Echange sur les problématiques du Handicap en Afrique sous le haut parrainage de la Première Dame Dr Lalla Malika Issoufou : Appel à une prise en compte des droits et besoins des personnes en situation de handicap dans les politiques publiques

La Première Dame, Dr. Lalla Malika, présidente de la Fondation Tattali Iyali a parrainé le lundi 8 juillet dernier dans la salle Begonia de l’hôtel Radisson Blu, un forum sur le droit des personnes en situation de handicap. Cet événement organisé en marge du 33ème sommet de l’Union Africaine, a pour objectif de contribuer au renforcement de l’inclusion des personnes en situation de handicap en invitant les dirigeants africains à s’engager davantage pour une meilleure prise en compte de leurs besoins. A l’issue de ce forum qui a pour thème, « Handicap, droits et développement durable en Afrique », les participants ont rendu public une déclaration, dite, ‘’déclaration de Niamey sur la promotion des droits des personnes handicapées sur le continent africain’’.

Cette rencontre d’échange a enregistré la participation des délégations de plusieurs pays d’Afrique, de la ministre de la Population du Niger, Mme. Amadou Aissata, de la ministre de l’Action sociale, de la promotion de la femme et de la planification du Togo, Mme Léo Kolani Yentchare, du gouverneur de la région de Niamey ainsi que des présidents des fédérations et associations des personnes handicapées. L’évènement vise à contribuer au renforcement de l’inclusion des personnes en situation de handicap dans toutes les actions de développement des Etats africains. En effet, pour la Première Dame, les questions qui se rapportent aux personnes en situation de handicap doivent figurer au rang des priorités dans les politiques et programmes de développement des pays africains.

« Les personnes en situation de handicap sont des citoyens à part entière c’est-à-dire des citoyens qui doivent jouir de tous les droits attachés à ce statut. Elles ne doivent donc pas être considérées comme des citoyens entièrement à part » a déclaré Dr. Lalla Malika Issoufou. La Première Dame de rappeler que les Etats sont liés par les dispositions pertinentes des instruments internationaux et régionaux qui font de la protection et de la promotion des droits des personnes en situation de handicap un axe majeur en matière de respect des droits humains. « Je fais ici allusion à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes en situation de handicap adoptée en 2006 et aux mesures pertinentes prises par l’Union Africaine» a clarifié la Première Dame.

Parlant des actions en faveur des personnes en situation de handicap, la Première dame a rappelé que l’Union Africaine a décidé deux fois de suite de décréter une décennie africaine des personnes handicapées de 1999 à 2009 et de 2009 à 2019. En outre, un plan continental sur le handicap a été adopté couvrant la période 2009-2019. Un protocole de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées a également été adopté par l’Union Africaine. Dr. Lalla Malika Issoufou a précisé qu’au Niger une loi a été adoptée en vue de favoriser l’accès des personnes en situation de handicap à la fonction publique. D’autres initiatives sont prises pour que ces personnes jouissent de tous les droits attachés à leur citoyenneté et contribuent aux efforts de développement national. « Notre conviction est que les personnes en situation de handicap n’ont pas besoin de notre magnanimité, de notre pitié ou de notre compassion. Elles ont juste besoin que leurs droits fondamentaux de citoyens soient reconnus et pris en compte » a soutenu Dr. Lalla Malika Issoufou.

La Première Dame a ajouté que les personnes en situation de handicap veulent comme leurs autres concitoyens, gagner leur vie à la sueur de leur front, dans les bureaux, dans les ateliers ou dans les champs. Car, dit-elle, elles font preuve de talent et d’ingéniosité. « Je connais leur détermination à être des acteurs économiques qui contribuent à la richesse nationale. Ces personnes ont besoin d’être accompagnées pour accéder aux crédits, pour mieux se structurer au niveau des différents corps des métiers afin de constituer davantage des réseaux dynamiques de professionnels » a déclaré Dr. Lalla Malika Issoufou.

La ministre de la Population du Niger, Mme. Amadou Aissata, a auparavant rappelé qu’au Niger, plusieurs textes ont été pris depuis les années soixante, sur l’indigénat, l’éducation spécialisée, la prise en charge sanitaire à 100% pour les groupes vulnérables, le quota de 5% des emplois aux personnes handicapées. « Notre politique nationale de protection sociale, en son axe 4 se fixe comme objectif fondamental le renforcement du socle de protection sociale, très cher au Président de la République, SE. Issoufou Mahamadou. Il est donc heureux de constater que de réels progrès ont été réalisés. Mais tout de même, devons-nous reconnaitre que beaucoup reste à faire dans tous les domaines », a relevé la ministre de la Population avant de préciser que l’autonomisation de la population en situation de handicap passe par leur accès aux infrastructures administratives et aux services de base.

Il faut noter que le handicap n’est pas une fatalité. Il est surmontable grâce à la volonté individuelle et collective. C’est ainsi qu’il faut changer le regard sur le handicap et les personnes en situation de handicap qui ne sont pas des citoyens de seconde zone mais des personnes qui veulent jouer leur partition dans les efforts de développement économique et social des Etats.

Issoufou Adamou Oumar et Abdoul-Aziz Ibrahim Souley

11 juillet 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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