Bras de fer SAMAN-Gouvernement : Le projet du gouvernement est une dérive monumentale

ges/Marou_Amadou_2015.jpgDepuis quelque temps, le Syndicat des magistrats du Niger (SAMAN) et le gouvernement sont à couteaux tirés sur un projet à controverse. Un bras de fer qui a occasionné quelques mots d’ordre de grève du SAMAN, décidé à ne pas laisser passer la réécriture frauduleuse et scandaleuse de l’article 25 du statut de la magistrature, adoptée par l’Assemblée nationale le 20 décembre 2019. Selon le SAMAN, le gouvernement, à travers son représentant, le ministre de la Justice, chercher à manipuler les consciences en omettant volontairement de souligner que le certificat de validation de la première année de master est également considéré comme diplôme de recrutement des magistrats. Or, selon toujours le SAMAN, il est clairement spécifié dans la modification votée par l’Assemblée nationale, s’agissant des diplômes exigés, « être titulaire au moins de la maîtrise en droit ou de master en droit. Toutefois, peuvent être autorisés à concourir, les titulaires de certificats de validation de la première année du master en droit ou tout autre diplôme reconnu équivalent ». Une aberration totale et une dérive certaine du gouvernement qui, selon un magistrat, devrait dans ce cas envisager que le test soit ouvert à tous les Nigériens, y compris ceux qui ne justifient d’aucun niveau de formation en droit et d’aucun diplôme quelconque ».

Alors que le SAMAN justifie son opposition au projet sur la base de certificat de validation de la première année de master, le ministre de la Justice, Marou Amadou, semble faire feu de tout bois, qualifiant la réaction, prévisible des magistrats, de dérives anarchosyndicalistes et corporatistes.

Marou Amadou, qui indique que « le SAMAN refuse de se soumettre à l’autorité de la loi », précise « qu’il serait en tout état de cause anticonstitutionnel que les juges dictent dans un Etat de droit, le contenu des lois, encore moins qu’ils s’opposent à leur exécution ». Une mention particulière qui, dit-on dans les milieux des magistrats, fait plutôt sourire lorsqu’on sait que le respect de la constitution n’a jamais été un souci pour le gouvernement de la 7e République.

Affaire à suivre  

11 janvier 2019
Source : Le Courrier

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