui a travaillé pendant 40 ans et ayant apporté tout son savoir-faire et toute son expertise à la culture nigérienne.

L’homme de culture et doyen Yazi Dogo a un vœu cher et qui lui tient tant à cœur, celui de créer une école de théâtre afin de former les jeunes générations et assurer de ce fait la relève dans l’art oratoire dans lequel il excelle beaucoup. Que pensez-vous de son désir de fonder cette importante école et que comptez-vous faire pour l’aider à réaliser son grand rêve?

Je pense que ce sujet concerne directement le gouvernement, les responsables au plus niveau et l’Etat même. Mais nous en tant que chefs traditionnels, nous avons vu ce qu’il a fait sur le plan du théâtre et des sketchs. Tout cela concerne la sensibilisation sur nos traditions. Le Niger a sa propre réalité. Nous avons nos propres accoutrements. Notre façon d’organiser nos cérémonies de funérailles, de baptême et de mariages. Nous avons nos propres valeurs. Donc, lui, il a fait la promotion des valeurs nigériennes et il a montré aux yeux du monde ce que c’est qu’un Nigérien. Le Nigérien est pacifique, il aime travailler, il veut toujours se distinguer des autres. Lui Yazi Dogo a mené ce combat-là. Et en ce qui concerne la création de son école, là c’est au niveau de l’Etat et des plus hautes autorités qu’il doit se tourner. Nous en tant que gardiens de la tradition, nous avons préféré l’honorer en lui décernant ce témoignage de satisfaction qui fait de lui le chef ou Sarki détenteur et gardien de la Tradition.

Le deuxième artiste que vous avez honoré est Nourou, pourquoi ?

Seydou Nourou Amadou ou Nourou Ouallam fait certes de la publicité mais dans sa façon de faire, il met toujours en avant la coexistence pacifique et la parenté à plaisanterie. C’est tout ceci qu’il explique et fait ressortir dans les thèmes qu’il développe dans ses différentes publicités. Un Baaré, un Peul, un Touareg, un Djerma, un Bagobiri, un Arabe, un Toubou, etc; une telle ethnie est cousine à telle autre ethnie et cela est très important parce que c’est une grande richesse qu’il montre aux yeux du monde. Il montre que les populations nigériennes utilisent et mettent en avant ces valeurs pour une vie et une symbiose pacifique et parfaite. Il y a la cohésion et la coexistence pacifique apportée par le cousinage à plaisanteries entre les différentes ethnies. C’est tout cela qui nous a poussé en tant que chef traditionnel et gardien de la coutume en concertation avec les autres chefs traditionnels de montrer aux yeux du monde les efforts et le service rendu pendant 20 ans par Nourou Ouallam. C’est pour cela que nous l’avons nommé ‘’sarkin tabastaka’’ ou le chef de la parenté à plaisanterie 

Enfin, le troisième honoré est Djinguiri Lompo, qu’est ce qui explique son choix ?

Djinguiri Lompo est un artiste qui fait un peu de la comédie et du sketch. Il est surnommé Ambassadeur de la paix ou Sarkin «Zaman Lafiya et kwanciya hankali» parce que dans tout ce qu’il fait, il dit et montre que le Niger est un et indivisible, que le Niger est un pays où la paix règne et il a montré à la face du monde la vraie réalité du Niger ; comment vit le peuple nigérien. Ces trois artistes ont fait la promotion des valeurs sociales nigériennes. Ils ont montré que le Nigérien est heureux et fier d’être Nigérien. Nous voudrions faire en sorte que la cérémonie d’intronisation de nos trois (3) artistes devenus des Ambassadeurs de bonne volonté se déroule Incha Allah après les élections et qu’elle soit grandiose et mémorable.

 Interview réalisée par   Zeinabou Gaoh (onep)

(Script : Chérifa A. Hassane et Zeinabou Kari.) 

10 février 2021
Source : http://www.lesahel.org/