La réaction du gouverneur suite aux nominations du Conseil de ville de Niamey : Le patron de la région de Niamey méconnaît les textes de la République

Le partage des postes entre partis des majorités présidentielles est la pire des choses dans nos démocraties. Nos élites politiques, gloutonnes et égoïstes, ont corrompu toues les valeurs qui faisaient la fierté de Nigériens et qui forçaient et inspiraient le respect chez nos voisins. Aujourd’hui, la course aux nominations est devenue le sport favori des élites politiques. Un moyen, des plus vils, pour s’enrichir et enrichir parents, amis et partisans. C’est pourquoi, même entre alliés la lutte pour ces nominations est féroce. Tous les moyens sont bons pour y parvenir. Même au mépris de des lois et du bon sens. La dernière décision du gouverneur de Niamey en est une preuve suffisante. Lors de la dernière session du Conseil de ville, il a été procédé à la nomination des secrétaires généraux à la ville et dans les différents arrondissements communaux. Cela aura suffit pour que le gouverneur de Niamey, au motif d’un message radio du ministre de l’Intérieur et au mépris de la loi sur les Collectivités, dit que « les nominations sont nulles et de nul effet. » Pas moins que ça. Evidement la riposte du député maire et président du Conseil de la ville de Niamey n’a pas tardé. Il rappelle au gouverneur les dispositions pertinentes du Code Général des Collectivités Territoriales du 17 septembre 2010 qui dit en son l’article 3 que « les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus. Elles sont dotées de personnalité morale et l’autonomie financière. » Et l’article 86 dit clairement que « le maire crée et organise par arrêté, les services propres à la commune après délibération du Conseil. » le président du Conseil de ville de Niamey dira au gouverneur qu’en conclusion que « la nomination des secrétaires généraux des arrondissements communaux de la ville de Niamey n’est entachée d’aucune irrégularité et reste en vigueur dans toute sa plénitude. » A la lumière de cette affaire, le patron de la région de Niamey ne connaît pas les textes de la République. Dans ces conditions, deux solutions : se démettre ou être démis. Si tant est que nous ne sommes pas dans un République bananière.

Modibo