Transparence des opérations électorales : Qui a peur de l’utilisation du saint Coran ?

Transparence des opérations électorales : Qui a peur de l’utilisation du saint Coran ?

Dans un communiqué publié la semaine dernière, la direction de campagne du candidat de l’opposition pour le second tour de la présidentielle a informé l’opinion d’un message radio que le ministre de l’Intérieur a envoyé aux responsables administratifs à propos de l’usage du saint Coran dans les bureaux de vote au moment des élections. Selon ce communiqué, le ministre a instruit les différents responsables pour interdire cette pratique. Dans la même semaine, les autorités régionales de Zinder ont organisé une rencontre autour de cette question. La rencontre a été rehaussée par la présence du procureur de la République de Zinder qui a pris la parole pour mettre en garde tous ceux qui feront recours au saint Coran à l’issue des prochaines élections, notamment le deuxième tour de la présidentielle prévu pour le 21 février prochain. Qualifiant cet acte de «voie de fait», le procureur Chaibou Moussa a indiqué que toute personne qui fera usage du saint Coran fera face à la rigueur de la loi. Comme il fallait s’y attendre, cette réaction du procureur de la République de Zinder a suscité une vague de réactions.

A travers les réseaux sociaux et les médias traditionnels, de nombreux citoyens ont estimé que le procureur Chaibou Moussa n’a aucun droit d’interdire à des citoyens d’user le saint Coran pour éviter des fraudes lors des opérations de vote. Non seulement ces citoyens soutiennent qu’il n’y a aucune loi qui interdit ce procédé, mais ils pensent aussi que dans un pays où même des responsables au plus haut sommet prêtent serment sur le saint Coran, il n’y a rien d’anormal que ce livre saint soit utilisé pour lutter contre les fraudes aux élections, surtout dans une région comme Zinder où le recours au saint Coran pour combattre certaines mauvaises pratiques date depuis plusieurs dizaines d’années. Mais la question que beaucoup d’analystes se posent est celle de savoir qui peut être si dérangé par l’usage du saint Coran dans la lutte contre les fraudes aux élections pour que le ministre de l’Intérieur l’interdise et que le procureur de la République de Zinder fasse une mise en garde sévère à ceux qui en feront recours prochainement. On se rappelle que lors du premier tour de l’élection présidentielle et des législatives du 27 décembre, le saint Coran a été brandi dans certains bureaux de vote, notamment dans la région de Zinder, afin de dissuader tous ceux qui pourront s’associer à des fraudes.

Hamidou Bello