Préparatifs de la rentrée scolaire 2021-2022 : Les partenaires de l’école sur le pied de guerre

Ce lundi 4 octobre, les élèves, sur l’ensemble du territoire national, passeront leur première journée d’école. Pour cette nouvelle année académique 2022 marquée par de grandes réformes qui visent à prendre en compte les préoccupations des acteurs du secteur, les parents d’élèves et les fondateurs d’écoles  affichent leur optimisme quant à un bon déroulement des activités scolaires. Les innovations voulues au sommet du pouvoir exécutif, couronnées par le rehaussement de 47,7% du nouveau budget alloué à l’éducation par rapport à celui de l’année passée, font désormais du secteur éducatif la première préoccupation de l’Etat au Niger. En plus de ces efforts combinés, l’Association des parents d’élèves et étudiants du Niger demande aux autorités de revoir à la hausse le soutien en fourniture scolaire qu’elles apportent aux élèves des écoles publiques pour répondre à l’impact négatif que l’insécurité et la pandémie de COVID-19 ont eu sur le pouvoir d’achat des parents.

Pour le président de l'Association nationale des parents d'élèves et étudiants du Niger (ANPE/E) qui se félicite des perspectives heureuses annoncées pour la rentrée académique 2021-2022, il n’est pas de trop de rappeler le devoir de l’Etat qui consiste à créer les conditions de mise en route des enfants dans les établissements publics. Il apprécie notamment la distribution gratuite de fournitures scolaires dans ces écoles, surtout dans les zones rurales où les parents sont obligés de s’alléger d’une partie de leurs récoltes pour subvenir aux besoins en matériels académiques de leurs enfants. « Aujourd'hui, poursuit-il, il n'ya plus de récolte dans certaines zones d’insécurité et il n'y a plus d'élevage aussi dans une partie du pays pour la même raison. Du coup, le monde paysan attend beaucoup de l'Etat et nous lui demandons d'avoir un œil regardant sur ces écoles des villages parce que les parents n'ont rien. Ce serait une bonne chose que l'Etat augmente cette enveloppe et que les enfants en bénéficient tous ».

M. Wissilimane Ransarantane qui préside aux destinées de l’ANPE/E rappelle aussi que le libéralisme qui prévaut dans le secteur de la vente de fournitures scolaires ne doit pas constituer un fardeau supplémentaire pour les citoyens en cette veille de rentrée académique 2021-2022. Il demande aux commerçants de considérer l’ensemble des scolaires nigériens comme leurs « propres enfants » et d’aider l’Etat et les parents d’élèves à avoir accès aux fournitures scolaires à des prix raisonnables car, selon lui, il ne sert à rien de pratiquer des prix élevés, contrairement aux recommandations religieuses, et de se retrouver à la fin avec un taux élevé d’articles mévendus.

Le statuquo décidé par les autorités sur les frais de scolarité dans les établissements privés d’enseignement général constitue aussi un espoir pour le président de l’ANPE/E qui a toujours décrié des frais au-delà du raisonnable dans ce secteur abandonné par l’Etat aux bons vouloirs des fondateurs des établissements privés. « Il faut que ces frais soient à la portée des citoyens nigériens, dit-il, afin que leurs enfants bénéficient des avantages extraordinaires qu’offrent les établissements publics d’enseignement général au Niger ». Pour parvenir le plutôt possible à cet objectif, M. Wissilimane Ransarantane appelle l'Etat à une stricte application des règles qui concernent les frais de scolarité dans le privé. Malgré le statuquo décidé, des hausses sont constatées dans la ville de Niamey sans que les sanctions suivent.

Dans le secteur des établissements privés d’enseignement général, le proviseur Abdoulaye Baba se veut rassurant et optimiste sur le bon déroulement de l’année académique 2021-2022. Nous l’avons trouvé, quelques heures seulement avant le report de la date de la rentrée des classes à ce 4 octobre, en pleins travaux du conseil d’administration du complexe scolaire privé Sophia Académie, dans le 5e arrondissement communal de Niamey. Il salue la décision prise par le Gouvernement d’harmoniser les frais de scolarité au niveau de toutes les écoles privées d’enseignement général qui se trouvent au Niger. Mais, poursuit-il, il ne faudra pas que cette bonne volonté soit une « énième situation qui va nous mettre dans une situation inconfortable ».

Par Souleymane Yahaya

1er octobre 2021
Source : http://www.lesahel.org/