Second tour de l’élection présidentielle : L’heure de Mahamane Ousmane a sonné

Second tour de l’élection présidentielle : L’heure de Mahamane Ousmane a sonné

Un vent de panique a gagné les rangs du PndsTarayya. La raison ? Le second tour de l’élection présidentielle s’annonce catastrophique. Bazoum Mohamed, qui a bien tenté de réussir là où Issoufou Mahamadou a échoué, se retrouve dans de beaux draps. Il n’a pas pu, et c’était prévisible et attendu, obtenir le soutien des partis et leaders politiques dont il a rêvé de ravir les soutiens et alliances électoraux. Selon des sources politiques concordantes et crédibles, c’était ça qui l’a rendu irascible au point d’être désagréable vis-à-vis des partis convoités même entre les deux tours de l’élection présidentielle. Sur la chaîne de télévision Africa 24, il n’est pas passé par quatre chemins pour exprimer le peu d’intérêt qu’il accorde aux soutiens du Mnsd Nassara et du Mpr Jamhuriya. « Il ne faut pas oublier que le Pnds à lui-seul a 80 députés à l’Assemblée nationale et s’ils font bloc ensemble derrière Mahamane Ousmane, cela veut dire que nous allons former le gouvernement pendant 18 mois et eux se verraient reléguer à l’opposition », a répondu Bazoum, en substance. Des propos qui, en vérité, présentent Bazoum Mohamed sous ses véritables traits. Un homme bourré de suffisance, arrogant et qui peut à la limite se rendre méprisant vis-àvis des autres.

Si Bazoum fait beaucoup de tintamarre médiatique, c’est bien parce qu’il pense pouvoir combler le vide qui s’est créé autour de lui par une manipulation de l’opinion générale par les médias, notamment occidentaux

Dans ses démarches lui-même et par personnes interposées en général, Bazoum Mohamed a buté sur l’intransigeance d’acteurs et partis politiques qui ont bonne mémoire de tout ce que la gouvernance Pnds leur a valu. Mieux, il lui est reproché d’être pratiquement imposé dans la course à l’élection présidentielle. Conséquence, il se retrouve, au second tour, face aux mêmes qui n’entendent pas laisser passer ce précédent dangereux pour le Niger. Selon des sources politiques crédibles, si Bazoum fait beaucoup de tintamarre médiatique, c’est bien parce qu’il pense pouvoir combler le vide qui s’est créé autour de lui par une manipulation de l’opinion générale par les médias, notamment occidentaux. Une totale illusion au regard du sentiment nationaliste partagé de ne pas accepter ce précédent dangereux pour le Niger. N’ayant pas réussi à rallier à sa cause le Mnsd Nassara et le Mpr Jamhuriya, Bazoum fait dans le bruit incongru. Pendant ce temps, Mahamane Ousmane garde un calme olympien

Absolument, tout oppose Mahamane Ousmane et Bazoum Mohamed : l’authenticité des pièces d’étatcivil, le caractère, la qualité des rapports humains, les rêves pour le Niger, etc.

Déjà président de la République élu aux débuts de la démocratie multipartiste, en avril 93, Mahamane Ousmane partage manifestement le même destin qu’un autre valeureux fils de Zinder qui a retrouvé son trône, des années après l’avoir perdu. Adversaire, au second tour, d’un homme dont les pièces d’état-civil sont jugées frauduleuses, celui qu’on surnomme Nafarko 1er est certainement un destin similaire au sultan Aboubacar Sanda. Jamais, il n’a fait de bruit malfaisant contre son tombeur ; jamais, non plus, personne ne l’a entendu nourrir des récriminations contre Issoufou Mahamadou contre lequel, pourtant, beaucoup de gens estiment légitime de sa part d’être intraitable. Il a été, comme dirait l’autre, sage au point où des Nigériens l’ont volontiers traité de débonnaire. Absolument, tout oppose Mahamane Ousmane et Bazoum Mohamed : l’authenticité des pièces d’état-civil, le caractère, la qualité des rapports humains, les rêves pour le Niger, etc. Tandis que Mahamane prône le changement de paradigmes dans la gouvernance, épousant ainsi les aspirations profondes du peuple nigérien, plus-que déçu de ces 10 années de pouvoir rose, Bazoum Mohamed propose la continuité d’une gouvernance gravement entachée de corruption, de trafic de drogue, de détournements massifs des deniers publics, d’injustice, de violations délibérées et répétées de la constitution, etc. Dans moins d’un mois, si tout se déroule comme prévu par le calendrier électoral, Mahamane Ousmane va probablement renouer avec les rênes du pouvoir en succédant à celui qui ne s’attend pas à une telle version cruelle de l’histoire. Pourtant, il va devoir s’y conformer, la situation et l’évolution des alliances ne lui donnant la possibilité que de faire contre mauvaise fortune, bon coeur. Face à un Bazoum Mohamed dont la légitimité et la légalité de la candidature ont été contestées, Mahamane Ousmane apparaît comme un candidat sans adversaire valable. Le scrutin s’apparente d’ailleurs, aux yeux de nombre de Nigériens, à une sorte de référendum. Il s’agit d’élire un président nigérien d’origine pour le Niger et Mahamane Ousmane en est un.

Laboukoye