La portée politique d’une tournée en profondeur : Les paroles fortes de Hama Amadou à l’endroit du peuple et des leaders du PNDS TARAYYA

La portée politique d’une tournée en profondeur : Les paroles fortes de Hama Amadou à l’endroit du peuple et des leaders du PNDS TARAYYA

Hama Amadou, depuis qu’il a connu et enduré des persécutions avec le régime, vécu la prison et toutes sortes d’humiliations, l’exil et le bannissement de la part d’un socialisme cynique, n’eut jamais eu l’occasion d’aller à la rencontre du peuple, le régime de la Renaissance ayant tout fait pour l’en éloigner afin qu’il n’ait aucune occasion de rencontrer ses militants pour échanger avec eux, et entretenir la flamme militante de ses troupes. Depuis plus de sept ans donc, les Nigériens ne le virent plus ou parce qu’il est en exil ou parce qu’il est dans les prisons du système. Quelques irréductibles du régime étaient d’ailleurs nombreux à crier victoire sur l’homme, certains pouvant même aller jusqu’à prédire qu’il ne reviendra plus dans le pays, dans son pays, le seul dont il peut pourtant se revendiquer. Quand on voit ces foules qui crient devant l’homme qu’ils adulent, peuton croire qu’on puisse l’exclure du débat politique national sans provoquer des colères nouvelles qui pourraient exploser, des colères qu’on ne saurait maîtriser.

S’éloignant du pays, pour attendre que les conditions d’un procès équitable soient créées et pouvoir faire face à des accusations qui le visaient, Hama Amadou ne peut que voir à son corps défendant, un système qui est décidé à l’écraser politiquement sans aucun souci pour la manière, tenant à l’anéantir politiquement avec une affaire inventée de toutes pièces, confiée à une justice pré-positionnée pour faire le reste, pour accomplir la sale besogne. Le régime se refuse à aller dans le respect des procédures, décidé à avoir une condamnation qui fait son affaire, notamment quand un autre, aujourd’hui candidat du pouvoir, pouvait prédire qu’il ne voyait pas comment Hama pouvait s’en sortir. Même la Cour de la CEDEAO, inféodée à l’autorité des chefs d’Etat avec pour président en exercice – curieuse coïncidence – le Nigérien Issoufou Mahamadou, ne put juger l’affaire pour dire le droit, se contentant, pour faire plaisir à un autre, d’une décision ridicule selon laquelle, elle «ne peut juger la chose déjà jugée» à un niveau national, montrant par-là même qu’elle n’a aucune raison d’exister si elle ne peut que se plier aux arrêts des Juridictions nationales alors même qu’elle a été conçue comme une juridiction supranationale, capable de redresser des torts en rejugeant des dossiers pliés maladroitement par des juridictions nationales.

Cette situation avait poussé Hama Amadou à revenir dans le pays pour faire face à son destin, sachant toute la fausseté qui entoure son jugement pour une affaire dans laquelle, le politique a refusé que l’aspect civil du dossier soit préalablement évacué pour d’une part protéger les droits des enfants, victimes collatérales d’un dossier concocté par des adultes qui peuvent faire feu de tout bois et d’autre part, justifier de la pertinence de ce qu’il faille aller au fond du dossier pour juger l’affaire. Sorti de prison depuis quelques semaines, se confinant pour de longues semaines pour respecter les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la pandémie du coronavirus, se tenant toujours loin de militants qui brûlent de le rencontrer, de communier avec lui, d’échanger sur la vie du parti, Hama n’attendait qu’une occasion pour resurgir sur l’arène alors qu’il gérait de manière souterraine la crise qui secouait son parti. Beaucoup, pouvaient croire que Hama Amadou, par ces mutismes stratégiques, pourrait avoir abdiqué pour renoncer au débat et à la lutte politique. Mais ceux qui le connaissent, savent bien qu’il n’en est rien, et qu’il n’est pas du genre à s’avouer vaincu. Il affûtait ses armes et en bon guerrier politique, il attendait le moment opportun pour investir l’arène. Et il est là. Et depuis des jours, des faucons se demandent comment le régime a pu laisser échapper un «fauve» qui ravage aujourd’hui leurs rêves, leurs projets, leurs plans. Ceux-là ne savaient pas tenir compte de Dieu dans les destinées humaines. Dieu est avec les Justes. Tant pis pour les méchants.

Le retour en force de l’enfant terrible de Youri…

C’est en profitant du congrès d’investiture du parti de son ami et frère, Omar Hamidou dit Ladan Tchana qui lui offre une tribune que Hama Amadou réapparaît sur la scène politique qu’il abandonnait depuis des années, pour s’adresser pour la première fois aux militants de l’Oppositions et à leurs responsables et au-delà aux Nigériens dans leur ensemble afin qu’ils mesurent la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays depuis quelques années notre pays. Malheureusement sans que des perspectives heureuses ne s’offrent à lui notamment dans la perspective malheureuse où la gouvernance actuelle devrait continuer. Puis il y a eu le congrès de son parti qui sortait de plusieurs mois de turbulences à l’occasion duquel, en plus de faire sa grande apparition devant des milliers et des milliers de militants exaltés. Il pouvait tenir l’un des discours qui témoignent de sa combativité qu’une persécution de plusieurs années ne réussit pas à tempérer, plus que jamais vigoureux et incisif, gardant toujours toute sa hargne qu’on lui connaissait et qui lui valut auprès de la presse le surnom «d’Enfant terrible de Youri».

Hama Amadou, profitant ensuite des inondations, est allé à la rencontre des populations sinistrées pour leur témoigner sa sympathie et sa compassion, sa solidarité et sa fraternité dans les épreuves qu’elles traversent. Ces sorties qui l’on conduit dans des quartiers de la ville de Niamey et dans des villages environnants, se trouvant sur les deux rives du fleuve, en amont et en aval de Niamey, puis à Téra, traversant tous les villages qui se trouvent sur la voie, puis, à Maradi, ont pu montrer l’envergure de l’homme politique, toute la place qui est la sienne dans le pays, toutes choses qui coûtent ces envies et ces jalousies politiques. De ces randonnées, l’on peut retenir deux réalités désormais irréfutables, une popularité jamais démentie de l’homme et la parole pointue d’un homme politique averti.

Ces sorties politiques de Hama Amadou, dans le contexte nigérien, traversé par des crises immenses, sont d’une portée politique indéniable tant pour le candidat qu’il est que pour une situation politique chargée de tant d’incertitudes. Par ces visites qui l’ont conduit auprès des Nigériens, le candidat du Moden-Fa Lumana Africa a pu montrer à l’opinion nationale et internationale sa capacité d’écoute pour mieux comprendre les préoccupations de ses compatriotes…

Comment ne pas saluer chez lui cette capacité, s’inspirant d’un “Kountchisme” qu’il a côtoyé, à aller à la rencontre du peuple, sans barrière, pour toucher du doigt les réalités qu’ils vivent ? Alors que nombre de leaders sont partis, dans le chaud comme on dit pour rencontrer les sinistrés, le président du Mnsd, Seïni Oumarou, ne pouvait partir qu’en fin de semaine dernière, pour témoigner avec tant de retard, alors même qu’il habite à Niamey, sa compassion aux populations sinistrées. Fautil croire qu’il ne s’y est pas rendu parce qu’il n’avait pas encore les millions qu’il distribuait pour se servir du malheur de ces compatriotes pour faire du marketing politique ? Pourquoi avoir attendu si longtemps quand tous les autres leaders s’y étaient rendus plus tôt ?

De Harobanda à Saga, de Karma à Boubon, de Sarando à Namaro, Hama est allé écouter les populations et voir par luimême le désastre causé par les eaux furieuses et pouvoir par la suite apprécier l’ampleur du désastre et mesurer en même temps les natures de l’assistance qu’il faut apporter à des populations qui se sentent abandonnées, ce que le patron de Mnsd vient en retardataire remarquer pour souligner l’insuffisance de ce que le gouvernement de Brigi Rafini aura fait pour y faire face.

Un homme d’Etat doit être à l’écoute de son peuple et c’est la leçon que Hama Amadou donne aujourd’hui pour montrer qu’on ne peut être en phase avec un peuple tant qu’on ne sait pas l’écouter, tant qu’on ne sait pas agir selon ses intérêts et ses préoccupations. Pour agir demain en faveur de ces populations, Hama Amadou sait désormais, par ces visites, quelquesunes de leurs urgences qui ne sauraient attendre, en tout cas jusqu’à une prochaine saison qui pourrait les exposer aux mêmes menaces.

Porter la robe de l’homme d’Etat…

Partout où l’homme est passé ces derniers jours, les Nigériens qui sont allés à sa rencontre, plus que jamais convaincus par son charisme, ont pu apprécier l’homme d’Etat pour voir en lui le leader pragmatique dont a besoin ce pays, le seul peut-être dans le contexte actuel, capable de le sortir de l’impasse et des situations assez préoccupantes dans lesquelles le pays s’est trouvé plongé par l’amateurisme d’un socialisme complexé et roublard. La personnalité morale du Moden-Fa Lumana est apparue pour les Nigériens qui l’ont rencontrée comme un fin connaisseur du pays et de ses réalités, de ses hommes et de leurs préoccupations, du peuple et de ses problèmes. L’homme qu’on a vu a rassuré bien de Nigériens qui pensent qu’avec lui les problèmes du pays seront résorbés et surtout que le Niger sera un pays de justice et de démocratie.

Incarner une Alternance crédible…

Hama Amadou, tout le monde l’a compris, est aujourd’hui de tous les candidats annoncés, celui qui rassure plus et qui, par son background politique, peut, mieux que tous, faire face à tant de défis qui se posent au pays. Son expérience, son pragmatisme, son sens de l’Etat, son patriotisme, son sens du consensus qui l’avait conduit alors qu’il était Premier Ministre à concevoir et à mettre en place le CNDP en vue d’apaiser le climat politique, de mieux gérer les relations politiques dans le pays pour prévenir les crises politiques, définissent pour les Nigériens l’homme politique qui est de loin le plus proche du peuple. Il a du reste, de par le passé, montré qu’il est l’homme des situations difficiles. Après avoir plongé le pays dans le marasme à la suite d’une politique du “Wassosso”, ainsi que le reprochait un acteur du système qui s’en était indigné sous l’AFC, Hama Amadou qu’une situation de cohabitation, poussait à occuper le poste difficile de Premier Ministre, et qui avait pu, même dans le contexte politique particulièrement tendu de l’époque, remettre de l’ordre dans la gestion économique et administrative de l’Etat. Puis, après ces errements politiques et le coup d’Etat qui s’en sont suivis, on le retrouve sous la 5e République comme Premier Ministre qui héritait d’une gestion chaotique avec quelques 13 mois d’arriérés de salaires qu’il reconnut car pour lui, continuité de l’Etat oblige, sa gestion ne saurait se soustraire de cette gestion antérieure qui constituait pourtant un boulet d’étranglement à sa gestion quand on sait les immenses défis qui se posaient et dont aucun ne saurait attendre. En homme politique fin, Hama avait su redonner le sourire aux travailleurs et en réussissant à remettre l’économie sur les rails, renflouant tous les comptes de l’Etat, et réglant les équilibres macro-économiques qui font du Niger un Etat crédible qui revenait dans le concert des nations. Témoigner d’une énergie et porter une parole forte… Ces derniers jours, les Nigériens ont pu découvrir un homme énergique, plein d’ambitions pour changer le Niger et mettre fin à l’anxiété de Nigériens qui doutent de leur classe politique qui, depuis trente ans, au lieu d’aller à l’essentiel, s’embourbe dans des querelles inutiles, des chamailleries interminables et futiles. On peut le voir, en bon sportif, avec quelle endurance il a enchainé les visites, souvent sous un soleil de plomb pour aller vers les populations pour leur témoigner toute sa solidarité et sa préoccupation par rapport aux problèmes auxquels ils font face. Partout où il est allé, Hama Amadou a tenu des paroles fortes en face d’un peuple qui s’effraie de l’avenir du pays. Le Niger a besoin d’un tel homme et les Nigériens l’ont compris. On comprend que des adversaires soient si tristes ces derniers jours depuis qu’ils peuvent aussi découvrir que l’homme qu’ils voulaient agenouiller est bien debout et fort, porté par un peuple qui le regarde comme le nouveau sauveur. La Renaissance, sans le savoir, par ses persécutions, le rendait davantage célèbre et populaire.

« En 2016 on nous a volé notre victoire, on nous l’a arrachée…»

Quand on voit les foules qui vont à l’encontre du Chef de file de l’Opposition, l’on ne peut que comprendre l’ampleur des malaises dans le pays. Par ces mobilisations fortes, tout le monde aura compris pourquoi en 2016, Hama Amadou avait été persécuté, jeté en prison et pourquoi aujourd’hui, pour lui arracher sa victoire, on tente de l’exclure des compétitions électorales. Les résultats électoraux de 2016, ainsi que l’avaient dit bien d’observateurs, avaient été manipulés et aujourd’hui, on peut bien se rendre compte que le Pnds n’a jamais, dans la réalité, occupé, la place qu’on lui avait arrangée et la preuve est que, d’abord le régime s’est refusé à tenir les élections locales et d’autre part parce que, pour tenir les prochaines élections générales, le Pnds joue à contrôler le processus, au détriment des autres partis politiques, appelés à jouer au suivisme aveugle, à la servilité politique. Et depuis Dosso, Hama avait été on ne peut plus clair ; montrant la foule qu’il a en face de lui : «On ne peut pas avoir cette masse d’hommes et de femmes déterminés devant soi et croire qu’on peut vous voler votre victoire».

Il prévient d’ailleurs à cette fin que 2021 ce n’est pas 2016. La menace est sérieuse : si l’on n’y prend pas garde, l’année 2021 risque d’être l’année de tous les dangers au Niger.

Gobandy