Sécurité/Levée d’interdiction de circulation des motos dans la région de Tillabéri : La population partagée entre joie et réticence face à la nouvelle mesure

1er septembre 2021, en ce premier jour de l’entrée  en vigueur de la levée d’interdiction de circulation des motos sur l’étendue du territoire de la région de Tillabéri, les motocyclistes semblent inquiets à sortir faire leurs courses sur leurs engins à deux roues. Pourtant, à l’annonce de cette levée partielle, à travers un arrêté du lundi 23 août dernier, par le gouverneur de la région, M. Ibrahim Tidjani Katiella, c’était des cris de joie et des youyous un peu partout dans la ville comme pour exprimer un ouf de soulagement. Curieusement, ces mêmes populations semblent, ce jour, réticentes par rapport à cette nouvelle mesure. En effet, on peut compter sur les doigts d’une main, les motos qui circulent sur les différents axes routiers de la commune urbaine depuis ce matin.

Les quelques motocyclistes qui circulent et certains citoyens ne cachent guère la joie qui les anime suite à cette levée d’interdiction de circulation des motos dans la région.

«Nous avons tant attendu ce jour depuis l’annonce faite par le Président de la République, M. Mohamed Bazoum lors de sa campagne pour l’élection présidentielle. Il a tenu sa promesse et nous lui en sommes entièrement reconnaissants», a confié M. Souley Amadou, un motocycliste qui s’est arrêté au niveau d’une station de la place pour prendre du carburant.

«Nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle mesure à savoir, la levée de la mesure d’interdiction de circulation des motos, annoncée il y a quelques jours par le gouverneur de la région car, depuis l’arrêt de circulation des motos à aujourd’hui, sur le plan sécuritaire, il y a eu beaucoup de progrès parce que les attaques ont beaucoup diminué et je pense que les résultats escomptés ont été atteints. D’où une levée partielle de cette mesure, étant donné que c’est pendant la journée que les motos vont circuler, soit du matin jusqu’au coucher du soleil», dixit un passant interviewé au niveau de la route principale (RN), ayant gardé l’anonymat. «Je me joins à l’ensemble de la population pour exprimer ma joie car, de 2017 à aujourd’hui, c’était un calvaire», a-t-il ajouté.

«Nous implorons Dieu qu’il nous assiste et qu’il protège la région et le Niger et que la levée de cette mesure ne soit pas une occasion permettant au banditisme et aux attaques de se multiplier», a-t-il souhaité. Ce dernier a par ailleurs appelé la population «à redoubler de vigilance car cette fois-ci il y aura beaucoup de circulation et on ne peut savoir qui est bandit et qui ne l’est pas. Je souhaite qu’il n’y ait pas des multitudes d’attaques même si les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont là et qu’elles veillent à la sécurité de la population».

Inoussa Ali, un autre usager soutient de vive voix que «cette levée est une bonne chose dans la mesure où ça peut accélérer les transactions et les activités quotidiennes des uns et des autres, mais aussi sur le plan économique», ajoutant « qu’il est sûr que le Gouvernement a pris les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité de tout un chacun».

M. Inoussa Ali pense également que «cela peut aussi être une mauvaise chose dans la mesure où, jusqu’à la date d’aujourd’hui, personne n’a la ferme conviction que l’insécurité a été totalement maitrisée dans la zone». Du coup « la levée de cette mesure peut être, selon lui, un facteur qui peut contribuer à propager et à aggraver la situation sécuritaire», d’où, un appel de cet usager à l’endroit des autorités pour sur les mesures à prendre, vu que ce sont elles qui détiennent les moyens nécessaires pour sécuriser la population.

D’aucuns pensent aussi que cela renforcera la sécurité étant donné que dans certaines circonstances et dans certaines zones, le manque de poursuite est dû au fait que les motos ne circulent pas.

Confrontée à une insécurité grandissante due aux attaques armées des terroristes et autres bandits armés, la région de Tillabéri est sous l’Etat d’urgence depuis 2017, rappelle-t-on.

Mahalmoudou Touré Maïmouna  ANP/ONEP

02 septembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/