Affaire du concours des douanes : À quand la fin de l’imbroglio ?

Affaire du concours des douanes : À quand la fin de l’imbroglio ? Les 22 et 23 février 2019, l’Etat a organisé un concours en vue du recrutement de spécialistes pour le compte de la direction générale des douanes. Depuis, alors que la liste des admissibles est rendue publique et que les intéressés étaient au stade de l’enquête de moralité, c’est le blocage total. Des bruits d’irrégularités ayant entaché le concours ont couru, puis le syndicat des agents des douanes, le Snad, est rentré dans la danse, dénonçant de graves fraudes qui rendraient caduc n’importe quel concours digne du nom. Saisie de l’affaire, la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (Halcia) a investigué et déclaré, en fin de compte, que « sur les 162 candidats déclarés admissibles, 102 ont satisfait aux conditions légales et règlementaires requises et doivent en conséquence être déclarés admissibles ». C’est le pavé dans la mare. Le ministre des Finances n’a pas donné de suite à l’enquête de la Halcia. N’y a-t-il pas trouvé du crédit ? On n’en sait pas plus.

Toujours est-il qu’aujourd’hui encore, plus d’un an après ledit concours, c’est le statut quo. Malgré, par ailleurs les interventions du médiateur de la République, maître Sirfi Ali Maïga qui a saisi, le 26 février 2020, le ministre des Finances d’une première lettre portant en objet « réclamation des admissibles aux concours des douanes organisés les 22 et 23 février 2019 ». Une lettre restée sans réponse. Le médiateur de la République ne s’avouera pas pour autant vaincu. Il revient à la charge le 2 avril 2020, avec, cette fois-ci, une recommandation adressée au ministre des Finances. L’engagement de maître Sirfi à trouver une solution à ce problème ne peut être démenti. Tout comme le combat, légitime, des concernés. Cependant, des observateurs avertis ont déclaré avoir perçu un couac dans la démarche du médiateur. Dans la recommandation du 2 avril, il a notamment écrit que « l’attitude du ministre des Finances est de nature à déprécier le crédit de l’Etat, à engager la responsabilité de l’administration et même des responsabilités personnelles ». Une mention dont il n’a sans doute pas besoin dans une démarche de médiation. Le ministre des Finances décide, encore une fois, de faire la sourde oreille. Mais le combat est loin d’être terminé. Sur saisine du Snad, la chambre du contentieux du Conseil d’Etat a statué, en son audience du 8 avril 2020, sur la requête dudit syndicat tendant à obtenir l’annulation pour excès de pouvoir des arrêtés n° 199 à 218 du 14 mai 2019 portant listes des candidats déclarés admissibles. Et, de l’eau au moulin de ces derniers, le Conseil d’Etat a déclaré irrecevable le recours en annulation pour excès de pouvoir introduit par le Snad. L’arrêt du Conseil d’Etat va-t-il enfin mettre un terme à ce feuilleton et réparer le tort fait à ceux qui ont mérité leur admissibilité au concours ?

Laboukoye  
10 mai 2020
Source : Le Courrier