Célébration de la 7ème Edition de la journée National de la presse au Niger : Remise des prix aux meilleures œuvres journalistiques et panel sur la contribution des médias dans la tenue des élections apaisées

La 7ème Edition de la Journée Nationale de la liberté de la presse a été célébrée hier 30 novembre avec pour thème «Journalisme en période électorale : la vérification des faits ou fact checking, la promotion de la culture de la paix, la coexistence pacifique des populations». Le lancement des activités a été donné par le ministre de la Communication M. Habi Mahamadou Salissou en présence du président du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) Dr Sani Kabir, des représentants des institutions de la République, du président du Conseil d'administration de la Maison de la Presse M. Ibrahim Harouna, des responsables des organes de presse, des journalistes et des étudiants de l'Institut de Formation aux Techniques de l'Information et de la Communication (IFTIC).

Cette journée a été décrétée en souvenir de la signature de la Déclaration de la table de la Montagne, par le Président de la République du Niger SE. Issoufou Mahamadou, le 30 novembre 2011. Dans son discours de lancement des activités, le ministre de la Communication a,  de prime abord, souligné l’importance du thème en cette période d’élections générales, période pendant laquelle, a-t-il dit, le sens du professionnalisme du journaliste sera mis à l’épreuve. Pour cela, a-t-il poursuivi, la vérification des faits, consistant à vérifier en temps instantané la véracité des faits et l’exactitude des données, sera un paramètre important, notamment à travers l’observation d’un code de bonne conduite. Aussi, a ajouté le ministre Habi Mahamadou Salissou, à l’heure des fakes news, fausses nouvelles ou infox, le public attend que les medias l’aide à faire le tri, particulièrement en période électorale où les manipulations et les mensonges peuvent se déplacer rapidement.

Le ministre de la Communication a, par conséquent, invité les journalistes à privilégier l’utilisation des techniques de vérification de l’information pendant la période électorale et à prendre davantage conscience de leur rôle majeur dans le processus des élections. «Les citoyens ont droit à des informations fiables, des informations à même d’apaiser l’environnement électoral et de promouvoir la participation de toutes les parties prenantes aux processus électoral. Les journalistes devront ainsi éviter de se laisser emporter par la course aux scoops et au buzz médiatique» a dit M. Habi Mahamadou Salissou. «Sans professionnalisme véritable, la liberté de la presse ne peux prospérer au Niger, c’est pourquoi l’Etat poursuivra ses efforts visant à créer toutes les conditions favorables à l’émergence d’une presse professionnelle, libre et indépendante et à l’amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes» a conclu M. Habi Mahamadou Salissou.

Auparavant, le président du Conseil d’administration de la Maison de la presse M. Ibrahim Harouna a, dans son discours, affirmé que toute la presse nigérienne met à profit cette journée pour faire le point de la situation de la liberté de la presse, pour évaluer leur travail en tant que professionnels des médias, pour dégager les perspectives et interpeller les autorités sur les entraves à la liberté de la presse constatées dans l’exercice de la profession.

Le président du Conseil d’aministration de la Maison de la Presse s’est félicité que l’année 2019 ait été marquée par une avancée dans le classement RSF publié le 20 Avril dernier. Ce qui n’était pas le cas des années 2017 et 2018 où beaucoup d’entraves à la liberté de la presse ont été constatées, particulièrement à l’occasion des couvertures médiatiques de certaines manifestations, tels que les mouvements des scolaires et étudiants où les forces de maintien de l’ordre se sont pris à des reporters, l’opération dite de «Redressement fiscal», déclenchée dans le secteur des médias qui a beaucoup affecté l’environnement des médias nigériens. Dans ce classement 2019 de RSF, a-t-il affirmé, le Niger a gagné 9 points, passant de la 66ème place à la 57ème place en 2020 sur un total de 180 pays étudiés. Dans ce rapport, RSF se félicite du fait qu’«aucun journaliste, aucun journaliste citoyen et aucun collaborateur n’ont été tués au Niger», contrairement à ce qui se passe dans certains pays, s’est-il réjoui.

Notons qu’au cours de cette journée, les meilleures œuvres journalistiques en catégorie presse écrite, presse en ligne et audio-visuel ont été primées.  S’en est suivi, d’un panel sur «Les medias en période électorale : les enjeux de l’accès de la vérification et de la diffusion de l’information» présenté par Saidou Ardji et d’une communication sur «Le monitoring du langage inapproprié en période électorale» présenté par le président de l’Observatoire Nigérien Indépendant des medias pour l’Ethique et la Déontologie (ONIMED) M. Abdou Maman Jaffarou.

S’agissant de la communication sur le monitoring du langage inapproprié, le président de l’ONIMED a, fait savoir, que l’ONIMED conduit un rapport mensuel sur le langage inapproprié dans les médias en période électorale. En effet, il s’est agi pour l’ONIMEP, de suivre quotidiennement l’utilisation des expressions indécentes par des acteurs et partisans politiques à travers les programmes radiophoniques. Ce rapport de monitoring a concerné 10 radios installées dans la région de Niamey et a mis en exergue différents types de manquements. Il s'agit ainsi de rassembler, d’analyser et de produire des rapports bihebdomadaires sur l’usage de langage abusif et de discours de haine lors des campagnes sur les 10 stations radio, de nommer et de dénoncer les auteurs de langage de campagne abusif.

Selon le président de l’ONIMED, les manquements portent sur le fait que les  médias se comportent comme des alliés des acteurs politiques avec pour conséquence l'instrumentalisation de l'information. Ainsi, pendant ce monitoring l’ONIMED a suivi environ 1080 émissions sur 4 mois. Ce qui a permis au tribunal des pairs de relever 101 expressions indécentes. Il s’agit notamment d’allégations, de menaces; d’incitation à la violence; de propos offensifs, de provocation, etc.

M. Abdou Maman Jaffarou a, par ailleurs, indiqué qu’à travers ce travail, l’ONIMED et son partenaire la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest-MFWA, souhaitent combattre les écarts de langage pendant les campagnes électorales et contribuer à la tenue des scrutins pacifiques au Niger. L’approche du projet consiste également à bannir les propos incendiaires, sexistes, et les insultes des acteurs politiques dans la couverture médiatique des campagnes électorales. Aussi, a ajouté le président de l’ONIMED, il s’agit d’accompagner les médias dans la couverture responsable du processus électoral de satisfaire ainsi à leur obligation de contribuer à la promotion et de la préservation de la démocratie, de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

 Aminatou Seydou Harouna

1er décembre 2020

Source : http://www.lesahel.org/