Campagne électorale précoce : De la soif du pouvoir au viol des textes!

Campagne électorale précoce : De la soif du pouvoir au viol des textes!A un an des élections, les partis politiques sont en pleine campagne électorale en violation flagrante du code électorale. Au delà, il y a un manque de respect au Président de la République en exercice dont le mandat est théoriquement écourté par ceux - là, pressés de lui succéder.  
 
En effet, les cadres de l'administration et même militaires sont plus sensibles aux ordres des candidats qu'à ceux du Président, sur les épaules duquel repose encore pendant plus de 14 mois, les responsabilités de la République.
 
L'autre aspect, c'est le mépris à l'égard du monde rurale. En effet, comment des futurs responsables, dans leur quête assoiffée du pouvoir, osent organiser des meetings en ce mois d'août, mois d'intenses activités champêtres et de soudure, durant laquelle l'essentiel de la production alimentaire de l'année doit être assurée ? 
 
Il suffit de voir les chassées croisées de ces 4x4 qui parcourent ces champs, écrasant sur leurs passages les pieds de céréales et autres plantes, pour ramener les pauvres agriculteurs des campements éloignés aux centres urbains pour les gros plans des télévisions publiques comme privées, pour se rendre à l'évidence  combien la fièvre électorale a atteint un pic regrettable et irresponsable. 
 
Par ces réunions et autres frasques, les champs sont vidés des bras valides, parfois sur ordre des autorités administratives et coutumières. Les partis politiques, en particulier les candidats - qui juridiquement ne le sont pas encore - doivent prendre en compte cette réalité propre au Niger.
 
En effet, le Niger confronté à des problèmes de sécurité, des défis de préparer la rentrée scolaire, du risque d'une sécheresse dans une grande partie du Niger ne peut pas s'offrir le luxe d'une campagne électorale longue et corrompue de plus d'un an. 
 
Dans certaines régions, cette campagne précoce se transforme déjà en duel de légitimité agrémenté par des discours sectaires et identitaires. La CENI, le Conseil Supérieur de la communication ou toute instance qualifiée, doivent appliquer les textes, sinon l'histoire retiendra qu'elles ont gardé un mutisme complaisant face à une violation flagrante des textes dont elles sont les garantes.
 
En attendant, il  revient à tous ces candidats officieux - pour le moment aucune candidature n'a été officialisée par la Cour Constitutionnelle - de mettre de l'ordre dans leur communication politique. Les symptômes d'un intégrisme politique s'est invité dans le débat déjà nauséabond.
 
Souley Boubé Bali, Écrivain, Université de Zinder.
 

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