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Fichier électoral biométrique et choix de l'opérateur technique : Que se passe-t-il dans les coulisses du pouvoir ?

Fichier electoral biometrique Niger 2021Image d'illustration

Faut-il croire à une volonté réelle du pouvoir en place d'aller vers un consensus sur le code électoral ? La question est suscitée par certaines informations parvenues au Courrier. Alors qu'un comité ad' hoc est mis en place au niveau du CNDP pour réviser le code électoral et le débarrasser de toutes ses scories, le Courrier a appris qu'un autre comité, dit d'experts, a déjà planché sur une série de propositions techniques et financières en vue du choix d'un opérateur pour la réalisation du fichier électoral biométrique. Et au regard de l'identité des membres de ce fameux comité d'experts dont Le Courrier a obtenu la liste intégrale, il n'y a pas de doute sur la nature du choix à faire. Ayant, pour la plupart, joué un rôle-clé dans le hold- up électoral de 2016, les membres du " comité d'experts " ont déjà signifié à certaines sociétés ayant postulé le rejet de leurs propositions techniques. Selon une source au parfum de ce qui se trame dans ce rayon sensible de l'organisation des prochaines consultations électorales, la motivation essentielle est liée à la volonté de trouver un opérateur " assez conciliant et compréhensif ". Sur tous les plans, précise notre source. Le délai de 50 mois, proposé par un des concurrents, ne fait pas l'affaire du régime qui n'est pas attaché à la qualité, mais à l'existence d'un fichier électoral qui pourrait avoir l'air d'être biométrique. La délocalisation de la Ceni, loin des regards indiscrets, est peut- être liée à ces micmacs qui se font en vue de dénicher l'opérateur qui présente les caractéristiques recherchées.

Les pourparlers engagés au niveau du CNDP semblent de plus en plus présenter le visage hideux de simples discussions visant à mener l'opposition en bateau. Alors que les parties échangent pour trouver un consensus autour du code électoral, le régime avance sur les projets les plus déterminants. À sa guise et selon sa convenance. Selon un observateur avisé, le choix de l'opérateur technique est un sujet des plus graves qui ne peut être laissé à la discrétion du pouvoir en place. Et lorsqu'on constate que les audiences foraines, également, se poursuivent et que la configuration des commissions administratives laisse planer le risque d'une sélection des électeurs à la base, on ne peut que s'interroger sur la pertinence des travaux du comité ad' hoc. Le Premier ministre BrigiRafini, qui s'est voulu persuasif sur la volonté du camp présidentiel à parvenir à un consensus sur le code électoral, n'arrive pas, pourtant, à faire redémarrer les pourparlers. Alors qu'il a promis qu'ils reprendraient dès le lundi 5 novembre 2018, les pourparlers n'ont pas encore repris jusqu'à hier, mercredi 7 novembre 2018. Il y a manifestement un problème. Soit, Mohamed Bazoum a déjà réussi, plus tôt que prévu, à faire barrage au projet ; soit, BrigiRafini a reçu mandat de divertir l'opposition et les partis non-affiliés.

Bouba Alfari

13 novembre 2018
Source : Le Courrier

 

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Politique