Visite du réseau des femmes parlementaires à la maternité Issaka Gazobi et au Centre Hospitalier Régional de Niamey : Les élues plaident pour un accompagnement adéquat au profit des deux structures

Les membres du réseau des femmes parlementaires de l’Assemblée nationale ont effectué, le jeudi 4 novembre dernier, une série de visites qui les a respectivement conduits à la maternité Issaka Gazobi et au Centre Hospitalier Régional ‘’Poudrière’’ de Niamey. Cette visite dont l’objet est d’apprécier la qualité des soins, les conditions de travail des agents et la prise en charge des patients, répond aux objectifs du réseau qui sont entre autres ceux de contribuer à l’amélioration du bien-être de couches vulnérables à savoir la femme et les enfants et de veiller à ce que les lois en faveurs de ces couches soient votées. Elle s’inscrit également dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale et de la loi de finances qui sera bientôt votée. La délégation est conduite par la 2ème vice-présidente de l’Assemblée nationale, honorable Hadiza Seyni Zarmakoye, présidente d’honneur dudit réseau et de la présidente de la structure, honorable Rabi Maitournam Moustapha.

La première étape de la visite a conduit les femmes parlementaires à la Maternité Issaka Gazobi où elles ont visité tous les services et les installations. Elles ont trouvé des agents qui s’investissent pour satisfaire les patientes malgré les conditions de travail difficiles. La maternité Issaka Gazobi est un établissement de référence où convergent tous les Nigériens. Ce qui explique sa situation de surcharge. Ce centre hospitalier assure la gratuité de la césarienne et la prise en charge des enfants au niveau de service de néonatologie et des cancers gynécologiques. Le Directeur Général dudit centre, Pr Madi Nayama et son staff ont mis en place un dispositif pour assurer la qualité de la prestation.

Cet établissement qui a pour mission principale de servir de cadre de référence, d’assurer les prestations gynécologiques, obstétricales, néonatales et post-natales du niveau tertiaire et des activités de planification familiale, d’assurer la protection fœto-maternelle, de servir de cadre de formation et de recherche en gynécologie, obstétrique et néonatologie est confronté à plusieurs difficultés dont l’exigüité des locaux à tous les niveaux, un surnombre de patientes doublé d’un  manque de place. Malgré cela le personnel se donne pour s’acquitter de son devoir. Au rang de ces difficultés, on note aussi entre 2006 au 31 octobre 2021 le non paiement des factures de la gratuité de soins qui s’élèvent à un montant de plus de deux milliards trois cent millions. Le centre a aussi une dette non payée aux fournisseurs entre 2010 à 2021 d’un montant de 2.154. 155.962FCFA. Le règlement des frais de la gratuité des soins constitue un problème majeur que le gouvernement doit vite prendre en charge.

Après la MIG, les femmes parlementaires se sont rendues au Centre Hospitalier Régional de Niamey où le directeur du centre M. Souleymane Issaka Bonkano a conduit une visite guidée avant de se retrouver dans la salle de staff pour des discussions générales. Les deux établissements ont les problèmes similitudes à savoir le non paiement par l’Etat des factures de la gratuité des soins, l’exiguïté des locaux, le problème de banque de sang et le manque d’appareil de production d’oxygène au Centre Hospitalier Régional. 

A l’issue de la visite des deux centres, la présidente d’honneur du réseau et 2ème Vice-présidente du parlement a déclaré que les deux structures ont tellement des difficultés qui doivent être réglées au plus vite. Pour cela, dès la semaine prochaine, les membres du réseau entendent interpeler le ministre en charge de la Santé Publique devant l'Assemblée nationale pour savoir de quoi il s'agit et pourquoi toutes ces difficultés au niveau de ces structures sanitaires de référence. En ce qui concerne le problème de disponibilité des poches de sang, l’honorable Hadiza Seyni Zarmakoye a promis que les femmes parlementaires vont organiser des journées de sensibilisation pour le don du sang. Elle a en outre incité ses collègues femmes à prendre en charge l’achat des climatiseurs pour les salles d’hospitalisation de l’obstétrique et de gynécologie à la maternité Issaka Gazobi.

Pour sa part, la présidente du réseau des femmes parlementaires, médecin de son état, a indiqué que les problèmes trouvés dans les deux formations sanitaires sont identiques. «Je pense que l’espoir est permis pour trouver des solutions. Nous savons bien que l’Etat, à lui seul, ne peut pas tout faire. Nous allons vers le financement innovant où les compétences managériales doivent être mises en exergue pour qu’ensemble nous jugulions les problèmes», a expliqué l’honorable Dr Rabi Maitournam Moustapha.

Il faut rappeler qu’en 2019, le ministre de la Santé avait effectué une série de visites dans les centres hospitaliers où il avait trouvé les mêmes problèmes. A cette occasion, il avait promis de les résoudre. Mais jusque-là, les inquiétudes restent intactes. Malgré les différentes contraintes auxquelles il est confronté, le personnel est motivé pour satisfaire les patientes. Le gouvernement doit enfin procéder à l’extension des locaux de ces deux centres hospitaliers et les accompagner pour le bien être des  femmes et des enfants.

 Seini Seydou Zakaria

09 novembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/