Affaire Ibou Karadjé : Cherche-t-on à soustraire Ouhoumoudou et les autres

Pendant que Ibou Karadjé persiste et signe avoir travaillé sous les ordres de certains de ses supérieurs avec lesquels il partage les retombées des LAP, des esprits habités par l’injustice et la partialité, tentent de noyer l’affaire. Du reste, selon une source proche du Tribunal, Ibou Karadjé aurait même demandé à la justice d’organiser une confrontation. Une confrontation entre lui, Ouhoumoudou Mahamadou, Malika Issoufou, Chéloutan Mohamed et Dame OG Hadiza. Des personnalités citées dans le rapport d’inspection d’Etat pour avoir pris de l’argent sale provenant de LAP (lettres d’autorisation par anticipation). Une tricherie, une arnaque, qui a saigné le Trésor public nigérien.

Alors, dans le cadre de la recherche de la vérité les Nigériens s’attendent qu’ils soient entendus par la justice. Cela, au nom du principe d’égalité des Nigériens devant la loi. Parce que, tous les agents du ministère des Finances et du Trésor dont les noms sont cités dans l’affaire ont été entendus par la justice.

Certains sont inculpés et mis sous mandat de dépôt. Il serait, donc, inconcevable pour les Nigériens épris de justice, à ce qu’Ouhoumoudou et les autres ne puissent pas être entendus par la justice. Le principe sacro-saint de l’égalité des citoyens devant la loi doit être appliqué à tous égards. Et, c’est au nom de ce principe d’égalité et de vérité qu’il faut élargir l’instruction judiciaire pour entendre le premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou, les ministres et autres commis de la Présidence cités par Ibou Karadjé. Pour sûr, Ibou Karadjé ne saurait réussir à subtiliser 8 milliards de francs CFA pendant un peu plus de 4 ans sans des complicités en haut lieu au niveau de la présidence de la République. ‘’Lorsqu’on aperçoit la biche, nul besoin de suivre ses traces’’, comme l’a si bien dit le secrétaire général du syndicat national des agents des Finances sans une récente sortie médiatique.

On ne peut pas prendre des menus fretins et laisser les gros poissons en liberté dans un véritable combat contre la corruption et le détournement des deniers publics. C’est trop facile ! Ibou Karadjé a cité des noms de personnalités dans le dossier, il faut que celles-ci soient aussi entendues par la justice au nom du principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi. Si elles parviennent à prouver leur innocence dans l’affaire, tant mieux pour elles ! Mais au cas où elles ont une parcelle de responsabilité dans le détournement, les sanctions prévues par la loi doivent leur être appliquées dans toutes leurs rigueurs.
Vivement une justice républicaine.
Laboukoye