Affaire Ministère de la défense nationale : Un dossier avec lequel Bazoum Mohamed décide d’en finir !

Le Président de la république, Mohamed Bazoum, l’a dit et répété plusieurs fois, depuis son accession à la magistrature suprême du pays, que figurait parmi ses priorités premières, la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. Quelques jours seulement après sa prise de fonctions, il instruisit une inspection d’Etat pour faire la lumière sur le scandale financier, appelé ‘’Ibou Karadjé’’, du sobriquet de ce petit chef de service transport à la Présidence, qui a soutiré plusieurs milliards de nos francs des caisses de l’Etat, par le biais des LAP (Lettre d’Anticipation de Payement). L’affaire suit son cours judiciaire.

Aujourd’hui, c’est à une autre sale casserole du régime d’Issoufou Mahamadou qu’il s’attaque, en autorisant que l’affaire soit vidée une fois pour toutes, par la Justice. En effet, selon des sources proches du dossier, le Juge d’instruction chargé de l’affaire aurait demandé l’audition d’anciens responsables du Ministère de la Défense Nationale. Et parmi ces personnes, se trouveraient d’anciens ministres de la Défense, notamment Karidjo Mahamadou, Hassoumi Massaoudou et Kalla Moutari. Faut-il le rappeler utilement ici, ce scandale financier était parti des fuites d’une conversation privée du Ministre de la Défense de l’époque, professeur Issoufou Katambé, enregistrée à son insu par des visiteurs de son clan politique auxquels il se livrait sur la situation dont il avait hérité à ce département ministériel. Dans ces extraits audio ayant fait le tour des réseaux sociaux de la place, l’on pouvait entendre toute l’ire du professeur Kamtabé face au désastre financier perpétré dans ce ministère avant son arrivée. Gêné et contraint, le président Issoufou Mahamadou n’avait pas d’autre choix que de diligenter une inspection d’Etat au niveau de ce ministère aux fins d’investigations approfondies. Les inspecteurs d’Etat commis à cet effet avaient justement plongé leur nez dans ce labyrinthe, et quelle horreur ils y découvrirent ! Mais, malheureusement pour tous les assoiffés de justice, l’affaire en question ne connut guère l’épilogue que tout le monde espérait, sans doute à cause des enjeux politiques en présence, à l’époque. Finalement, le poisson sera noyé dans l’eau et le dossier classé dans les tiroirs, mais non classé sans suite. C’est justement-là la particularité des affaires judiciaires, car elles ont beau moisir dans les placards de la Justice pour causes d’entraves judiciaires, elles finiront, un jour ou l’autre, au gré des changements de circonstances politiques ou des intérêts en jeu, par refaire surface. C’est ce qui est, aujourd’hui, le cas du dossier du Ministère de la Défense Nationale, qui connaît de nouveaux rebondissements avec la requête du Juge d’instruction en charge de l’affaire destinée à l’audition de ces acteurs-clé du dossier. On ne sait pas encore s’il s’agit d’une audition à décharge ou en charge. Quoi qu’il en soit, les choses ne s’annoncent guère faciles pour le Président Bazoum, quand l’on sait les tenants et aboutissants de cette affaire et les conséquences politiques que son traitement judiciaire normal pourrait entraîner. Il ne s’agirait, ni plus, ni moins, que de fouiller dans la gestion de son prédécesseur et ancien mentor politique, Issoufou Mahamadou. Toute la problématique actuelle réside dans cette périlleuse équation pour le Président Bazoum, écartelé entre son désir sincère d’assainir et de moraliser la vie publique nationale, et sa conscience morale envers la personne à laquelle il doit beaucoup son pouvoir actuel. Comme on le voit, le dilemme s’annonce cornélien pour lui, et quel que soit le choix opéré, les conséquences seraient terribles pour lui ! Cependant, en homme d’Etat honnête, conscient du poids énorme du serment coranique prêté de diriger le Niger dans la justice et la droiture morale, l’enfant de Tesker se résoudra, certainement, à laisser la Justice aller jusqu’au bout dans ce dossier et n’entravera outre mesure le cours judiciaire de l’affaire.

Après la déclamation des bonnes intentions d’instaurer la bonne gouvernance au Niger, les citoyens nigériens attendent, aujourd’hui, plus de leur président qu’il grimpe à la vitesse supérieure, pour passer des paroles aux actes concrets ! Tout le pari du Président Bazoum se situe à ce niveau : pourrait-il franchir ce rubicond ? Toute la question est là !

Sanda