Annulation de l’échangeur du Rond-point des armées : Un cinglant désaveu pour Issoufou

La loi de finances rectificative adoptée le 27 octobre 2021 par l’Assemblée nationale a été un véritable coup de poignard pour l’ancien président. Le projet de réalisation de l’échangeur du Rond-point des armées qui était cher, a été annulé à l’issue de la loi rectificative de la loi de finances. Un échangeur dont il avait procédé au lancement des travaux, le 27 janvier 2021, histoire sans doute de lier son successeur et de le contraindre à laisser faire. Bazoum Mohamed ne l’entendait pas de cette oreille. Sans tambours ni trompettes, il a fait annuler ce projet insensé à plus d’un titre.

Outre les priorités et les urgences qui s’entrechoquent sans cesse, laissant peu de place à des dépenses superflues pour un homme d’Etat lucide et attaché au bien-être de ses compatriotes, les finances publiques accusent le coup d’une tension de trésorerie qui rendent quasiment impensables de tels projets. S’il a pu démarrer, ce projet aller remettre en cause des travaux d’aménagement de la place qui ont, à peine, deux ans de vie. 30,8 milliards de francs CFA, c’est tout de même beaucoup d’argent pour un gouvernement qui cherche à joindre les deux bouts. Actuellement, le gouvernement est contraint d’examiner à la loupe ses dépenses. Une rigueur absolue est observée par le comité de trésorerie. Toutes les dépenses font l’objet d’examen minutieux et tout ce qui peut paraitre superflu est rejeté. Il n’y a pas que le comité de trésorerie d’ailleurs. A tous les niveaux, on essaie, tant bien que mal, de faire des économies, de réduire les enveloppes budgétaires pour minimiser les charges de l’Etat.

La suppression de ce projet vient s’ajouter à d’autres remises en cause qui tendent à confirmer que bien qu’issu de la même famille politique, le président actuel n’est pas sur la même longueur d’onde que son prédécesseur.

Par-delà les priorités et les urgences qui contraignent pratiquement le Président Bazoum à faire une croix sur les dépenses superflues, et à la limite, absurdes de son prédécesseur, la décision d’annulation du projet d’échangeur du Rond-point des armées est un cinglant désaveu pour Issoufou Mahamadou. Il a dû ressentir cela comme une gifle. C’est probablement pour traduire son attachement à ce projet qu’il a procédé, avant de quitter le pouvoir, au lancement des travaux. Sur un budget qu’il n’a pas, malheureusement, la chance de faire exécuter. La suppression de ce projet vient s’ajouter à d’autres remises en cause qui tendent à confirmer que bien qu’issu de la même famille politique, le président actuel n’est pas sur la même longueur d’onde que son prédécesseur. Non seulement Bazoum Mohamed est soucieux d’un succès réel de sa gouvernance, mais il tient probablement à montrer un autre visage du socialisme nigérien. Une double préoccupation qui dérange au plus haut point l’ancien président.

La lutte contre la corruption, engagée par le Président Bazoum, est particulièrement citée comme la traduction de la volonté du président actuel de se démarquer totalement de ce qui a prévalu pendant 10 ans.

Le succès de Bazoum Mohamed, qui suppose une remise en cause totale de la gouvernance de son prédécesseur plombée, entre autres, par la corruption et les détournements des deniers publics, est quelque chose d’invraisemblable pour Issoufou Mahamadou. La lutte contre la corruption, engagée par le Président Bazoum, est particulièrement citée comme la traduction de la volonté du président actuel de se démarquer totalement de ce qui a prévalu pendant 10 ans.

S’il est vrai qu’il est comptable de cette gouvernance «issoufienne», il reste que Bazoum entend faire comprendre que cela n’aurait pas été ainsi s’il avait été le président de la République. Les inspections en cours dans maints grands services de l’Etat vont sûrement conforter ce changement.

Le souci du Président Bazoum, selon des sources politiques diverses, c’est de polir l’image du socialisme nigérien, largement corrompu par les pratiques «issoufiennes».

Le succès de Bazoum, c’est aussi, dans la foulée de la lutte contre la corruption, de donner un autre visage des socialistes nigériens. Des socialistes qui ont été d’abord assimilés à des défenseurs incorruptibles de la bonne gouvernance durant les années d’opposition, mais qui ont fini, à l’épreuve des faits, par incarner toutes les pratiques liées à la mauvaise gouvernance.

¨Le souci du Président Bazoum, selon des sources politiques diverses, c’est de polir l’image du socialisme nigérien, largement corrompu par les pratiques «issoufiennes».

Une entreprise dans laquelle il se sait devoir faire face à une opposition tenace de tous ceux qui se sentent menacés par cette prétention au succès. Issoufou Mahamadou, en premier, ne peut vouloir de ce succès de Bazoum Mohamed. Et selon toute vraisemblance, il va lui battre les bâtons dans les roues autant qu’il peut. En attendant, Les Nigériens, eux, apprécient de mieux en mieux cette prise en compte des priorités du pays.

Doudou Amadou