Hélène Ayika à la tête de Takouk TV : un profil médiatique et institutionnel pour porter la voix confédérale de l’AES

La Confédération des États du Sahel poursuit la mise en place de son architecture médiatique commune. Par une décision signée le 12 mai 2026 par le Capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération AES, la Nigérienne Hélène Ayika a été nommée présidente du Conseil d’administration de Takouk TV, la télévision confédérale dont le siège est établi à Bamako.
Ancienne journaliste, aujourd’hui conseillère technique au ministère nigérien de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Hélène Ayika incarne un parcours à la croisée des médias, de la communication institutionnelle et de la gestion stratégique. Elle a travaillé comme journaliste, animatrice et productrice, avant d’évoluer dans le système des Nations Unies, puis dans le secteur des télécommunications. Elle a également fondé Talent First Niger, une structure spécialisée dans le recrutement, le renforcement des capacités et l’appui institutionnel en ressources humaines.
Cette trajectoire donne une portée particulière à sa nomination. Takouk TV n’est pas appelée à être une simple chaîne d’information supplémentaire, mais un outil stratégique dans la construction d’un espace médiatique confédéral. Dans un contexte sahélien marqué par les enjeux de souveraineté, de sécurité, de désinformation et de repositionnement diplomatique, la maîtrise du récit public devient un levier politique majeur.
Le choix d’Hélène Ayika traduit aussi une volonté de confier cette institution à un profil expérimenté, familier à la fois du terrain journalistique, de la communication publique et des enjeux de coordination institutionnelle. En 2024 et 2025, elle est notamment apparue dans plusieurs cadres officiels liés à la communication gouvernementale, à l’éthique journalistique, à la lutte contre la désinformation et à la cohérence des messages publics.
La mise en place de Takouk TV s’inscrit dans une répartition plus large des instruments médiatiques de l’AES : la télévision confédérale à Bamako, la radio AES Daaade au Burkina Faso, tandis qu’un projet d’Agence confédérale de presse est en étude au Niger.
Au-delà de la nomination individuelle, c’est donc une étape dans la structuration d’une parole médiatique commune qui se dessine. Pour l’AES, l’enjeu est clair : produire, diffuser et maîtriser une information portée par ses propres institutions, dans un espace régional où la bataille de l’image et du récit accompagne désormais les choix politiques, diplomatiques et sécuritaires.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)

