Lutte contre la corruption : Où en est la HALCIA, avec le dossier du Hadj 2019

Lutte contre la corruption : Où en est la HALCIA, avec le dossier du Hadj 2019Dans une déclaration publique, des agences d’organisation du pèlerinage ont, demandé la démission du Haut Commissaire à l’Organisation du Hadj et de la Oumra (COHO) qu’ils accusent de corruption. Cette démarche fait suite aux graves révélations d’Elh Salissou Rabiou sur des pratiques corruptives qui ont cours dans le secteur. Salissou Rabiou est membre du comité préparatoire du hadj 2019 et également représentant des agences de pèlerinage en mission à la Mecque. La main sur le livre saint, devant la Kaaba, il a juré de dénoncer ces pratiques indignes qui se font dans un secteur, pourtant sacré : le pèlerinage qui est l’un des cinq (5) piliers de l’Islam. Selon Salissou Rabiou, des membres du COHO ont octroyé des marchés, précisément celui de la restauration des pèlerins, ces « hôtes de Dieu », contre rétribution, des pots de vin. Lire la lettre d’un pèlerin qui dénonce le calvaire qu’ils ont vécu.

La lettre d’un pèlerin nigérien de Hadj 2019

Sincèrement, je pensais que j’allais quitter la terre sainte sans trouver à redire sur le COHO, mais que neni ! Car il y a des choses qui suscitent la désapprobation générale, voire l’indignation totale. Alors que les pèlerins (hadj et Oumra) pensaient opérer les rites 2019 dans les conditions les meilleures, les choses se déroulent actuellement de la manière la plus abjecte pour eux. En effet, le COHO, l’instance érigée au Niger pour organiser le hadjj et la Oumra, passe plutôt aux yeux des pèlerins comme cette structure qui nuit gravement à la conduite des opérations ici, à Mina. Déjà, il est important de rappeler que le pèlerin nigérien débourse exactement 112 000 FCFA pour la restauration d’à peine trois nuits à Mina et éventuellement sur certains sites souvent inaccessibles aux restaurateurs, pour des questions de sécurité. Et donc le COHO devait normalement suppléer les restaurateurs dans ces conditions. Malheureusement, c’est ce moment que les membres de cette institution choisissent pour affamer les pèlerins.

Ainsi, depuis bientôt trois jours, les pèlerins sont à la diète. Ils végètent dans le dénouement total du fait du manque de nourriture en temps voulu. Pas de petit déjeuner, le déjeuner se confond au dîner. Certains jours, aucune prestation n’est garantie. Les pèlerins sont surexposés et n’arrivent pas à accomplir convenablement certains rites. Ils n’arrivent tout simplement pas à manger.

Tenez, aujourd’hui par exemple, jour de fête, le COHO, comme pour choquer les pèlerins, a choisi de présenter du haricot mal cuit dans la journée et la nuit, le plat tarde à venir. Certains pèlerins n’ont pas vu la couleur des assiettes devant contenir le dîner. C’est la sempiternelle navigation à vue pour le pèlerin nigérien. Alors qu’aux alentours immédiats, les pèlerins d’autres nationalités se la coulent douce. L’heure est grave, mais le COHO et ses membres ne sont guère embarrassés. Apparemment, cette mégastructure a le soutien de qui vous savez et elle choisit de faire ce que bon lui semblent, au détriment des pèlerins. Sinon, comment expliquer ces fautes répétées ?

Que faut-il comprendre ?

Face à un COHO qui se sait d’office impuni malgré tous ses revers, la question qui taraude l’esprit des pèlerins est de savoir pourquoi certains thuriféraires du régime choisissent les lieux saints pour s’en prendre vigoureusement aux pèlerins, aux risques de mettre à rudes épreuves leur culte. Normalement, les pèlerins effectuent le hajj et la Oumra avec leurs propres moyens. Si l’Etat n’est pas là pour faciliter et améliorer l’accomplissement des rites, de grâce, qu’il ne le complique pas, aujourd’hui. Nous demandons simplement à Allah de se mettre entre nous et les imposteurs. Aux dernières nouvelles, le Haut commissaire a fuit le camp de Mina pour se réfugier à la Mecque pendant que les pèlerins souffrent à Mina. Plus de 500 pèlerins n’ont pas eu de tente à Mina alors qu’ils ont payé 120.000 FCFA pour le séjour à Mina. Quant aux membres de la mission Hadji, ils n’ont pas eu également de tentes parce que le COHO n’a pas payé pour eux. Ils ont passé le temps à vouloir squatter chez les agences qui les chassent dès lors qu’elles se trouvent confrontées à des situations difficiles.

Abdoulaye Seyni

20 octobre 2019
Source : Le Monde d'Aujourdhui

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