Échec du «coup K.O» à l’élection présidentielle : Dieu donne une chance au Niger de renouer avec la démocratie et ses vraies valeurs

Échec du «coup K.O» à l’élection présidentielle : Dieu donne une chance au Niger de renouer avec la démocratie et ses vraies valeurs

Le «coup K.O» tant chanté par les partisans du candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDSTARAYYA) Bazoum Mohamed n’a finalement pas eu lieu à l’élection présidentielle. N’ayant obtenu que 39,33%, malgré le soutien d’une quarantaine de partis politiques, le «candidat favori» des médias français est contraint à un deuxième tour face à l’ancien Président de la République Mahamane Ousmane. Dans un pays à forte croyance musulmane, nombreux sont ceux qui pensent que l’échec du «coup K.O» est une chance que Dieu a donné au Niger pour renouer avec la démocratie et ses vraies valeurs, sérieusement mises à rude épreuve au cours des dix années de gestion du pouvoir par le parti de Bazoum Mohamed. Pendant ces dix années, tous les principaux piliers de la démocratie ont été démantelés par les tenants du pouvoir dans le seul et unique objectif de se maintenir au pouvoir aussi longtemps qu’ils le voudront. C’est ainsi qu’à travers des pratiques corruptives et des chantages, ils ont réussi à concasser tous les principaux partis de l’échiquier politique en vue de les fragiliser et faire du PNDSTARAYYA le plus grand parti politique du pays. Les syndicats et les associations de la société civile ont subi les mêmes manoeuvres de déstabilisation, au point la plupart ont cessé certains ont cessé d’exister et ceux qui existent n’arrivent plus à jouer le rôle qui leur est dévolu.

Même la presse privée, sur laquelle le PNDS-TARAYYA s’est basé pour mener son combat dans l’opposition, n’a pas été épargnée. Les médias qui ont accepté de jouer le jeu du pouvoir ont été financièrement appuyés, à travers des contrats à la Présidence de la République et au niveau des sociétés d’Etat, pendant que ceux qui ont choisi de garder leur indépendance ont été soumis à de fortes pressions des services des impôts et exclus de la liste des bénéficiaires du fonds d’aide à la presse sur des critères qui n’ont d’égale que leur subjectivité. Le PNDS-TARAYYA s’est aussi arrangé à avoir un contrôle total sur toutes les institutions de l’Etat, foulant aux pieds le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Entre valeurs que le Niger a perdues au cours des dix années de la gouvernance du PNDSTARAYYA, on peut citer la tolérance, l’intégrité, l’humilité et le respect de la personne humaine. Pour les responsables et militants du PNDS-TARAYYA, l’appartenance à un autre camp que le leur est un crime de lèse-majesté qui se paye par des insultes, l’exclusion à des postes de responsabilité au sein de l’administration et dans l’accès aux marchés et de fois même des arrestations et des emprisonnements. Oubliant que sous les précédents régimes eux n’ont jamais été inquiétés à cause de leur position d’opposants, ils ont passé les dix années de leur pouvoir à régler des comptes aux opposants. Les Nigériens ont été nombreux à ne pas comprendre que la gouvernance du PNDSTARAYYA soit celle où le Niger a connu les plus monstrueux détournements des deniers publics et des fraudes aux examens et concours, en se rappelant des discours que les dirigeants de ce parti tenaient sur l’intégrité quand ils étaient à l’opposition.

Le seul dossier du ministère de la défense nationale est un exemple vivant de la perte de la valeur de l’intégrité sous la gouvernance rose. Alors qu’ils étaient très sociables avec les Nigériens pendant toute la période où ils étaient dans l’opposition, les responsables et militants du PNDSTARAYYA étaient devenus arrogants et méprisant au fil des années de la gestion de leur pouvoir. Ils avaient développé des attitudes qui faisaient d’eux des citoyens à part entière, observant les autres citoyens avec dédain. La fameuse affaire dite des bébés importés, dans laquelle plusieurs familles ont été exposées à la vindicte populaire et la destruction des boutiques à Niamey et dans d’autres villes du Niger sont des preuves irréfutables du peu de respect et de la considération que les responsables et militants du PNDSTARAYYA ont pour la personne humaine. Même si, pour des calculs mesquins et alimentaires, certains grands partis appellent à voter pour le candidat Bazoum au second tour, beaucoup d’analystes pensent que les consignes de vote ne seront pas respectées à la lettre et les Nigériens pourront bien décider de tourner le dos à la tristement célèbre gouvernance du PNDSTARAYYA au soir du 21 février prochain, à l’issue du second tour de l’élection présidentielle.

Hamidou Bello