Portrait/Apstaou Bagaya : Une photographe passionnée du métier

Appareil photo accroché au cou, objectifs en main, Apsatou Bagaya marche la tête haute dans la ville de Niamey au cours des cérémonies et bien d’autres activités nécessitant d’être immortalisées.  Passionnée de la photo, elle exerce sans complexe le métier de la photographie.  Au Niger, la photographie est l’apanage des hommes compte tenu des considérations socioculturelles. Elles sont rares a embrassé la carrière de photographe, mais Apsatou a osé briser le tabou afin d’exercer un métier de son choix qu’est la photographie.  Destinée à être une experte en comptabilité après avoir effectué des études en comptabilité, elle a exercé juste pendant quelques mois dans ce métier. Impressionnée et attirée par la photographie au sein de l’entreprise où elle travaillait, Apsatou  a orienté son choix vers la photographie à Cotonou en 2006.

Elle a commencé sa carrière en prenant d’abord des vidéos pour une ONG à Cotonou au Bénin, avant de suivre près de deux ans une formation  en audio-visuelle. Face à son engagement et sa détermination de créer sa propre entreprise, elle a d’abord  mis en place un studio photo à l’Aéroport de Cotonou  en face  de la Douane. Ensuite, elle a créé son entreprise dénommée Apsath-photo. L’entreprise  a enregistré beaucoup de succès au regard de l’abnégation au travail de sa promotrice.  Apsatou est passée au fil des ans de l’amateurisme  au professionnalisme en diversifiant ses actions.

 Elle s’est investie pour que son rêve de créer une entreprise puisse se concrétiser en économisant des ressources. C’est grâce aux fonds économisés que  Apsatou a pu se procurer un appareil qui lui a valu un coût. Il fallait se doter du matériel pour s’imposer dans un environnement  concurrentiel. Au bout d’une année d’exercice, elle a acquis son premier appareil photo reflexe. La tâche est devenue de plus en plus ardue, le service de l’entreprise est sollicité ici et là, il faut faire appel à une main d’œuvre extérieure pour répondre aux besoins de la clientèle au sein du Parc d’Attraction où se situait son atelier. Elle a martelé avoir travaillé dur pour y arriver.

D’après elle, son succès a été construit sur la rigueur. « Je ne fais pas de la publicité, c’est la qualité de mon œuvre qui attire la clientèle » a-t-elle confié. Notons  qu’elle a adopté un système managérial qui l’a conduite vers des partenaires. Elle a convaincu des partenaires qui ont accepté son service. A cet effet, Apsatou faisait des prestations à plusieurs ambassades et écoles.

 Mais sous contrainte familiale, elle est rentrée au Niger en 2013 pour se marier. En 2014, elle a poursuivi ses activités au Niger en créant son entreprise pour avoir pris goût à l’entrepreneuriat. Apsatou Bagaya continue à œuvrer pour la promotion et l’autonomisation des femmes. Elle a travaillé près d’un an avec le Centre Culturel Franco Nigérien Jean Rouch de Niamey, et travaille aujourd’hui avec plusieurs institutions et organismes de la place.

En outre, elle a participé à des activités nationales et internationales non seulement pour exposer son talent, mais aussi pour renforcer ses capacités. En 2015, elle était à la Biennale photographique de Bamako. Elle a été sélectionnée à la suite d’un appel à candidatures.

Elle a, à cet effet organisé une exposition photo dénommée ‘’Taguia’’. A cette occasion, elle s’est rendue à Maidougouri au Nigeria dans le cadre de ses recherches. Son exposition a enregistré un grand succès. Elle a également remporté le 2éme prix lors du concours femme dédié  à la femme ‘’wahaya’’. Soucieuse de partager son expérience et son savoir-faire, elle dispense des cours en photographie à la Faculté de Lettres et Sciences Humaines de l’Université Abdou Moumouni de Niamey.

Apasatou a effectué des voyages touristiques dans plusieurs pays du monde à savoir l’Angleterre,  les Etats-Unis, la France, l’Espagne, etc. Ses voyages ont été instructifs. C’est pourquoi elle ambitionne de poursuivre ses activités à travers la recherche et l’innovation pour mieux faire.

Par Laouali Souleymane

27 novembre 2020

Source : http://www.lesahel.org/