Manifestation de l’Opposition Politique Nigérienne : Message du Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République (FRDDR)

Message FRDDR 2000 personnes manifestent contre le gouvernement 28 09 2019 02Mesdames et Messieurs les Leaders des partis politiques et des organisations de la Société civile ;
Militantes, Militants des partis membres de l’Opposition ;
Nigériennes, Nigériens, mes chers compatriotes ;

Le 11 novembre 2018, à cette même Place de la Concertation, je vous présentais, au nom du FRDDR, la Stratégie Diabolique , mise en œuvre depuis 2011, par le Président de la République, Monsieur Issoufou MAHAMADOU et son Parti le PNDS-Tarrayya, en vue du démantèlement systématique, des Fondements Majeurs, de la République, de la Démocratie et de l’Etat de Droit au Niger.
Le FRDDR rappelait que c’est dans ce cadre qu’il faut comprendre et situer :

  • le concassage illégal et anti constitutionnel des partis politiques, et surtout ceux de l’Opposition en particulier;
  • la caporalisation illegale des médias publics, les musellements et intimidations, d’une certaine presse privée qui se veut libre et indépendante;
  • les velléités manifestes, d’instrumentalisation de la Cour Constitutionnelle et du système judiciaire en général, comme l’attestent les multiples interpellations et mises en garde, faites au gouvernement, par des syndicats de magistrats eux mêmes ;
  • le démantèlement du tissu économique avec la destruction arbitraire et irrégulière des Kiosques, boutiques et autres marchés urbains, ruinant ainsi, et même poussant à l’exode et à l'exil, beaucoup de nos compatriotes ;
  • les incarcérations illégales, et harcellements permanents des Leaders des Organisations de la Société civile ainsi que des Leaders des Partis politiques de l’Opposition ;
  • la mise en panne, à dessein, de tous les dispositifs institutionnels légaux, de dialogue, de prévention, de gestion et de règlement pacifiques des crises et des conflits. C’est, entre autres, les cas du Conseil de la République, de la Commission Nationale du Dialogue Social (CNDS) et du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP), etc.
  • les violations répétées de la Constitution, des Lois et textes fondamentaux qui régissent le fonctionnement de la Démocratie et de l’Etat de droit, comme la Charte des Partis politiques, le statut de l'Opposition et le Code électoral, entre autres.

Nigériennes, Nigériens, mes chers compatriotes ;
Depuis 2014, l’Opposition politique n’a eu de cesse d’interpeler les autorités nigériennes sur ce qui suit :
la nécessité d’un consensus national fort, autour de certaines valeurs et de certains principes; faute de quoi, notre cher pays, le Niger, court des risques certains.
l’impérieuse nécessité, de créer rapidement, les conditions d’organisation d’élections régulières, transparentes, inclusives et apaisées.
Malheureusement, le Président de la République Issoufou MAHAMADOU et son Equipe, arrivés au pouvoir , dans les conditions controversées que tout le monde sait, semblent croire, qu’ils ne sont redevables de rien devant le peuple nigérien , et persistent dans leur refus de trouver des solutions durables aux principaux défis auxquels le pays est confronté.
En effet, il n’est un secret pour personne, que depuis 2010, l’ensemble des acteurs électoraux, à savoir : L'Etat, les partis politiques et les autres parties prenantes, ont fait l’option au Niger d’un Fichier Electoral Biométrique.
C’est délibérément que ledit fichier biométrique n’a pas été institué avant les élections de 2015, par mauvaise foi et volonté du pouvoir d'organiser à nouveau des élections "tropicalisées".
Le fichier dit “classique ou manuel », ayant servi aux élections législatives et présidentielles de 2015-2016, qui devrait faire l’objet d’une révision annuelle, comme le prévoit la loi, n’a jamais reçu de traitement adéquat.
Pour couronner la mauvaise foi du Gouvernement, ce fichier a été déclaré non fiable par le régime pour simplement Différer les Elections Locales et mettre au pas tous les Conseils Municipaux. C'est pourquoi, le Gouvernement a adopté une Loi Scélérate permettant de reconduire ad aeternam les mandats expirés des conseils municipaux qui leur semblent favorables.
Lorsque le Conseil n'est pas favorable au parti du Président, ou que les conseillers refusent de faire allégeance malgré les multiples pressions, menaces et chantages, ils sont tout simplement dissouts sous des prétextes fallacieux.A l'image du cas de Niamey la Capitale des administrateurs délégués aux ordres du Pouvoir remplacent ainsi des personnes démocratiquement élues, afin de gerrer la cité sans aucun control et préparer la fraude électorale.
La conséquence d’une telle posture est qu’après un quart de siècle de vie démocratique au Niger, on est encore là, à tâtonner et à discuter des fondamentaux qui doivent régir les élections démocratiques. C'est bien Dommage! Le Niger aurait dû dépasser ce cap.!
Le débat démocratique aurait dû être centré aujourd’hui, sur d’autres questions essentielles, notamment celles du développement économique durable, de la satisfaction des besoins fondamentaux des citoyens et des générations futures en matière d'alimentation, d'éducation, de santé, d'emploi, énergie, équipements structurants, d'environnement, d'équité , de sécurité et de Paix social, de la lutte contre la pauvreté, l’impunité, les inégalités d’accès aux ressources nationales et les injustices, sources de frustrations diverses.) Mais apparemment, la préoccupation première du Président Issoufou Mahamadou et de son gouvernement est centrée sur les stratégies permettant :

  • L’affairisme des tenants du pouvoir et
  • La conservation du pouvoir d’Etat par le truchement de toutes manœuvres dilatoires, en dépit des mauvais résultats de gestion enregistrés par le régime depuis son accession au pouvoir.

Mes chers compatriotes,
Aujourd’hui les masques sont tombés.
Notre pays abordera dans peu de temps les échéances électorales de 2021.
La période des élections constitue une période de tensions porteuses de risques. Ces risques sont exacerbés au Niger par un contexte caractérisé par une mauvaise gouvernance généralisée sur les plans sécuritaire, politique, économique, social et diplomatique.
La soi-disant CENI dit vouloir démarrer l’enrôlement des électeurs pour l’élaboration du fichier biométrique pour compter du 1er octobre 2019 alors même que les millions d’actes d’état civil « préparés » à la suite des audiences foraines sont encore entassés dans des hangars, bureaux et autres locaux parce que non signés par les magistrats habilités à le faire.

  • Comment donc penser organiser des élections transparentes et justes avec un code électoral non consensual, non inclusif ?
  • Pourquoi autoriser le vote par témoignage alors qu’on veut réaliser un fichier biométrique?
  • Comment expliquer l’entêtement du Ministre de l’Intérieur à impliquer les Autorités administratives, coutumières et religieuses dans le processus électoral alors que celles-ci sont astreintes au devoir de réserve de par la Constitution et les lois de la République ?
  • Comment garantir la crédibilité du travail des commissions administratives dans un contexte où les Communes sont administrées par des personnes désignées de manière unilatérale par le Pouvoir seul?
  • Comment garantir la crédibilité de tout le processus électoral quand le Ministre de l’Intérieur, qui exerce la tutelle de tout le processus électoral est en même temps candidat déclaré aux élections de 2021 et bat déjà campagne avec les moyens de l’Etat au vu et su de tout le monde y compris son chef le magistrat suprême ?
  • Les Nigériens Accepteront-ils enfin passivement la réédition du scénario 2010-2011 et celui de 2015-2016 ? La question doit être méditeé par tous ! !

Mes chers compatriotes,
Notre pays est confronté à une recrudescence des attaques barbares menées par des terroristes et d’autres groupes d’individus prétendument islamistes, malgré l’instauration de l’état d’urgence dans plusieurs Régions comme Diffa, Tahoua et Tillabéry.
Malheureusement, ces attaques entrainent des morts, des blessés et des enlèvements de femmes et d’enfants.
L’opposition présente ses condoléances les plus émues aux familles endeuillées, souhaite un prompt rétablissement aux blessés et compatit aux douleurs des familles des blessés et des personnes enlevées.
L’opposition nigérienne, fidèle à son habitude, rend, une fois de plus encore, un hommage mérité aux Forces de Défense et de Sécurité pour leur vaillance et leur dévouement à la patrie.
Elle déplore l’incapacité du Gouvernement et du Président Issoufou Mahamadou à faire face avec efficacité à la question sécuritaire dans notre pays.

Mes chers compatriotes,
La généralisation de l’insécurité est le résultat de la mauvaise gouvernance du régime de la 7eme République.
Cette mauvaise gouvernance se matérialise par le fait que notre pays est classé dans le dernier rang de la planète en terme d’Indice de Développement Humain (IDH) depuis 2011, classement établi par les Institutions internationales compétentes. A cela s’ajoutent une explosion des inégalités, un délitement du tissu social et de la cohésion nationale, une remise en cause du "vivre ensemble", menaçant gravement la paix sociale.
L’opposition politique nigérienne insiste sur la nécessité de revoir les priorités de notre pays à travers notamment : une réallocation des ressources par secteur ; un meilleur choix des investissements ; la lutte contre les pratiques corruptives, le népotisme et les autres actes frauduleux ; le bannissement de l’impunité ; l’éradication des activités illicites et criminelles – connues de tous –.
Pourtant le gouvernement du Niger prend le contre-pied de toutes ces exigences et refuse de créer les conditions d’une synergie d’action de l’ensemble des forces vives en vue de relever les défis sus-cités auxquels le pays est confronté
Mes chers compatriotes,
Manifestement, il y a lieu de constater que le peuple du Niger est doublement pris en otage par une équipe, celle du régime de la 7eme République, dirigée par le Président Issoufou Mahamadou.
le peuple est pris en otage par une politique économique qui le rend de plus en plus pauvre et qui génère un nombre croisade de chômeurs vivant dans les villes et campagnes ou bien bravant tous les dangers au péril de leur vie pour traverser le désert du Sahara les mers et océans pour chercher le mieux être ailleurs que chez eux !!
C’est le résultat des mauvais choix économiques du régime qui ne tiennent pas compte des vraies préoccupations des citoyens ruraux et urbains ;
le peuple est pris en otage parce que privé de sa liberté de choisir ses dirigeants. En attestent la substitution des conseillers municipaux élus par des conseillers municipaux nommés par décret ainsi que la mise en route, par le Ministère de l’Intérieur, de mécanismes opaques et frauduleux de préparation et d’organisation d’élections qui sont, en démocratie, des occasions devant permettre au peuple de faire des choix alternatifs.
Aussi, la préoccupation de l’opposition politique et de tout acteur soucieux de la qualité de notre démocratie au Niger est-elle tournée vers la création des conditions devant garantir la crédibilité de tout le processus électoral.
Mes chers compatriotes,
Au vu de tout ce qui précède, l’Opposition politique nigérienne exige la création de conditions nécessaires pour l’organisation d’élections dans un environnement débarrassé de toute pression, manipulations et autres fraudes.
Aussi, appelle-t-elle à un dialogue inclusif entre Nigériens en présence de témoins nationaux et internationaux, dans l’intérêt supérieur de notre pays.
C’est pourquoi, l’opposition politique lance un vibrant appel à toutes les forces vives de la Nation afin de se mobiliser dans le cadre d’un sursaut national salvateur pour mener le combat pour un véritable développement et économique et social du pays et mettre fin aux velléités du régime de la 7eme République à installer de façon permanente une pseudo-démocratie au Niger.
En tout état de cause, le FRDDR est déterminé à utiliser tous les moyens légaux pour créer les conditions d’élections réussies et d’une alternance vraie, républicaine et démocratique dans notre pays.

Vive le FRDDR
Vive l’Opposition Politique Nigérienne
Vive la République
Vive la Démocratie
Dans un Niger de justice uni, laborieux et prospère

Fait à Niamey, le 28 Septembre 2019

Imprimer E-mail

Politique