Visite du ministre des Affaires Etrangères du Royaume d’Espagne à la Maternité Issaka Gazobi de Niamey : « Avec cette visite on aura plus de raison et connaissance pour justifier la continuité et l’augmentation de notre aide » a soutenu M Josep Borrell

Dans le cadre de la coopération entre le Niger et l’Espagne particulièrement dans le domaine de la santé, le ministre de la Santé Publique, Dr Idi Illiassou Mainassara et le ministre des Affaires Etrangères du royaume d’Espagne, M Josep Borrell en visite au Niger, ont effectué une visite à la Maternité Issaka Gazobi et au Centre National de Lutte contre le cancer (CNLC) de Niamey. L’objectif de cette visite est de constater le fonctionnement et les besoins de ces deux entités. Ils étaient guidés par le Directeur Général de la Maternité Issaka Gazobi Ibrah Boukary, le Pr Madi Nayama et plusieurs médecins.

Le Niger et le Royaume d’Espagne ont une coopération médicale depuis plusieurs années. Le premier appui remonte à 1993 quand l’Espagne a réhabilité l’ensemble du bâtiment de la maternité Issaka Gazobi. Cette coopération continue à travers le fond commun par des appuis en matériels techniques. La Maternité Issaka Gazobi à un effectif de 646 personnes, dont 117 titulaires, 146 contractuels et 363 stagiaires soit (56, 19 % de l’effectif total).

A l’entame de sa visite, le ministre des Affaires étrangères d’Espagne, M. Josep Borrell s’est rendu dans l’unité de néonatalogie où il a rencontré la responsable du service qui lui a fait part des problèmes de cette unité. En effet cette unité ne dispose que de 23 berceaux alors qu’elle se retrouve avec 50, voire 60 bébés. C’est pourquoi, les bébés se retrouvent souvent à 3 dans le même berceau. Cette unité composée de 5 pédiatres, 2 spécialistes en néonatalogie et 3 généralistes, à un taux de mortalité d’environ 5 à 6%.

La délégation s’est ensuite rendue à la salle de réveil. Cette entité accueille les femmes qui ont subi une césarienne à cause d’une maladie d’hypersensibilité pendant la grossesse ou une crise d’éclampsie qui est très fréquente. 9 % de ces femmes ont l’âge de 19 ans. Le médecin en charge de cette unité affirme qu’environ 20 césariennes sont pratiquées par jour, et 5700 césariennes l’année dernière. L’unité dispose de 3 professeurs, et 17 gynécologues. La délégation ministérielle a, par la suite visité la salle de travail. 30 à 50 femmes sont admises en salle de travail par jour et les matériaux de la salle d’accouchement sont très précaires et insuffisants par rapport aux besoins. Cette salle possède un seul appareil de monitoring, appareil utilisé pour analyser et contrôler les constantes du fœtus.

A la fin de la visite, M Josep Borrell, a pris connaissance des principales difficultés de cette maternité qui sont l’exiguïté des locaux, la vétusté du circuit d’alimentation d’oxygène (datant de 1998), l’obsolescence avancée des équipements et appareils (comme celui de mammographie qui n’est plus fonctionnel et un seul échographe), l’obsolescence et l’insuffisance de matériels informatiques pour la mise en réseau et la surveillance, la forte consommation de médicaments, des réactifs de laboratoire et produits d’entretien. Le ministre espagnol des Affaires étrangères a rassuré le personnel que la coopération espagnole va continuer à apporter son aide dans ce secteur. « Avec cette visite on aura plus de raison et connaissance pour justifier la continuité et l’augmentation de cette aide » a soutenu M Josep Borrell.

Aminatou Seydou Harouna

17 juin 2019
Source : http://www.lesahel.org

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