Rencontre sur la lutte contre le terrorisme dans la région de CEDEAO : À la recherche d’une approche plus intégrale dans la lutte contre le fléau

Niamey abrite depuis hier la première réunion des parties prenantes civiles sur le terrorisme dans la région de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), portant sur le thème « lutte contre le terrorisme dans la région de la CEDEAO : vers un engagement collectif pour une paix durable ». La rencontre,   regroupe pendant deux jours les acteurs étatiques et institutionnels, les autorités coutumières et religieuses, les ONG et les organisations de la société civile active dans la lutte contre le terrorisme. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre Déléguée chargée de l’Intégration africaine et des Nigériens à l’extérieur, Mme Lamido Ousseini Salamatou Bala Goga en présence d’autres personnalités dont la Sous secrétaire adjointe de secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, la ministre de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfant, la Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO et le gouverneur de la région de Niamey.

Le terrorisme est devenu de nos jours un phénomène de plus en plus inquiétant qui, au-delà des pays du Sahel, menace la paix et la sécurité et par voie de conséquence le développement socioéconomique de toute l’Afrique de l’Ouest. Certains évènements à caractère terroriste intervenus récemment dans les pays non sahéliens et dans certaines zones des pays déjà affectés, attestent le caractère désormais transfrontalier de la menace terroriste. Cette menace tend hélas à se propager dans la sous-région ouest africaine, atteignant des pays ou des zones jusque-là épargnés.

La ministre Salamatou Bala Goga a indiqué qu’en plus d’être une menace à la paix et à la sécurité, le terrorisme sape les immenses efforts déployés par les gouvernements pour assurer le bien-être de leurs populations. Face à la tendance expansionniste des mouvements et groupes terroristes, la ministre déléguée à l’Intégration africaine prône une nécessaire implication de toutes les parties prenantes à tous les niveaux, étatiques, non-étatiques, en vue d’une recherche de solutions idoines pour endiguer le fléau. « Avec des attaques perpétrées sur des cibles civiles et militaires, le terrorisme endeuille des familles, des pays » a rappelé la ministre avant de soutenir qu’ « il est impératif que la sous-région mette tout en œuvre pour garantir la paix, la sécurité et la stabilité dans notre espace communautaire ».

« Mais cela ne pourra se faire qu’en associant toutes les forces vives au combat contre le mal du terrorisme » a martelé la ministre déléguée car, il est bien établi que la lutte efficace contre le terrorisme ne peut et doit pas être le seul apanage des forces de défense et de sécurité et qu’elle requiert la contribution de tous. C’est dans cette perspective, a-t-elle ajouté, que le rôle et la contribution de la société civile, de la chefferie coutumière et des leaders religieux sont nécessaires pour accompagner les autres efforts inlassablement déployés par les gouvernements et leurs partenaires pour éradiquer à jamais le phénomène. Par conséquent « une collaboration étroite entre les parties prenantes est indispensable et doit fortement être encouragée » a laissé entendre la ministre Déléguée en charge de l’Intégration africaine.

Des assises de Niamey, elle a exprimé ses vœux que des recommandations et suggestions pertinentes seront issues pour permettre aux instances de décision de la CEDEAO au plus haut niveau qui se réuniront bientôt sur le thème de la lutte contre le terrorisme d’adopter des mesures appropriées pour une lutte efficace contre le terrorisme. Auparavant, les personnalités intervenant, au nom de leurs structures respectives, ont unanimement reconnu que le terrorisme a pris une nouvelle ampleur et qu’il se répand au-delà des frontières des pays du Sahel menaçant toute la sous-région. C’est pourquoi elles ont souligné l’importance d’une action plus globale incluant les ONG et les OSC élargies aux communautés à travers les chefs coutumiers et les leaders religieux pour contrecarrer la montée de l’extrémisme violent afin de rendre plus efficace la lutte contre le terrorisme non seulement au Sahel, mais aussi en Afrique de l’Ouest plus la Mauritanie (qui est présente à la réunion), dans le bassin du lac Tchad avec la présence du Cameroun.

l Zabeirou Moussa

26 août 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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