Le MNSD-NASSARA exclu des élections législatives à Maradi : Le coup de poignard d’Abdoulkadri Tidjani qui met Seïni Oumarou K.O

C’est un véritable coup de poignard que l’ancien secrétaire général du Mouvement national pour la société de développement (MNSDNASSARA), M. Abdoulkadri Tidjani, a donné au président de ce parti M. Seini Oumarou. En effet, donnant suite à une requête introduite par M. Abdoulkadri Tidjani, la Cour constitutionnelle a rejeté la liste du MNSD-NASSARA pour les élections législatives au titre de la région de Maradi. Dans son arrêt N°08/CC/ME du 3 décembre 2020, la Cour a indiqué que «par requête en date du 27 novembre 2020 le sieur ABDOULKADRI Tidjani, candidat du parti MDEN FALALA aux élections législatives de 2020, au titre de la circonscription électorale ordinaire de Maradi a saisi la Cour constitutionnelle aux fins de déclarer inéligible le sieur Issouofu Rabo, candidat du parti MNSD NASSARA au titre de la même circonscription au motif que ce dernier a fait l’objet d’une condamnation définitive à trois (3) ans d’emprisonnement dont un (1) avec sursis pour abus de confiance et escroquerie… ». Sur la base de cette requête et après vérification, la Cour a constaté que le casier judiciaire du sieur Issouofu Rabo, quoique portant la mention «néant», est frauduleux, ce qui a entrainé le rejet de la lise du MNSDNASSARA sur laquelle figure l’intéressé. C’est un coup dur que vient de subir le parti de Seïni Oumarou dont la région de Maradi est le principal fief après la perte Tillabéry et Niamey au profit du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA) et les dégringolades connues dans des régions comme Diffa et Dosso après le départ de certains de ses ténors vers d’autres partis politiques. Avec une vingtaine de députés et une troisième place au sein de l’actuelle Assemblée nationale, le MNSD-NASSARA aura toutes les peines du monde à conserver cette position dans le futur parlement, surtout avec la pléthore des partis politiques en compétition le décès récent de son père spirituel et ancien Président Président de la République Tandja Mamadou. Le bras de fer entre Abdoulkadri Tidjani et son ancien parti a commencé il y a quelques mois quand le MNSDNASSARA a procédé au renouvellement des membres de son bureau. Le problème s’est posé au niveau du poste de secrétaire général où la région de Maradi a présenté deux candidats, dont Abdoulkadri Tidjani, au mépris des textes du parti. Toutes les deux candidatures ont été rejetées et c’est finalement la région de Zinder qui a pris le poste de secrétaire général. M. Abdoulkadri et d’autres militants vont, par la suite, être exclus du parti, pour s’être opposés aux décisions du congrès. Jadis première force politique véritablement implantée dans toutes les régions du Niger, le MNSD-NASSARA a commencé à tanguer depuis 2007 quand l’opposition, dirigée par le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA) actuellement au pouvoir, a réussi à l’infiltrer en réussissant à créer une crise de confiance entre l’ancien Président Tandja Mamadou et son Premier ministre Hama Amadou. Ce dernier fut emporté par une motion de censure déposée par l’opposition qui ne disposait que d’une brochette de députés, avec la complicité de certains députés de la majorité, dont ceux du MNSDNASSARA. Avec l’emprisonnement de Hama Amadou dans le dossier de détournement présumé de 100 millions de francs CFA et l’arrivée de Seïni Oumarou à sa tête, le MNSDNASSARA s’engagea dans une véritable descente aux enfers, vivant des crises internes qui lui dont perdre des grands ténors et de nombreux militants à chaque tournant.

Hamidou Bello