En attendant la crue du fleuve Niger : Les habitants des quartiers de la capitale et des villages riverains du fleuve dans l’expectative

Depuis quelques jours l’heure est à l’alerte générale pour les localités riveraines du fleuve Niger. L’objet de cette inquiétude vient de ce communiqué alarmant rendu public, le 11 août dernier, par le Directeur de l’Hydraulique du Mali, en charge de la Gestion des eaux de la retenue de Sélingué et du barrage de Markala. En effet, le communiqué annonce que « la société Energie du Mali SA procédera à l’ouverture partielle des vannes du barrage de Sélingué à compter du lundi 16 août 2021 à partir de 10 heures.».

Justifiant cette mesure par la forte pression des eaux retenues sur les installations du barrage, le Directeur de l’Hydraulique du Mali souligne que cette situation qui se traduira par des lâchers progressifs d’eau pouvant provoquer en aval une montée franche des niveaux d’eau du fleuve Niger. Aussi, prévient le communiqué, « dans le souci d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, les usagers et les populations riveraines du fleuve Niger sont invités à prendre les dispositions idoines pour éviter tout désagrément ».

Réagissant à cette situation, les autorités compétentes ont déjà entrepris des actions visant, à défaut d’éviter les inondations de certaines localités riveraines, limiter les dégâts. C’est le cas dans la commune rurale de Karma où le maire,  M. Abass Diallo, a déjà lancé un cri d’alerte en direction des localités de la commune se trouvant sur les rives du fleuve, leur demandant de quitter les zones à risques d’inondations. 

Mais en dépit de tout, l’on peut espérer que cette année, au regard des dispositions prises au niveau des zones à risques, la situation sera sous contrôle sur les rives du fleuve Niger. On se souvient que l’année passée, la situation a été chaotique tout au long des deux rives du fleuve où la montée des eaux a dépassé tous les pronostics, allant jusqu’à  provoquer la rupture des digues érigées pour la protection des quartiers riverains, notamment à Lamordé, Saga et Liboré.

C’est ainsi que pour prévenir pareille circonstance malheureuse, au niveau de toutes ces zones, les digues de protection des habitations et des aménagements hydro-agricoles ont été réhabilitées et renforcées. Au niveau par exemple de la digue de protection de  Lamordé, les niveaux bas sont rehaussés et les brèches sont colmatées. Les inondations à Niamey ont lieu généralement en saison pluvieuse, particulièrement au mois d’août, période où les pluies sont souvent abondantes et peu espacées. Mais cette année, en ce mois d’août à la rive droite, une zone vulnérable aux inondations, il n’y a pas eu d’inondation comparativement à l’année passée suite à la crue des eaux du fleuve.

Longue de 6 km allant du premier pont jusqu’au pont de Kourtéré, la digue réhabilitée permet de contrecarrer les eaux du fleuve Niger. Avec l’élargissement de cette digue et le curage des drains bouchés, l’on peut estimer que les habitations et les installations hydro-agricoles  sont à l’abri des effets dévastateurs de la montée des eaux.

A Saga comme à Liboré c’est un travail de Titan qui  a été réalisé dans le cadre de la réhabilitation de digues. Pour le cas de la digue de Liboré, il faut saluer l’action citoyenne des habitants de la localité qui ont mobilisé des moyens financiers et matériels consistants ayant permis la reconstruction l’ouvrage de protection de leurs habitations et des aménagements hydro-agricoles.

 Avec toutes ces mesures prises, on est en droit d’espérer que les dégâts seront limités même en cas de montée de la crue du fleuve.  Cependant, l’aspect inquiétant, selon tout constat, qui peut provoquer des inondations à la rive droite, sont les effets anthropiques. Il s’agit entre autres de l’obstruction des caniveaux par les déchets, là où ils existent, et l’occupation anarchique des cours d’eau empêchant ainsi le ruissellement des eaux vers le fleuve.   

En tout état de cause, comme beaucoup de capitales sahéliennes, Niamey n’est toujours pas à l’abri des inondations malgré les efforts consentis sur le réseau d’assainissement et dans  la réhabilitation des digues. En effet, dans les quartiers comme Saga, et ceux de la rive droite – Lamordé, Zarmagandey, Karadjé, Nialga, etc. les causes de ce phénomène récurrent sont diverses et peuvent résulter de la topographie  du milieu, de l’insuffisance d’aménagement mais également de l’action des hommes.

Par Oumar Issoufou(onep)

20 août  2021
Source : http://www.lesahel.org/