Amères vérités : Que cherche, vraiment, Issoufou Mahamadoun pour le Niger ?

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Les choses se gâtent. A la clé, la volonté, imperturbable du Pnds Tarayya et de ses dirigeants d’enfermer les Nigériens dans leur logique et leur choix. Le processus électoral en cours, dès le départ, a été décrié et contesté. Et pour éviter au Niger de tomber dans les affres d’une crise, préélectorale, électorale et/ou postélectorale, l’opposition nigérienne et la société civile n’ont eu de cesse d’en appeler à la responsabilité suprême du chef de l’Etat, Issoufou Mahamadou afin que des mesures de correction soient rapidement trouvées. Hélas, elles ont beau crier, hurler et menacer, leurs sorties médiatiques ont laissé Issoufou Mahamadou de marbre. Le problème,au Niger, c’est lui.

Issoufou Mahamadou a refusé de parrainer le dialogue national inclusif qui devait servir à vider les contentieux politiques, à créer les conditions d’un consensus national sur le processus électoral et à rendre possible la tenue d’élections démocratiques, apaisées et inclusives. Issoufou Mahamadou a refusé de créer par décret le cadre de dialogue national inclusif que son gouvernement a pourtant annoncé en …2019, comme une volonté de sa part de trouver des solutions justes et consensuelles à la crise politique et préélectorale qui couvait. Un président juste, républicain et démocrate se serait empressé de le faire. Ssoufou Mahamadou, lui, n’arrête pas de chanter qu’il va passer le témoin à un président démocratiquement élu, mais il refuse de se plier aux exigences primordiales.

Alors qu’il a refusé de faire droit à la demande de l’opposition pour le parrainage du dialogue national, Issoufou Mahamadou s’est permis, en violation flagrante de son serment confessionnel et de ses obligations constitutionnelles, de désigner, lui-même, le candidat du Pnds Tarayya.

Or, créer par décret le cadre de dialogue national ou le parrainer en président son installation est un acte de portée nationale et assurément porteur de consensus, donc, d’élections démocratiques, apaisées et crédibles. Il l’a refusé.

Issoufou Mahamadou préfère, donc, violer la Constitution en s’immisçant dans le jeu partisan que de servir un idéal national, républicain et démocratique. En un mot, Issoufou Mahamadou est le responsable, le principal responsable, de la chienlit politico-électorale qui prévaut et qui va nécessairement, il ne faut pas se faire d’illusions, déboucher sur une situation ingérable.

Aujourd’hui, il a convoqué, sans la moindre préoccupation pour ce que pourrait générer ce qui a été goupillé suivant sa volonté, le collège électoral. Il s’attend, donc, à mettre les Forces de l’ordre dans la rue pour imposer par la force, ce qui n’a rien de démocratique. Le Niger court un réel danger et l’attitude du Président Issoufou en est la source. C’est son attitude qui est la source des conflits induits par le processus électoral. C’est son attitude qui est à la base de la crispation politique et de ce processus électoral insolite que tout le monde sait porteur de périls prévisibles.

 

À propos du processus électoral qui va nécessairement générer des problèmes dont personne ne peut prévoir la nature, la portée et les conséquences, Issoufou Mahamadou a volontairement laissé pourrir la situation, sans se préoccuper, un seul instant, des conséquences fâcheuses sur la stabilité politique, institutionnelle et sociale du Niger. Il l’a si laissée pourrir qu’on se demande ce qu’il cherche pour le Niger.

Que cherche, vraiment, Issoufou Mahamadou, pour le Niger ?

Est-ce des élections inclusives, démocratiques et apaisées, gage de paix, de quiétude sociale et de transition à la douce ou des élections exclusives, biaisées et mouvementées, gage de troubles sociaux et politiques, voire de périls plus grands ?

Cette question doit être posée à tous les niveaux, par les Nigériens de toutes catégories. Le débat est nécessaire pour statuer définitivement sur le comportement plus que troublant de ce chef d’État qui prétend nourrir le meilleur des desseins pour son peuple, mais qui pose exactement les actes qu’il doit s’interdire. Issoufou Mahamadou peut-il vouloir d’une transition démocratique alors qu’il a tacitement – s’il ne l’a fait activement - encouragé et soutenu le processus électoral que l’on sait ?

Issoufou Mahamadou peut-il prétendre oeuvrer pour des élections crédibles alors que son gouvernement a signé, sous les auspices du candidat qu’il a imposé au Pnds, un accord avec l’opérateur technique sans avoir jamais rendu public ledit accord ? Issoufou Mahamadou peut-il faire croire qu’il milite pour des élections qui favoriseront la paix sociale, la stabilité politique et institutionnelle alors qu’il a accordé plus d’intérêt à des questions partisanes qu’à ce qui peut permettre d’unifier les Nigériens autour du processus électoral ?

La vérité est que Issoufou Mahamadou a préparé tout, sauf un processus électoral crédible et une transition démocratique. Si un Mohamed Bazoum s’est enflé d’ambitions présidentielles à ce point, lui qui n’a jamais gagné une élection législative à Tesker que grâce au soutien des partis alliés, c’est parce qu’il compte probablement sur un «doubara» quelconque. Un «doubara» dont les Nigériens ne sont pas totalement dans le secret, mais qu’ils imaginent aisément. Mais une autre question s’impose à l’analyse.

Mohamed Bazoum est-il aux yeux d’Issoufou Mahamadou un candidat sérieux ou un simple cheval de Troie destiné à brouiller les pistes ? Ce qui paraît évident, au regard de tous ces discours qui pullulent, peut ne peut être si évident que ça. Et de toute façon, les scientifiques disent que l’évidence est une vérité de surface. Alors ?

Alors, le Niger est dans une situation politique et préélectorale préoccupante. Une impasse, il faut dire, si l’on considère que, l’histoire de Mohamed Bazoum et de Djibo Salou, c’est l’histoire de deux coépouses dont aucune n’est ni rassurée, ni désespérée d’avoir le soutien plein et entier du mari. La fin de l’histoire, de toute façon, risque d’être cauchemardesque pour une des deux coépouses, sinon pour les deux.

Quant à Issoufou Mahamadou, il peut continuer à rêver de vouloir ruser. La ruse est un tour qui peut réserver des surprises désagréables pour celui qui en use.

BONKANO