Le président Mohamed Bazoum définitivement esseulé

 

Il ne reste plus que Niamey pour boucler la boucle. Le parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarayya) le principal parti au pouvoir depuis 2011 dans notre pays est engagé depuis des mois dans un processus de renouvellement de ses instances régionales en prélude à son congrès qui a lieu au mois de décembre prochain. Tour à tour, les bureaux des fédérations régionales du parti ont porté de nouvelles têtes pour conduire les activités de la structure au niveau local. Seul Niamey n’a pas encore procédé à l’opération et cela ne saurait tarder, selon une source proche du parti. Une fois l’étape de Niamey franchie, le parti aura des organes légaux pour affronter son congrès ordinaire de décembre prochain dans la sérénité. L’enjeu autour de ce processus, comme on le sait, est de savoir si le président Bazoum parviendra à mettre ses hommes à la tête des fédérations régionales pour s’assurer du contrôle du parti et avoir ainsi les coudées franches lui permettant d’appliquer sans encombre son programme politique dans certains de ses aspects phares comme la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics et l’impunité, la promotion de la compétence et du mérite au-delà de toute considération partisane au sein de l’administration public, l’exclusion, le favoritisme, bref toutes les tares qui ont caractérisée la gestion des renaissants sous le règne Issoufou Mahamadou. ‘’Ba Sani Ba Sabo’’, quiconque se rendrait coupable de tels actes rendra gorge, quels que soit son camp politique, son ethnie, sa religion, avait martelé le président Bazoum Mohamed dans son discours d’investiture, qui a séduit une écrasante majorité des Nigériens. Mais c’était sans compter avec la présence de son mentor à ses côtés et qui continue d’ailleurs encore à tirer les ficelles par rapport à la gestion de l’Etat et du parti, selon les observateurs de la scène politique. Tant que Bazoum n’aura pas pris le contrôle du parti, il ne pourra rien apporter comme changement qualitatif au mode de gestion cahoteuse de l’Etat qu’il a trouvé en place ; il va simplement se contenter d’abreuver les Nigériens avec des professions de foi sans lendemain. ‘’Je vais faire…je vais faire’’ jusqu’à la fin de son quinquennat. Il se contentera seulement de dire seulement sans faire, et se cacher derrière le bouclier dont certains de nos compatriotes se servent pour le dédouaner par rapport à la non-tenue de ses promesses, à savoir : ‘’Il est animé de bonne intention, mais c’est l’ancien président Issoufou Mahamadou qui lui fait ombrage’’. Au regard de la tendance qui s’est dégagée à l’issue du renouvellement des 7 fédérations régionales du parti, les fins connaisseurs du PNDS Tarayya pense que le président Bazoum est dans une mauvaise posture parce que tous les nouveaux présidents sont plus liés à Issoufou Mahamadou qu’au président Bazoum Mohamed. Concernant celui de la fédération régionale de Tillabéri, Khalid Alhassane, Directeur Général inamovible de la Nigelec, qui vient d’être désigné ce weekend, son attachement indéfectible à l’ancien président Issoufou est carrément un secret de polichinelle. C’est d’ailleurs ça qui lui a valu sa longévité à ce poste de DG d’une des sociétés d’Etat les plus stratégiques. Il se raconte d’ailleurs qu’il investit beaucoup dans le parti en toutes circonstances, avant même d’être propulsé à la tête de la fédération régionale de Tillabéri, en remplacement de Moussa ‘’Qualité’’. Son accession au poste aurait été savamment planifiée par le ministre de l’Intérieur qui en a fait son poulain et aurait bataillé dur pour qu’il en soit ainsi. Le renouvellement du bureau de Niamey, qui reste à faire, ne réserve aucune surprise dès lors que toute la crème du parti y réside. A coup sûr, ça va être encore une personnalité liée à Issoufou qui sera désignée. Le président Bazoum se retrouvera donc dans une posture d’orphelin, obligé de se plier aux désidératas du Comité Exécutif National (CEN) du parti où les grandes orientations dans la conduite des affaires de l’Etat sont imprimées. Nous n’inventons point, c’est Bazoum en personne qui l’a avoué lors d’un entretien avec un groupe de journalistes de la sous-région ouest-africaine.

Ceux des Nigériens qui pensent encore qu’il aura un sursaut de ressaisissement pour prendre les taureaux par les cornes avant la fin de son quinquennat doivent désormais sortir de leur illusion. Nous sommes partis pour de bon à une perpétuation de la mauvaise gouvernance pour le restant de son mandat. Bazoum a déjà consommé plus d’une année dans son mandat sans faire bouger d’un iota ses engagements forts sur lesquels les Nigériens l’attendent. Godot ne viendra pas ! Même demain, il ne sera pas là. La même scène d’attente prolongée d’hier se reproduira sous le règne Bazoum. Du moins, à quelques variantes près !

O.I

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