Réaménagement technique du gouvernement : Hassoumi Massoudou, positionné pour être Premier ministre

Réaménagement technique du gouvernement : Hassoumi Massoudou, positionné pour être Premier ministreLe vendredi 20 septembre 2019, à quelques heures de son départ pour New York où il doit prendre part à la 74e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président Issoufou Mahamadou a procédé à un réaménagement technique de son gouvernement. Une sorte de chaises musicales qui n’a pas particulièrement été clémente pour Mohamed Bazoum, le ministre de l’Intérieur, président du Pnds et candidat adoubé par Mahamadou pour l’élection présidentielle prochaine. Pour mémoire, il a perdu, au profit d’Alkache Alhada, l’ancien président de la Cour des comptes et ancien président du Conseil d’Etat, le volet Sécurité publique de ses prérogatives pour le moins étendu. Si depuis octobre 2016, un ministre délégué en la personne de dame Maïzoumbou… a la responsabilité de la Décentralisation sans que cela soit interprété comme une perte énorme pour Mohamed Bzoum, cette fois-ci, le président du Pnds a subi un coup dur. Il perd désormais le contrôle de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale, aspects sans lesquels le ministère de l’Intérieur est une sorte de coquille vide, comme diraient les militants du Moden Ffa Lumana Africa. Le coup est d’autant plus dur pour Bazoum que son ancien challenger à la candidature de la candidature du Pnds pour la présidentielle de 2021 signe effectivement son come-back au sein de l’équipe dirigeante comme l’a annoncé le Courrier, il y a deux semaines. Mohamed Bazoum doit désormais composer avec celui qu’il a pensé avoir été poussé à la touche. Ministre d’Etat à la présidence de la République, Hassoumi Massoudou occupe une position stratégique où il peut, sans en donner l’air et sans s’exposer, tirer les ficelles de plusieurs dossiers.

Le réaménagement technique, intervenu à l’issue d’un entretien de trois heures d’horloge entre Hassoumi et Issoufou

Selon des sources très crédibles, Hassoumi Massoudou, à cette station de l’Exécutif, est effectivement la deuxième personnalité du gouvernement après Brigi Rafini. Si, pour une simple question de forme, l’on l’a placé après Pierre Foumakoye Gado, ministre d’Etat, ministre du Pétrole, il n’en reste pas moins vrai que Hassoumi est désormais au coeur du centre de gouvernance. Du reste, il n’est un mystère pour personne, au Niger, que le ministre du Pétrole n’a jamais eu d’autre ambition que de servir Issoufou Mahamadou, là où il est actuellement. Il ne peut faire de l’ombre à Hassoumi, encore moins être un obstacle aux nouvelles missions dont il est investi. Hassoumi Massoudou le sait fort bien. Selon nos sources, c’est d’ailleurs l’ancien ministre des Finances qui a choisi d’être là où l’a consacré le décret du vendredi 20 septembre. À l’issue d’un entretien de trois heures d’horloge avec le Président Issoufou , précise-t-on. Que se sont dit les deux hommes ? On en sait très peu, notamment sur les conditions du retour de l’homme sans lequel Issoufou Mahamadou semble perdu et désemparé face aux défis à affronter.

Hassoumi a dû calmer l’ardeur et l’enthousiasme du Président Issoufou

Hassoumi Massoudou a-t-il été positionné pour être Premier ministre ? Les sources du Courrier n’en doutent pas. L’ancien ministre des Finances a dû même tempérer quelque peu l’élan et l’enthousiasme du Président Issoufou, très enivré d’avoir retrouvé plus qu’un ami et compagnon politique. Voulant tout de suite le propulser à la tête du gouvernement, Issoufou Mahamadou a buté au sang froid d’un Hassoumi Massoudou sûr de lui et persuadé détenir les clés de l’avenir d’un pouvoir si furtif en cette fin de second mandat du Président Issoufou. Hassoumi a dû, donc, tempérer l’ardeur du Président Issoufou qui pensait avoir trouvé, enfin, une solution de rechange à la volonté, maintes fois exprimée, de Brigi Rafini de se retirer. Une affaire de contexte, dit-on dans certains milieux du Pnds. Le pouvoir est à un tournant décisif où il faut sans doute un Hassoumi pour affronter l’orage qui se profile à l’horizon. À ce poste, sans l’être formellement, Hassoumi occupe déjà une station privilégiée qui fait de lui un Premier ministre bis. Ayant eu la grâce d’avoir échangé trois heures durant avec le Président Issoufou avant le réaménagement technique, Hassoumi a pratiquement été, ce Premier ministre visé par le décret en ces termes : « Sur proposition du Premier ministre, chef du gouvernement ».

Hassoumi Massoudou, dans l’antichambre de la Primature

Dans peu de temps, confient nos sources, Hassoumi Massoudou sera confirmé Premier ministre. À ce poste depuis neuf ans, Brigi Rafini, 67 ans, n’a pratiquement pas savouré les délices de la retraite après une carrière administrative bien remplie. L’âge, la fatigue tout autant que le stress, ont usé davantage l’homme qui, dit-on, a maintes fois exprimé son désir d’aller, enfin, se reposer. Mais il a buté régulièrement au refus poli du Président Issoufou. Il faut dire que Brigi a été pour Issoufou une véritable soupape de sécurité. Mais il est dit aujourd’hui usé, avec un seul souhait, celui de se retirer de la gestion des affaires publiques. Hassoumi Massoudou va, donc, faire ses armes en travaillant d’abord à l’ombre avant de prendre les commandes de la primature. Déjà en juillet 2018, le Courrier s’était demandé si Mohamed Bazoum ne serait pas le dindon de la farce, en soulignant que le président du Pnds pourrait connaître une fin de carrière dramatique. À la source de l’interrogation du Courrier, des confidences dignes de foi reçues de grands militants du Pnds. « Mohamed Bazoum ne sera pas le candidat du Pnds à la présidentielle prochaine », entend-on dire. Il y a mieux. Un grand bailleur de fonds du parti rose est allé plus loin en confiant au Courrier que « Hassoumi Massoudou est le choix caché de Mahamadou Issoufou et Mohamed Bazoum le sait sans doute ». C’était en juillet 2018. Depuis lors, que d’eau qui a coulé sous les ponts. Il y a eu le limogeage brutal de Hassoumi du gouvernement, la mettre de Pierre Foumakoye Gado informant du choix du président Issoufou pour le Pnds ainsi que le congrès d’investiture qui a consacré la candidature de Mohamed Bazoum à l’élection présidentielle. Puis…près de six mois après, c’est le big-bang. Hassoumi revient au premier plan, dans le rang de ceux qui, en dernier ressort, décident de tout.

Laboukoye  

28 septembre 2019
Source : Le Courrier

 

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