Centre ‘’Rahama’’ : Une lueur d’espoir pour les enfants orphelins

Rahama est un Orphelinat sis au quartier Aéroport de Niamey fondé par Almou Allim Oumar, un homme soucieux de la réinsertion des enfants orphelins. Il a décidé de mettre sur pied cette structure à partir d’un constat sur la situation et le devenir des enfants orphelins issus des familles démunies. Des enfants dont l’éducation n’est pas prise en charge convenablement. Ce qui pousse beaucoup d’entre eux à la délinquance et dans le meilleur des cas à la mendicité.

Ce centre accueille aujourd’hui plus de 80 élèves filles comme garçons âgés de 9 ans et plus avec des profils différents. C’est le cas de Abdoulaye Oumarou orphelin depuis son bas âge, admis et logé dans cet Orphelinat depuis 2017 et qui fréquente la classe de CM2 ; Nana Firdaoussou Ali orpheline également en classe de CM2. Quant à Mahamane Chamsidine en classe de CM2 aussi, il a commencé ses études à Abidjan en Côte d’Ivoire. Mais après le décès de son père, il était obligé de revenir au Niger avec sa Maman. Mais cet enfant désespéré au départ est aujourd’hui heureux d’être accueilli dans cet Orphelinat. Il compte continuer ses études et rêve de devenir infirmier. Ces enfants ont tous rencontré des difficultés qui les ont contraints à abandonner le banc de l’école après le décès de leurs parents. Pour eux, ce centre est une opportunité qui s’offre à eux pour réaliser leurs rêves. Et déjà, ils confient avoir appris beaucoup des choses grâce à l’engagement et à la disponibilité de ce centre.

En effet, Almou allim Oumar avait déjà des enfants orphelins qu’il prenait en charge au niveau des différents établissements publics et privés de la capitale. Après l’ouverture du Centre en 2008, cet homme au grand cœur a décidé de les rassembler dans un même endroit. C’est ainsi qu’il a commencé à ramener les élèves qui sont inscrit dans les autres écoles. Par la suite, Almou allim a accueilli un nombre important d’orphelins. A l’heure actuelle le centre compte en son sein 83 élèves dont 40 sont hébergés à l’internat. Pour ceux qui sont dans des quartiers un peu lointain, un véhicule est mis à leur disposition qui fait la navette.

Ce centre est certes destiné aux orphelins, mais compte tenu des difficultés dont la principale est le manque des produits alimentaires pour ces orphelins et l’intérêt manifesté par certains parents d’inscrire leurs enfants non orphelins à titre privé, Almou allim avait jugé utile d’ouvrir les portes du Centre à d’autres enfants à titre privé. «Ainsi, avec les frais d’inscription de ces élèves non orphelins, que nous arrivons à assurer le salaire des enseignants, l’eau, l’électricité et même les repas quotidiens des enfants qui n’ont personne pour leur venir en aide», explique-t-il.

Pour la pérennité du centre, les conditions d’accès sont strictes. En effet, il est exigé d’abord, pour les orphelins de mettre dans le dossier le certificat de décès du père de l’enfant, le certificat de visite et contre visite et une demande manuscrite dans laquelle est précisé si les parents souhaitent que leurs enfants soient admis en internat ou non. «Pour ceux dont les deux parents sont vivants en plus de frais d’inscription nous exigeons également le certificat de visite et contre visite dans le dossier. Pour les orphelins les inscriptions sont gratuites», explique le fondateur de l’orphelinat. «Nous dispensons des recours en Arabe et en Français du lundi au vendredi de 8h à 14h. Et à 16 heures, nous dispensons des cours uniquement sur la culture islamique et la lecture du saint Coran pour les élèves qui sont logés au centre» explique Almou allim Oumar.

En effet, l’objectif poursuivi par ce centre est de donner aux enfants la chance de sortir avec le BEPC, le BAC ainsi que le diplôme de l’Etude Islamique. Ce qui donnera la possibilité à l’enfant de choisir le chemin qu’il va suivre dans sa vie. «L’enfant sera heureux de voir que les musulmans ont pris soin de lui, ils ne l’ont pas laissé à la merci de la rue et cela malgré l’absence de son père. C’est pour éviter à ces derniers de tomber dans la délinquance ou la criminalité. Cependant, notre effort se limite juste au niveau primaire, après l’admission nous sommes obligés d’orienter les enfants au   niveau des collèges d’Enseignement Général Public pour poursuivre leurs études. Nous n’avons toujours pas les moyens d’ouvrir un Collège» déplore le coordinateur de l’Orphelinat. Mais les élèves qui sont hébergés à l’internat reviennent au niveau du Centre à la descente pour continuer les cours de Culture islamique. Cet Orphelinat se heurte à des difficultés dont la principale est l’insuffisance des produits alimentaires pour prendre en charge les repas des pensionnaires. A cela s’ajoutent le problème de moyens et le caractère réduit de la capacité d’accueil. C’est pourquoi Almou allim se trouve parfois dans l’obligation de limiter le nombre des enfants admis dans le centre.

Il y a certes des bonnes volontés qui prennent souvent en charge les études de certains orphelins après leurs études primaires. « Certaines personnes nous demandent d’amener un ou deux orphelins pour lesquels ils prennent en charge les frais d’inscription et tous les nécessaires durant leur cursus » confie avec sourire à lèvre le coordinateur. «Nous avons vraiment besoin de l’aide tant de la part du Gouvernement que de la part des Organisations Non Gouvernementales, car nous vivons au jour le jour», a-t-il confié.

Aïchatou Hamma Wakasso(onep)

13 février 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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