Rabiou Abdou et Kassoum Moctar dans le nouveau gouvernement : Deux jeunes qui on fait traîner beaucoup de casseroles partout où ils sont passés

Rabiou Abdou, celui que les Nigériens surnomment le “tueur” de banques est désormais à la tête du prestigieux ministère du Plan. Une nomination pour le moins anachronique qui confirme la volonté de Bazoum Mohamed d’assurer la continuité de la gouvernance de Mahamadou Issoufou. C’est lui Rabiou Abdou, qui piloté l’étude de création de la Banque agricole du Niger (Bagri), une heureuse initiative fortement saluée dans un pays où la majeure partie de la population vit des produits de l’agriculture et de l’élevage. Mais le château de cartes qu’il a construit n’a tenu que quelques maigres années face à la prévarication qui règne dans les milieux du régime. Le capital de la banque, de 10 milliards à son lancement, s’est…comme du beurre au soleil. Des prêts, de plusieurs centaines de millions de francs CFA, ont été contractés par des dignitaires et autres serviteurs du régime. Des prêts qui, selon des sources internes à la Bagri, ne sont jamais remboursés. Les investissements erronés du patron de la banque, Rabiou Abdou, ont été aussi pour quelque chose dans cette ruine rapide de cette institution bancaire qui aurait pu faire le bonheur du Niger en s’imposant comme le pivot du développement et de la prospérité de l’agriculture et de l’élevage. Partout, au Niger, essentiellement à Niamey, il a fait pousser des agences dont l’utilité est plus-que douteuse. Une croissance vertigineuse en un temps record qui a étouffé les capacités de financement de la Bagri. En outre, les recrutements au sein de la banque n’ont pas toujours répondu à des besoins réels et objectifs. On parle d’une véritable oligarchie qui s’est installée au sein de la Bagri, fondée sur le tryptique « Parents-amis-connaissances ».

Après la Bagri, c’est la Banque de l’Habitat

Vite retrouvée dans une situation de difficultés diverses, la Bagri n’était plus que l’ombre d’elle-même lorsqu’elle a été cédée à un groupe étranger. Elle était pourtant synonyme d’une volonté d’assurer la souveraineté du Niger à travers le financement, par une banque nationale, de l’agriculture et de l’élevage. Puis, lorsque la Bagri ne rrprésentait plus rien, Rabiou Abdou, militant du Pnds et gendre du ministre Karidjo Mamadou, s’est créé une autre idée juteuse. Le mythique Crédit du Niger est dissout. À la place, surgit une nouvelle banque, la Banque de l’habitat. Une nouvelle banque de grand standing qui sied à la dimension qui a échoué à faire de la Bagri l’outil de souveraineté qu’elle était censée être. « Nous oeuvrons pour votre souveraineté », dit le slogan. Du bluff que les Nigériens n’ont pas mis beaucoup de temps à découvrir.

Le stade Kountché, morcellé et cédé à des privés

Rabiou Abdou n’est pas le seul pied nickelé de l’équipe gouvernementale de Ouhoumoudou Mahamadou. Véritable sac à scandales partout où il passe, Kassoum Moctar, l’un des plus grands adulateurs de Bazoum Mohamed, est nommé, quant à lui, à la tête du ministère de la Formation professionnelle. À l’Equipement comme à la Jeunesse et aux Sports où il a séjourné il n’a laissé que d’amers souvenirs d’un ministre prêt à tout pour gagner de l’argent. Actuellement, nombre d’espaces vitaux du stade Général Seyni Kountché sont morcelés et cédés à des investisseurs privés, enlevant à l’institution des critères fondamentaux aux yeux des instances du football international. À la tête de la Formation professionnelle, un tel personnage ne peut être que néfaste. D’ores et déjà, on a enregistré de nombreux cris de coeur, des alertes et des appels au sursaut afin que le secteur soit épargné de ce personnage peu recommandable.

Des velléités de rompre d’avec la gouvernance issoufienne, mais…

La nomination de Rabiou Abdou au Plan et de Kassoum Moctar à la Formation professionnelle est un indice non négligeable quant à la volonté de Bazoum Mohamed d’assurer la continuité de la gouvernance issoufienne. C’est la même logique, très peu de place étant laissée au sérieux, à la rigueur et à l’intérêt général. Si ses partisans sont en train de faire grand bruit de sa volonté de rompre d’avec certaines pratiques dénoncées de son mentor et prédécesseur, Bazoum pose toutefois des actes qui parlent plus fort que ce qu’il laisser filtrer de ses velléités. Des velléités qui vont rapidement être mises à l’épreuve de la logique de prédation et d’enrichissement personnel qui a prévalu au cours des 10 années de pouvoir d’Issoufou Mahamadou. C’est un produit du système et un des plus authentiques. Il lui serait extrêmement difficile de se réinventer en mettant fin à des pratiques qui ont fait la force du pouvoir dont il est issu.

Rabiou Abdou et Kassoum Moctar, un indice de l’incapacité de Bazoum à s’émanciper de son mentor

Ces derniers temps, la rumeur publique fait état de la volonté de Bazoum Mohamed d’imprimer sa propre marque à la marche de l’Etat. Il aurait l’intention de supprimer certains postes budgétivores qui n’ont pas du tout justifié de leur utilité. C’est le cas des postes de directeurs de cabinet dans les ministères ainsi que ceux de conseillers avec rang de ministre. Une intention que les Nigériens attendent de voir se matérialiser. Quoi qu’il en soit, Bazoum Mohamed est dans des filets qu’il n’a pas tissés pour pouvoir évoluer comme il l’entend. En a-t-il d’ailleurs la volonté lorsqu’on prend en compte la nomination, à des postes stratégiques, de Rabiou Abdou et de Kassoum Moctar ?

YAOU