Transports en commun dans le contexte de la lutte contre le COVID 19 : Entre non respect des mesures préventives et la rareté de passagers

Depuis quelques semaines, le port des masques et le respect de la distanciation sociale sont obligatoires à Niamey dans le cadre de la lutte contre la propagation de la maladie à coronavirus. Les acteurs du transport urbain tels que les conducteurs de taxi set des Faba-Faba, font partie des acteurs clés pour la mise en œuvre de cette décision. Malgré les injonctions des autorités de la Ville de Niamey, ces mesures (plus précisément le port de masque) souffrent dans leurs applications. C’est ce que nous avons constaté le 21 avril dernier. Dans la plupart des cas, ce sont les passagers qui ne respectent pas ces mesures décrétées par les autorités sanitaires.

Selon M. Ibrahim Amadou conducteur de taxi, bon nombre de clients qu’il transporte disent ignorer ou ne pas toujours croire pas aux dégâts que le COVID peut causer, si les gens ne respectent pas les mesures préventives. «Il nous arrive souvent de ne pas prendre des gens qui sont insouciants. Mais compte tenu du contexte et de la rareté des passagers on ne peut rien faire que de fermer les yeux. Nous avons beaucoup de difficultés ces derniers temps. Nous prenons ce mal en patience, car le problème est général. Cette situation a frappé tout le monde et nos clients doivent se conformer comme nous le faisions. Le plus grand problème c’est le manque de clients. Ce qui nous pousse à prendre n’importe qui et n’importe comment. Depuis l’arrivée de cette maladie, c’est difficile pour un conducteur de taxi d’avoir des clients suffisants pour pouvoir supporter les charges. Nous demandons aux autorités de réduire les prix du carburant à la pompe. Aujourd’hui nous n’avons pas le droit de prendre plus de 3 personnes», confie M. Ibrahim, conducteur de taxi.

Malgré la situation, les prix des courses de taxis restent inchangés selon M. Soumana Abdou, chef de ligne ‘’tête de taxi Yantala et Lazaret’’. «Sur notre axe, les prix restent le même. Nous n’avons rien changé. Tout celui qui ne dépasse pas, Yantala ne paye que 200 CFA et pour Koubiya c’est les deux courses que les gens payent. Aujourd’hui, beaucoup de conducteurs ont remis les clés des véhicules à leurs propriétaires. Tout simplement parce qu’ils n’arrivent plus à supporter les charges notamment les papiers et le carburant. Toute la journée on prend juste une ou deux personnes. C’est difficilement qu’on arrive à trouver les trois passagers», affirme M. Soumana Abdou, qui ajoute que le respect des mesures s’impose à tous.

«L’hôtel de ville nous a doté d’un dispositif de lavage des mains et un carton de savon. Nous remplissons juste le dispositif avec de l’eau et nous continuons de sensibiliser la population sur la nécessité de respecter les mesures préventives. Nous invitons les conducteurs de taxi à suivre ces mesures afin de barrer la route à cette maladie dangereuse», a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Secrétaire Général du Syndicat National des Conducteurs Indépendants des mini bus, M. Abdouramane Soumana a indiqué que plusieurs actions de sensibilisation sont en train d’être menées pour que les ‘’Faba-Fabas’’ ne soient pas un centre de contagion de la maladie à coronavirus. «C’est vrai, la fois dernière, le président de la Délégation spéciale de la Ville de Niamey a lancé une opération de distribution gratuite des bavettes. Et cette distribution des masques à notre sens, est une façon d’inciter les conducteurs à s’habituer et à respecter les consignes édictées. Nous allons tout mettre en œuvre pour que les conducteurs se conforment au contexte. Mais il faudrait que le délégué spécial sache que ces bavettes ne suffisent pas. Ce que nous voulons c’est la réduction du prix de l’essence. Notre grand souci, c’est au niveau de la population c’est-à-dire les clients. Nous ne pouvons pas obliger un passager de porter des masques. Ce que nous pouvons faire c’est de veiller à ce que les gens n’excèdent pas 8 passagers dans les ‘’Faba-faba’’ et que les conducteurs respectent les mesures», a dit M Abdouramane Soumana.

Une prise de conscience s’impose afin d’éviter une propagation de cette maladie dans ce secteur où des mesures rigoureuses ont été déjà prises.

Abdoul-Aziz Ibrahim Souley(onep)

29 avril 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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