Classement IDH 2018 du PNUD : Le Niger 7 fois dernier en 7 ans de règne de Mahamadou Issoufou

 lassement IDH 2018 du PNUD Le Niger 7 fois dernier en 7 ans de règne de Mahamadou IssoufouLe Programme des nations unies pour le développement (PNUD) vient de rendre public le classement des pays du monde basé sur l'indice du développement humain (IDH). C'était sans surprise aucune que les Nigériens ont pris connaissance du rang de notre pays, 189ème sur 189 pays classés. Sans surprise aucune, car les Nigériens savent mieux que quiconque les conditions drastiques dans lesquelles ils vivent, les pires conditions dans lesquelles ils aient jamais vécu. Paupérisés et spoliés par des politiques hasardeuses sans aucun repère et sans aucune vision, depuis l'avènement de la 7ème République dont le caractère artisanal, prédateur de ressources nationales, clanique n'a échappé à personne. La corruption et l'impunité ont atteint un niveau jamais égalé. Ce n'est nullement pour dédouaner de leur responsabilité les gestions antérieures à 2011, mais celle de la 7ème République est plus grande, d'autant plus qu'elle a bénéficié plus que tout autre régime de conditions favorables. Sur le plan politique, le bénéfice de la connaissance des erreurs des gouvernements passés est un élément qui aurait pu être capitalisé, ainsi que le contexte qui survient après les errements de Tandja qui a voulu passer de force pour un troisième mandat, audelà de ces deux mandats constitutionnels autorisés. Ce  qui a mobilisé fortement les Nigériens pour l'avènement d'un nouveau régime. Un réel espoir, bien justifié, est né. Une majorité confortable à l'Assemblée nationale et une coalition politique forte. Sur le plan économique, le Niger venait d'entrer dans le cercle très fermé des pays producteurs de pétrole, disons " l'eau " qui s'est miraculeusement transformée en pétrole. Quand Tandja jetait les bases de l'exploitation du pétrole au Niger, les mêmes qui plastronnent aujourd'hui que le Niger est producteur de pétrole et qui en tirent les dividendes, disaient que c'était de l'eau. En plus du pétrole, le Niger regorgeait déjà de richesses inestimables : uranium, or, le bétail, des étendues terre (le fleuve, la Komadougou, l'Irrhazer, les dallols…) qui pourraient avec un peu d'ingéniosité et de moyens être mises en valeur, une jeunesse qui ne demande qu'à être mise dans les conditions afin de se mettre au service du pays. Mais qu'avons-nous fait de tout ça ? En lieu et place d'une gestion au service du plus grand nombre, il est mis en place un système de gestion clanique et prédatrice des ressources nationales. Ils sont nombreux les apparatchiks du système qui ont procédé à ce qu'on pourrait appeler un regroupement familial.

L'accès à la fonction publique, même par voie de concours, est devenu une récompense politique. Les promotions dans l'administration, au lieu de faire prévaloir les critères de compétence du mérite et de l'expérience, sont désormais, sous Le règne de Mahamadou Issoufou, fonction d'activisme politique, et du système parents, amis, alliés et connaissances. Pourtant, même parmi les militants des partis au pouvoir, on peut trouver des personnes compétentes, bien rompues à la tâche, mais celles-là sont généralement écartées parce que ne sachant pas chanter les louanges de ceux qui nomment. Et, c'est la raison pour laquelle la machine administrative est grippée, complètement enrayée. Dans la gestion d'un pays, la bonne marche de l'administration qui coordonne et impulse est une condition première. L'exclusion des compétences ne peut que nuire au bon fonctionnement des structures. Et c'est la raison pour laquelle bien d'observateurs, de bonne foi souvent, indexent la collecte des données comme un élément à nos dépens dans le calcul de l'IDH par le PNUDS.

Nous ne transmettons pas les bonnes statistiques, semblent-ils dire. En fait, c'est que le plus souvent, le travail de collecte de ces données et le calcul des statistiques ne sont pas confiés aux fonctionnaires disposant des  compétences nécessaires dans le domaine. Mais, audelà des statistiques, le problème fondamental demeure la matière à renseigner : le travail, l'investissement et la production de richesses pour le bien-être de tous. Ainsi, qu'avons-nous fait pour améliorer l'IDH depuis 2011, comme se demande la ministre du plan ? Pas grand-chose. Pendant que les autres pays avancent, et entreprennent des politiques porteuses de développement et de bien-être. Si nous progressons, les autres avancent aussi. Ils ne nous attendent pas. D'ailleurs, au Niger, la situation ne fait que se dégrader au jour le jour.

Le Niger est dernier sans discontinuité durant les 7 ans de règne de Mahamadou Issoufou et ses camarades marxistes léninistes, admirateurs de Lénine. Rappelons que l'IDH se calcule à partir de 3 éléments : l'espérance de vie à la naissance, le taux brut de scolarisation et le PIB par habitant. Au niveau de tous ces points, au-delà des chiffres imaginaires et les bilans tronqués avancés par le gouvernement, des chiffres et des performances qui n'existent que sur papier ou dans leurs bouches, tout le monde sait que les secteurs sociaux de base sont en lambeaux, en particulier l'éducation et la santé. Et une population non scolarisée et malade est une population condamnée. Elle n'est plus dans les conditions de travailler et produire des richesses. A terme, elle devient une population assistée, une charge et non un acteur de développement. La population, dans son écrasante majorité, a toutes les difficultés du monde pour se nourrir et se soigner, tellement elle est appauvrie par une gestion des affaires publiques des plus catastrophiques de l'histoire du Niger, une gestion basée sur la corruption, l'impunité la violation constante de la loi, un harcèlement contre toute voix discordante, un endettement irréfléchi dont on se demande où vont les fonds colossaux annoncés.

L'IDH ne se calcule point sur la capacité d'un régime à terroriser la population ou à bannir les opposants, emprisonner les journalistes et les acteurs de la société civile. Il ne se calcule pas non plus sur la célérité avec laquelle les gouvernants se sont enrichis. User du pouvoir d'Etat pour nuire à ceux qui ne sont pas du même avis, rouler des mécaniques et s'en mettre plein les poches, est ce qu'on appelle le pouvoir zéro. Chacun peut le faire. Point besoin de disposer d'une compétence quelconque. Il suffit de ne pas avoir d'égard pour la loi et le peuple souverain. Nous sommes devenus riches, disent certains. Mais, bon sang, nous qui ? Où est allée cette richesse, quel usage en avons-nous fait ? Evanouie dans la nature, ou atterrie dans des comptes bancaires quelque part dans des paradis fiscaux ? La situation actuelle de notre pays, et notre rang régulier de dernier, nous interpellent tous. Car ça fait mal à tout nigérien qui a la fibre patriotique. Que chacun s'interroge sur sa responsabilité propre au lieu de se complaire dans des dénégations ridicules et une autosatisfaction qui heurtent davantage la conscience des Nigériens qui ne savent à quel saint se vouer tellement la misère est grande. 

Bisso

23 septembre 2018
Source : Le Courrier

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