Réouverture des lieux de cultes : Entre joie et non-respect des mesures sanitaires

L’arrivée du COVID-19 a imposé à de nombreux pays dont le notre à prendre un certain nombre de mesures de restriction dont celles relatives à la fermeture des lieux de cultes. Une situation dure mais respectée dans l’ensemble par la population. Avec l’amélioration de la situation sanitaire, au Niger, il ya eu progressivement un allègement de ces mesures dont celle relative à la réouverture des lieux de cultes très attendues par les fidèles qui a pris effet le 13 mai dernier. Aussitôt, les fidèles n’ont pas hésité à prendre d’assaut ces lieux sans se soucier du respect de certaines restrictions. Aujourd’hui, on remarque que le port de bavette, le lavage des mains et le respect de la distanciation sont très peu observés.

Sans encombre, aussitôt cette étape franchie (barrière levée), les fidèles ne se soucient guère de certaines restrictions oubliant ainsi le danger qui peut les guetter. L’engouement était perceptif dès la levée le 13 mai dernier de la mesure d’interdiction d’accès aux mosquées. Un sentiment compréhensible car les lieux de cultes sont importants dans la vie de croyants. Incitation est faite aux fidèles d’accomplir leur prière en groupe. D’ailleurs, plusieurs hadiths vont dans ce sens. La prière en congrégation est meilleure que celle faite seule. Notons que ce regroupement a pour but de renforcer le lien de fraternité entre eux. «Les musulmans sont des frères» comme l’a souvent répété le Prophète Mohamed (SAW) et dans un autre passage, il a ajouté que «la prière en groupe est meilleure de 25 à 27 fois celle faite individuellement». Une mesure comme la distanciation est devenue caduque. Les rangs se font normalement. Ceci est observable dans toutes les mosquées. Toutefois, on peut se réjouir du fait que certains responsables des mosquées notamment les Imams ont interdit à ceux qui veulent se reposer voire dormir dans les mosquées de continuer dans ce sens. Une décision conforme aux recommandations de nos autorités et celles des experts en la matière. « La mosquée n’est pas un dortoir. D’ailleurs, il est fortement recommandé aux fidèles de vaguer à leurs occupations une fois la prière finie », soutient un fidèle. Cela permettra à ceux qui s’occupent de ces lieux de les fermer aussitôt l’acte cultuel fini. Autre chose rarement observable, c’est la quasi inexistence des dispositifs de lavage des mains au niveau des lieux de prière. A ce niveau, même les mosquées qui font exception comme la Mosquée des Grandes prières de Niamey, le dispositif est rangé et déposé chez le gardien après ‘’Idi’’ et Jumma’a d’après les explications des responsables trouvés sur place. En attendant la fin de cette menace sanitaire, les fidèles continuent tranquillement de prier sans le moindre souci du respect des mesures de réserve tout en implorant Allah une issue favorable pour que dans un futur proche, cette maladie soit un lointain souvenir.

Dans l’ensemble, l’on se réjouit aussi du fait que malgré le caractère inédit de ces mesures de confinement ainsi que la fermeture des lieux de cultes, un comportement responsable est observé au niveau de la population du fait des actions de sensibilisation et de l’implication d’un certain nombre d’acteurs dont les leaders religieux.

Par Mamane Abdoulaye
29 mai 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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