Yahaya Moussa Ismaël : Un arbitre qui fait la fierté de la lutte traditionnelle

La lutte traditionnelle est un événement sportif tournant qui se tient chaque année. Les compétions sont régies par le code de la lutte. En effet Les compétitions qui mettent aux prises quatre-vingt lutteurs issus de huit régions dans une aire de combat, sont officiées par des juges centraux et des assistants. La beauté du spectacle du Sabre national et sa réussite dépendent du pragmatisme des arbitres qui sont assujettis au principe d’impartialité.

Yahaya Moussa Ismaël fait partie des arbitres qui font aujourd’hui la fierté de notre Sabre national de par leurs qualités intrinsèques. Né le 17 Février 1977 à Dakoro dans la région de Maradi, il est marié et père de deux enfants. Ismaël a débuté sa carrière d’arbitre de lutte traditionnelle en 2008 après avoir suivi une formation et capitalisé des expériences lui permettant d’officier des rencontres de haut niveau. Après avoir obtenu un diplôme de maitre d’Education Sportive et Physique (EPS) à l’Institut National de la Jeunesse, de Sport (INJS) de Niamey, il enseigne au Lycée Technique Dan Kassawa de Maradi en qualité de maitre d’EPS titulaire.

En outre, Yahaya Moussa Ismaël a depuis des années noué son amour pour le sport en général et la lutte traditionnelle en particulier. C’est pourquoi il a choisi l’arbitrage dans l’espoir d’apporter sa contribution au rayonnement de la lutte traditionnelle au Niger. En qualité de maitre d’EPS, il a été formé en athlétisme à la base, en arbitrage et officiel technique. Il a également suivi une formation dans le cadre des 5èmes Jeux de la Francophonie, ainsi qu’une formation d’Arbitre en Lutte Africaine, une Formation des Officiels de la lutte Africaine qui s’est tenue en Juillet 2005. Cette formation qui a été assurée par un expert international en la matière, lui a permis de renforcer ses capacités opérationnelles afin d’assumer convenablement son rôle d’arbitre. Au regard des expériences acquises, il a entamé sa carrière d’arbitre en 2008.

Force de son sens d’impartialité, Ismaël a convaincu ses supérieurs. Il est souvent désigné pour officier des rencontres de hautes postures. Au nombre de ces rencontres, il a évoqué celle ayant opposé Yacouba Adamou et Issaka en 2015 à Agadez. C’était le plus long combat, dit-il de l’édition. Selon lui, le combat a été stressant. Il faut être endurant pour officier une telle rencontre de par ses enjeux et se préparer en conséquence du point de vue psychologique et métaphysique.

Parlant des qualités d’un arbitre, il a souligné entre autres le sang-froid, la concentration, l’impartialité, la compréhension du code de la lutte et son application stricte. Pour ce qui est de la différence entre les arbitres ayant suivi de formation de maitre d’EPS et les anciens lutteurs, il a noté que la seule différence qui existe, concerne la connaissance du code de la lutte du fait qu’il a été rédigé en langue officielle. Il a par ailleurs confié que les anciens lutteurs sont quant eux, formés en langue locale, ce qui leur facilité la compréhension du texte et son application.

S’agissant des mystères qui caractérisent la lutte traditionnelle à travers les rituels et autres pratiques, Ismaël a témoigné de l’existence de ces mystères. Il a confié que les arbitres aussi se préparent souvent pour se protéger sachant que les aires de combats sont entourées de mystères pouvant impacter la décision des arbitres.

Laouali Souleymane

Envoyé Spécial

10 janvier 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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