Appel à la jeunesse nigérienne : Par Maman Daouda Boukary

Jeunesse nigérienne, tu es l’espoir, tu es la force motrice qui propulsera notre pays vers le progrès et le développement. On ne peut construire sans toi et on ne peut détruire sans toi.
Je tiens à te lancer cet appel citoyen pour une synergie entre tous les jeunes du Niger pour qu’ensemble nous bâtissions notre pays dans la paix, la fraternité et la solidarité.
Je suis jeune comme tous les jeunes de mon pays, ambitieux, révolutionnaire et nationaliste. Ces sont ces caractères qui caractérisent la jeunesse nigérienne. Elle est très critique sur les dirigeants et la classe politique. Elle aspire à la révolution et à l’indépendance de notre pays de toute forme de domination impérialiste. Elle est contre l’installation des bases militaires étrangères dans notre pays et y voit dans ces dernières, une manière de piller nos ressources naturelles. Elle est contre la corruption, l’injustice et l’impunité. Cette jeunesse pleine de rêves et d’ambitions aiment véritablement sa patrie. Son désir le plus ardent est de voir notre pays se hisser au rang des pays développés.

Cette jeunesse ne veut rien d’autre que d’être écoutée, respectée et considérée dans la gestion de la nation.
En ce sens, notre pays nous a doté de cadres essentiels pour une participation plus active de la jeunesse dans le développement économique et social de notre pays. D’une part, il s’agit de la liberté d’associations. Nous sommes aujourd’hui nombreux qui ont créé une association ou une ONG dans le souci de contribuer au développement de notre pays. D’autre part, il existe des cadres de jeunes fédérateurs dont le Conseil National de la Jeunesse, le cadre de concertation de la jeunesse et le parlement des jeunes. Tous ces cadres comprennent en leur sein des jeunes dynamiques et compétents qui aiment la patrie et qui uvrent pour le développement de cette dernière.

Malheureusement, chers jeunes nous sommes aussi corrompus que nos parents que nous condamnons ou que nous critiquons. Nous sommes aussi mauvais démocrates que les politiciens que nous accusons de tous les maux. Nous sommes aussi mal organisés, divisés et égoïstes que nos politiciens. Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui, nous avons à la tête du Conseil National de la Jeunesse un Président qui est en dépassement de mandat. Ce dernier, a violé les les textes de l’organisation dont il a la charge de diriger.

Contrairement à lui, l’ancien Président, son Excellence Issoufou Mahamadou, a décidé de passer la main à un autre Président après deux mandats consécutifs conformément à notre Constitution. Cela est une leçon de démocratie pour toute la jeunesse nigérienne, qui doit s’en inspirer. Pour qu’une démocratie survive, il faut une alternance démocratique.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est vraiment temps que le Président du Conseil National de la Jeunesse accepte aussi de quitter son poste car la vie pour lui ne s’arrêtera pas là. Il a du talent et du potentiel qui lui permettront d’avoir une carrière plus florissante dans ses futures responsabilités. Je tiens personnellement à lui rendre un hommage mérité pour tout ce qu’il a pu accomplir au nom de la jeunesse nigérienne. Quoiqu’on dise de lui il a incarné le leadership de la jeunesse nigérienne au delà de nos frontières.

Mais n’empêche l’opinion nationale se pose pleine de questions, à quand le renouvellement du conseil national de la jeunesse ? Pour un pays qui vient d’avoir une alternance démocratique on a droit de se demander les raisons qui maintiennent un Président de CNJ en dépassement de mandat toujours en exercice. Et cela malgré les revendications et les révoltes intentées par la jeunesse pour le renouvellement de cet organe fédérateur de la jeunesse nigérienne.

Peu importe ces raisons, les respects des lois comme des textes réglementaires de nos institutions s’imposent à tous et toutes et à tous les niveaux.
Aujourd’hui, nous célébrons la journée internationale de la jeunesse, c’est le moment idéal pour notre jeunesse de faire un plaidoyer à l’endroit des autorités pour que non seulement le bureau exécutif du conseil national de la jeunesse soit renouvellé mais aussi pour les interpeller sur les problèmes que vivent les jeunes Nigériens. Ces derniers sont de plus en plus délaissés et ignorés dans les instances décisionnelles. Bien qu’il y ait des jeunes qui ont réussis d’être élu députés ou maires pour certains, et nommés conseillers techniques ou ministres pour d’autres. Étant 2/3 de la population nigérienne, nous avons toutes les raisons de croire et de dire que les jeunes méritent mieux.
Ils méritent mieux parce qu’ils continuent de souffrir de leur vulnérabilité et aussi des insuffisances de notre système pour les aider à mieux y faire face.

Les problèmes de la jeunesse nigérienne sont multiples et multiformes. En voici ceux qui attirent mon attention ci dessous :

De la délinquance juvénile
Les jeunes sont exposés aux comportements délinquants du tout genre. En ville comme au village, la consommation des drogues et stupéfiants du tout genre semble devenir la mode chez les jeunes qui en sont exposés. Malgré, leurs jeunes âges parfois des enfants consomment publiquement de marijuana, de l’alcool et autre dérivés des drogues très dangereux pour leur santé physique et mentale. Le plus flagrant, c’est de voir des jeunes filles qui s’adonnent à la prostitution au vu et au sue de tous et toutes. Face à ces comportements les parents sont de plus en plus impuissant et incapable de recadrer le comportement de leurs enfants. C’est pourquoi, les mesures existantes de lutte contre la délinquance ont besoin d’être renforcé. Mais aussi et surtout, les trafiquants qui importent des drogues doivent être maîtrisés, et les hôtels déguisés en maison de passe et de dépravation des mœurs doivent être recadrées.

De l’éducation
Les jeunes sont aujourd’hui victimes d’un système éducatif très défaillant qui ne cesse de prouver ses défaillances notamment avec le récents résultats des examens du BEPC et et du Baccalauréat. Pour certains ces résultats sont dus à la baisse du niveau des élèves parce qu’ils ne veulent pas étudiés et l’abondon des parents d’élèves qui ne contrôlent plus la scolarité de leurs enfants. Et d’autre considèrent qu’ils sont la conséquence d’un système éducatif défaillant créé par l’état.

En réalité ces résultats s’expliquent par l’un comme par l’autre. Bien que certains parents d’élèves ne contrôlent plus la scolarité de leurs enfants, au fil des années l’État a contribué à détruire l’éducation nationale par ses réformes multiples et multiformes mais aussi par la privatisation qui fait fuire les meilleurs enseignants vers les écoles privés au lieu de servir les écoles publiques. Et il faut le dire vraiment : l’État Nigérien est un mauvais payeurs. Les enseignants sont très mal payés et les infrastructures scolaires mal entretenues.

En outre, je suis arrivé à une conclusion intrigante par rapport à notre système éducatif, il semble que de CI à CM2 on initie les élèves à la langue française, et de 6ème jusqu’en terminal on initie les élèves aux fondamentaux de la littérature, mathématique, physique chimie….etc. Ça c’est dans la forme, mais dans le fond de CI jusqu’en terminal ce qu’on enseigne véritablement aux élèves c’est le français.

Pour un français né, ou pour celui qui réussi à apprendre la langue française dès la maternelle, il sera naturellement un brillant élève sauf s’il n’est pas assidue aux cours. Ce que je veux dire, les élèves nigériens accusent un retard de 13 ans à l’école pour n’apprendre que le Français de CI à Terminal par rapport aux élèves qui sont nés français et qui étudient dans leur langue de naissance. Rare sont ceux qui arrivent à maîtriser quelque choses de mathématique, physique chimie ou science de la vie et de la terre, les élèves mémorisent seulement pour obtenir la moyenne et passer au niveau suivant. Alors que si dès le bas âge les élèves sont initiés en mathématique, physique chimie et science de la vie et de la terre dans leur langue maternelle, ils acquiereront plus facilement des compétences et des connaissances dans ses domaines. Cela ne voudrait pas dire que le Français ne sera plus enseigné mais de prioriser les langues maternelles pour l’enseignement aux connaissances scientifiques et historiques.

Du chômage des jeunes
De nos jours, plusieurs jeunes diplômés sont au chômage et à la recherche d’emploi. Certains fraîchement sortie des universités publiques d’autre des universités et instituts privés, mais la plus part ils ont du mal à s’integrer sur le marché d’emploi. On a l’impression que le marché est saturé, que la demande est supérieur à l’offre. Sinon il est intrigant de voir pour une offre d’emploi pour recruter seulement 10 personnes, une marrée des jeunes qui font la queue pour déposer leurs dossiers de candidature. Cela doit nous interpeller, que la jeunesse cherche désespérément du travail. Ce dernier ne devrait pas être un privilège accordé à certains jeunes et non à d’autres. Le travail est un droit pour tous et toutes. Et l’État a le devoir de créer les conditions pour que tous les jeunes soit employés ou s’auto emploient. l’État doit reiventer l’emploi, et cela n’est possible qu’à travers l’entrepreneuriat.

En résumé, la jeunesse nigérienne mérite un cadre des jeunes qui fonctionnent selon les normes et les règlements qui le régissent. Sachant que l’éducation est la base de tout déveveppement. Quand cette dernière n’est pas bien dispensée c’est les jeunes qui en sont les premiers victimes et au delà l’avenir du pays sera compromis. Il faut garantir à la jeunesse une éducation civique, citoyenne, à l’éthique et aux valeurs fondamentales de notre société. Il faut aussi garantir l’emploi et l’insertion sociale et professionnelle à tous les jeunes.

Par Maman Daouda Boukary