Avec Guri , chacun y va du sien !

 Général Iro Oumarou , ce nom ne vous dit peut être rien mais c’est le CEMP ( Chef d’Etat Major Particulier du Président Issoufou Mahamadou). Pendant que les autres officiers proches du ministère de la Défense « braquaient « pratiquement le Trésor Public pour assouvir leur boulimie de richesses et surtout de biens immobiliers tant à Niamey qu’à l’extérieur ; lui aurait trouvé un raccourci beaucoup plus simple pour se procurer une maison presque « sans rien faire».

De quoi s’agit-il ?

La Villa de l’Etat N° V14, lotissement Grand Standing ( Cité ONAREM), îlot 5356 Parcelle A superficie 355 m2 et faisant l’objet du titre N°14850 , était à l’origine une propriété de l’ONAREM, cédée au sieur Moussa Hassane, cadre de la dite société en location vente depuis 1986 moyennant le versement d’une mensualité de 50 000 F pour un montant global de 20.236.855 FCFA. Le paiement des traites par l’acheteur (Moussa Hassane) a connu des fortunes diverses jusqu’à la liquidation de L’ONAREM et le reversement de son patrimoine dans celui de l’Etat en 2012. Depuis cette date, l’acquéreur et l’État ont régulièrement eu des échanges épistolaires qui témoignent d’un contentieux naissant sur le montant des arriérés dûs par Moussa Hassane.

Toujours est-il que c’est le moment que choisit un troisième larron pour atterrir dans le dossier, le Général de Brigade Ousmane Iro, Chef d’État Major Particulier du PRIM qui jeta son dévolu sur la maison occupée par son voisin Moussa Hassane (Il faut à ce niveau préciser que le Général était déjà propriétaire d’une maison appartenant à la même cité ONAREM ).

Dans un premier temps, il a approché l’occupant de la villa et lui a proposé de lui racheter sa maison au prix convenu de 86 millions . Un acompte de 20 millions fut alors payé par le Général qui promit de s’acquitter du reliquat dès son retour d’un voyage en Ukraine entrepris en fin d’année 2019. L’acompte devait permettre au sieur Moussa Hassane d’éponger le solde qu’il devait à l’État et récupérer le titre foncier de sa villa. À son retour, le Général qui a certainement appris les déboires du vendeur ( malade ) , décida dans un premier temps de récupérer son argent et porta donc plainte contre le vendeur par devant la Police Judiciaire. Pendant que le contentieux était encore pendant, le Général n’abandonna pas pour autant son dévolu sur la maison et par une osmose que rien n’explique, il parvint et c’est là que se pose un problème d’éthique qui ne doit laisser indifférent aucun citoyen.

Par lettre 00040 en date du 09 janvier 2020 , le ministre Jidoud, délégué au budget, informait le sieur Moussa Hassane , de la résiliation de son contrat de location vente. Le 13 janvier 2020, soit cinq jours après, la maison est vendue au Général Iro Oumarou à un montant de 20.236.855 FCFA (le même prix qu’en 1986) . Au delà du caractère déloyal et inhumain vis-à-vis du premier acquéreur, aujourd’hui malade, souffrant d’un cancer ( mais qui n’est pas exempt de tout reproche dans sa relation avec l’Etat ), cette rocambolesque affaire qui sent le trafic d’influence à plein nez, suscite les interrogations suivantes :

1. Comment le Général at- il pu, malgré le fait qu’il ait déjà acquis une maison dans la cité ONAREM, devenir propriétaire d’une seconde villa, chose expressément interdite par le règlement du lotissement?

2. Combien un Général de Brigade gagne-t-il dans ce pays pour, dans un premier temps, envisager de payer une villa à 86 millions avant en tout cas de débourser 40 millions ( 20 millions remis à Moussa Hassane et 20 millions versés au ministère des Finances ) ?

3. Sur quelle base légale , le ministère des Finances a-t-il, en l’espace de quatre jours, vendu ladite villa au Général Iro Oumarou alors même que cette vente aurait dû être publique et au mieux offrant .

4. Comment une maison construite en 1986, expertisée en 1997 à 17 610 855 peut-elle être cédée, 23 ans plus tard, presque au même prix ?

5. Avant cet épisode, le Général s’est taillé 400 m2 sur le domaine public pour élargir sa maison et là aussi, personne ne sait dans quelle condition on lui a vendu cet espace public ?

6/ Enfin, sur quelle base légale le ministère des Finances peut-il vendre deux maisons de l’État à un seul agent de l’État quand d’autres sont aussi dans le besoin?
Source : Bana Ibrahim  

13 juin 2020
Source : Le Courrier

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