Dosso/Développement : Moussadeye, un village historique et riche en potentialités

Moussadeye, c’est ce village situé à 42 km de Dosso. Village autochtone des maouris qui en sont les premiers habitants, Moussadeye est aujourd’hui, un véritable creuset de l’unité nationale où cohabitent plusieurs ethnies dont des djermas, des touaregs et des peulhs. Pour accéder, il faut emprunter un tronçon totalement dégradé surtout en cette saison des pluies. Les 42 km qui séparent Dosso de Moussadeye s’assimilent à un véritable parcours de combattant.

Situé dans le département de Loga, le village de Moussadeye est une grande agglomération disposant d’un marché hebdomadaire qui se tient tous les dimanches. L’histoire raconte que c’est un éleveur venant de l’Azawak nommé Moussa à la recherche d’un point d’eau pour abreuver ses animaux qui découvrit dans ce coin perdu un puits. Non loin, des voix lui parviennent ce qui prouve la présence d’êtres humains dans ces lieux. Quelle ne fut sa surprise en découvrant un peuple qui ignore l’existence de ce puits. Il s’agit d’un cultivateur Souley, un maouri avec ses trois enfants Mahar, Guimba et Aroubéri qui ont quitté Komdili-Béry leur terre natale pour s’installer dans ce nouveau paysage propice aux travaux champêtres.

Après son installation, Moussa et son logeur Souley visitent ensemble le puits. Une large concertation entre les deux hommes a abouti à donner pour la première fois un nom à ce village et c’est le nom de Moussadeye, (le puits de Moussa) qui sera attribué au village et le fils aîné de Souley, Mahar sera désigné premier chef du village de Moussadeye. Après sa mort, son frère Gimba lui succéda. Aroubéry le troisième frère sera lui aussi chef de village de Moussadeye. Selon l’actuel chef de village Elhadj Sadou Moumouni élu le 17 juillet 2021, Moussadeye a connu 21 chefs.

Les habitants de Moussadeye étaient aussi des grands guerriers. Leur prouesse, dit-on, s’étendait jusqu’au Burkina-Faso : un arbre à l’entrée du village étaient leur génie protecteur. Selon la légende, cet arbre rendait invisible le village en cas d’attaque d’ennemis. Le puits découvert par Moussa possédait aussi ses mystères. Tous les sacrifices se déroulaient au puits. Les animaux ou même les humains qui tombent dans ce puits, étaient automatiquement rejetés par une force mystérieuse. Hélas avec le temps, le modernisme aidant, tous ces mystères ont presque disparu.

Aujourd’hui, les populations de Moussadeye ne vivent que de l’agriculture, de l’élevage et du petit commerce. Plusieurs services techniques à l’image de ceux de l’agriculture, de l’élevage, de la santé, de l’éducation etc. ont vu le jour à Moussadeye. Sur le plan commercial, les femmes du village excellent dans l’extraction d’huile d’arrachide, de pâte d’arachide et du tourteau qui leur procurent des revenus substantiels. Cependant elles souhaitent un appui pour moderniser leur activité.

Le marché hebdomadaire de la localité a aussi besoin d’être modernisé estime le chef du village Elhadj Sadou Moumouni qui, par la même occasion, a beaucoup insisté sur l’état très dégradé de la route construite en 1972. «Le goudron qui quitte Niamey en passant par Baleyara s’arrête à Loga. Il est indispensable, a-t-il affirmé, qu’il soit prolongé jusqu’à Dosso pour permettre aux véhicules et aux usagers de voyager dans la commodité».

Dans le domaine de l’éducation, les populations de Moussadeye ont entamé la construction de deux classes, mais compte tenu de leurs moyens très limités un appui des bonnes volontés est indispensable pour achever les travaux a notifié le chef de village. Cette année, la campagne agricole s’annonce prometteuse à Moussadeye et les principaux acteurs que sont les agriculteurs et les éleveurs vivent en parfaite symbiose. Le chef du village souhaite en outre la réhabilitation du site maraîcher pour freiner l’exode des bras valides. Il sollicite enfin l’appui de l’Etat, des projets et programmes dans les grandes actions de développement de la localité.

Mahamane Amadou ONEP/Dosso d’après une interview en djerma de Issa Halidou dit Modikaina

15 septembre 2021
Source : http://www.lesahel.org/