Libération du Chef de fil de l’opposition Hama Amadou : une page se ferme, une autre s’ouvre

Libération du Chef de fil de l’opposition Hama Amadou : une page se ferme, une autre s’ouvre Par les mesures de remise gracieuse de peine prononcées par le président de la République dans son dernier message à la nation consacré à la riposte contre le coronavirus, le président du Moden Fa Lumana Africa, également Chef de file de ‘Opposition nigérienne, sort de prison, à quelques trois mois de la peine qu’il purge dans une des prisons nigériennes, dans une zone d’insécurité, à un peu moins de 200km de la capitale, à Filingué. L’homme, depuis le Tazartché, aura tout connu : harcèlement, complots, prisons, déchéances, des procès expéditifs. L’Agenda, on l’aura compris, était d’écarter un homme du jeu, l’anéantir, l’enterrer politiquement. Quelle n’aura pas été l’odyssée qu’il connut, par la hargne et les rancoeurs d’hommes qui pouvaient, sans qu’on ne sache trop pourquoi, vouloir sa peau. Après cette histoire de fonds d’aide à la presse dont s’étaient servi ses compagnons politiques pour tenter de le liquider, le poussant, presque sans coeur, à la prison de haute sécurité de Koutoukalé et qu’un autre peut aujourd’hui utiliser selon ses convenances et ses rancoeurs pour faire mal à une presse mal pensante le détournant de son objectif qui est de soutenir la presse privée dans son ensemble pour le service public qu’elle rend, le voici qui revient dans le débat politique avec un parti qu’il créait, le Moden Fa Lumana Africa, avec des hommes et des femmes engagés, épris de justice, compatissants et sensibles à l’injustice dont il est l’objet, devenant ainsi un arbitre des jeux politiques, et courtisé et adulé pour ce rôle que lui et son parti pouvaient jouer.

Sortant de cette zone de turbulence, sans rancune, il revient à la politique, non sans gloire, adulé par de millions de Nigériens qui croient en sa capacité à donner espoir et dignité au peuple du Niger. Par ses conseils avisés – car tous les Nigériens peuvent aujourd’hui se souvenir de la portée de ses discours aux tons profondément politiques à l’Assemblée Nationale, discours attendus et écoutés par les Nigériens à chaque session – l’homme, incompris et brutalisé avait été mal jugé par certains caciques du système, ne voyant en lui qu’un concurrent impénitent et impérieux, et eurent l’idée cruelle de s’en prendre à lui, à sa famille, aux siens, à son intimité inviolable.

Depuis, face aux surdités de ses alliés, son parti et lui, décidèrent de prendre leurs distances avec le pouvoir pour regagner de manière responsable l’opposition. Ils ne connurent plus de paix, lui et son parti, lui et sa famille, lui et les responsables de son parti, lui et les militants de son parti qui endurèrent bannissement et exclusion, bâillonnement et prison. Pour autant, malgré l’exil, malgré la prison, malgré le climat national fait souvent de terreur policière, le parti et ses militants, le parti et ses dirigeants, ne baissèrent pas la garde et ils résistèrent non sans étonner un pays dans lequel les consciences se vendaient à qui mieux mieux aux enchères de la Renaissance. Depuis ce lundi soir, Hama Amadou, accompagné de Soumana Sanda un fidèle des fidèles et de son avocat Me. Mossi, en homme libre, regagne son domicile. Il a regagné sa famille en début de soirée, dans le calme d’une ville sous couvre-feu. Une page se tourne, horrible et grave, faite d’injustices et de cruauté politique. Oublions. Non, pardonnons. Et avançons. Depuis ce lundi soir, Hama sort d’un cauchemar marturant qui lui aura permis de comprendre davantage le Niger, les Nigériens, la vie et le combat politique. Il sort de l’épreuve plus que jamais aguerri, et plus que jamais fort et ambitieux pour son pays, le seul qu’il ait aimé toute une vie, confiant en l’avenir, en sa vie, en ce que Dieu, Suprême Créateur, pouvait décider pour les êtres. La vie ne se force pas. Bien d’hommes, désabusés, l’ont compris ce soir. Alors qu’ils pouvaient lui prédire le pire, le voilà qui sort, tenace et toujours débonnaire, gai, souriant, regardant avec assurance, un nouveau soleil qui se lève. Les aigris vont mourir, aime à dire un autre, mais rien et personne ne peuvent rien changer au destin d’un autre. Peut-être que ce soir où, dans la joie immense de militants et de sympathisants qui auraient pu exploser dans la ville et dans le pays mais tue par les silences d’une capitale sous couvre-feu vivant l’angoisse du coronavirus, d’autres devaient passer leur nuit la plus difficile de voir l’homme revenir. Ne les écoutons pas. Ne les regardons pas. Ils ne sont plus à la page.

Et avançons.
La caravane passe…

Gobandy

 04 avril 2020
Source : Le Monde d'Aujourd'hu

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